MANIFESTATION
DE SOUTIEN AUX AMÉRINDIENS DU HAUT MARONi
En
décidant de se rassembler, le jour de l'arrivée
de la ministre de l'écologie [le 11/03/2007],
devant ce lieu hautement symbolique qu'est la préfecture,
les autorités coutumières, venues en
nombre du Haut-Maroni, rejointes par des personnalités
amérindiennes du littoral, n'avaient pas imaginé que
la ministre de l'écologie ne prendrait pas la
peine de venir les saluer et même qu'elle allait
tout mettre en oeuvre pour les contourner et filer
directement vers Kourou voir la fusée, après
avoir fait une courte halte à Bourda.....
Depuis le début du mois de janvier, les
Amérindiens de Guyane, et la communauté palikur
principalement, sont mobilisés contre l’exploitation
industrielle aurifère d’une mine à ciel
ouvert sur la commune de Roura, par la société CBJ-Caïman,
filiale de la multinationale canadienne Cambior. De nombreuses ONG nationales et internationales, ainsi que
le Parti socialiste guyanais et les Verts, leur apportent leur
soutien et protestent vigoureusement contre ce projet très
dangereux, tant pour les hommes que pour l’environnement.
Une demande de permis d’exploitation a été déposée
par l’entreprise et une enquête publique est en
cours. Le commissaire-enquêteur devait rendre son rapport
dans le courant du mois de juin. Mais la mobilisation a été très importante
et bien relayée par la presse locale et nationale. Vu
le caractère "sensible" de ce dossier, la
ministre de l'écologie et du développement durable,
Mme Nelly Olin, a dû réagir : le 23 mai, elle
a annoncé l'envoi sur place d'une mission d'inspection
générale dont les conclusions devraient lui être
remises au mois de septembre. Il est donc très surprenant que, soudain, le 5 mai dernier,
le Comité syndical du Parc naturel de Guyane ait exprimé un
avis défavorable sur ce projet et sollicité le
soutien de la Fédération des Parcs naturels régionaux
de France. Le conseil d'administration de cette dernière
a diffusé, le 30 juin, un communiqué de presse
argumenté où la Fédération se déclare
solidaire du futur Parc de Guyane.
Elle « regrette que la trop faible concertation avec
le Parc n’ait pas permis de proposer des solutions acceptables. » Solutions
acceptables pour qui ? Pas un mot, dans ce communiqué,
sur les Amérindiens et en particulier les Palikur. De
plus, elle y « exprime son opposition à la réalisation
d’un projet incompatible avec les objectifs de protection
des patrimoines d’un Parc naturel régional. » De
quelle "protection" s'agit-il lorsque l'on sait que
des activités économiques, y compris de l'orpaillage,
seront autorisées dans une grande partie du Parc ? À
nouveau, le 24 juin, lors d'une émission publique sur
France Culture, Jean-Aubéric Charles, président
de la FOAG (Fédération des Organisations Amérindiennes
de Guyane), a exprimé l'opposition des Amérindiens
au dernier avant-projet du Parc, soulignant qu'ils n'ont pas été associés
aux prises de décision. À noter que la révision
de la charte du Parc a été prorogée jusqu'au
31 décembre 2007.
Pendant ce temps, la société Cambior fait circuler
un argumentaire qui reprend méticuleusement, en les
réfutant point par point, les critiques émises
par les opposants au projet, et inonde les médias de
publicité en faveur d'une « installation industrielle
bien conçue et responsable. »
" L’ A F F A I R E " C A M B I O R / A S A R C O : L A C O L O N I S A T I O N À L A F R A N Ç A I S E
Pour
ceux qui refuseraient le qualificatif de "coloniale" appliqué à la
situation des Amérindiens en Guyane "française",
l’affaire Cambior vient apporter des éléments
susceptibles de faire taire tous les doutes....
P A R C N A T I O N A L D E G U Y A N E : L A G U Y A N E E S T M A L B A R R É E
Tel
un navire sans gouvernail, la Guyane, sa forêt
et ses populations, étourdies par les sirènes
de ce développement dont on fait tant les
louanges, foncent droit sur les récifs.
L’Avant-projet pour la création du
parc national de Guyane, un document en deux volumes
dont nous n’avons fait qu’une première
lecture, nouvelle mouture d’un projet dont
la réalisation a été dix fois
différée, fait à nouveau la
démonstration de l’incompatibilité entre
le mode de vie des Amérindiens et le "progrès" dont
on dit vouloir les faire bénéficier....
V I I è m e C O N G R È S G É N É R A L À A W A L A - Y A L I M A P O
La
COICA (Coordination des Organisations Indigènes
du Bassin Amazonien) est une importante organisation
qui regroupe les neuf associations amérindiennes
des pays qui ont en partage la forêt amazonienne :
Brésil, Bolivie, Équateur, Pérou,
Colombie, Venezuela, Guyana, Surinam et Guyane française.
Tous les quatre ans, est organisé un Congrès
qui élit de nouveaux dirigeants, définit
les orientations politiques et les axes de travail
pour les années à venir et, enfin,
désigne l'association qui organisera
le Congrès suivant. C'est ainsi qu'en
2001, en Colombie, la FOAG (Fédération
des Organisations Amérindiennes de Guyane)
a été chargée d'accueillir
cette rencontre en 2005 dans la commune amérindienne
d'Awala-Yalimapo...
LA POLITIQUE POUR LES SOCIÉTÉS DU SUD: POUDRE AUX YEUX ET MANIGANCES
Par
un courrier adressé à l'administration
et daté du 24 janvier 2005, les Chefs coutumiers
du Sud, Joseph Joachim et Amaïpoti Twenke ont annoncé leur
opposition à la création du Parc national
au sud de la Guyane. Les raisons profondes qui expliquent
cette prise de position - au-delà des motifs indiqués
- sont certainement très complexes. Elles dépassent
sans doute le champ de compétence du Comité de
pilotage : aussi peut-on s'interroger sur
la façon dont la Mission parc de Guyane va donner
suite au projet dans les prochaines semaines. Sa directrice,
Patricia Caristan a cependant déclaré que « les
discussions avec les populations vont se poursuivre normalement
comme prévu jusqu'en septembre prochain » ...
RÉPONSE DU MINISTERE DE L'ECOLOGIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE SUITE A NOTRE PETITION
À la
Lettre de Nitassinan n° 22, était
jointe une pétition demandant le maintien de l'arrêté préfectoral
de 1970 et l'arrêt immédiat de tout orpaillage
en Guyane française (voir article de
cette même Lettre). En juin 2004, le CSIA
a transmis les 7000 signatures obtenues à Mr Jacques
Chirac, avec copie à Mme la ministre de l'Outre-Mer, à Mr
le ministre de l'Écologie et du Développement
durable et à Mr le ministre délégué au
Tourisme (voir Lettre
de Nitassinan n° 25). Fin septembre, nous
avons reçu une lettre, fort courte et on ne peut
plus laconique, de Richard Didier, chargé de mission à la
Présidence de la République, accusant réception
de notre courrier. Après quelques mois, le Ministère
de l'Écologie et du Développement
durable a jugé utile, ou opportun, de répondre à ces
pétitions qui faisaient état d'inquiétudes
profondes concernant l'avenir des populations
autochtones, qui occupent actuellement l'espace
prévu
pour devenir le Parc du Sud en Guyane...
RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES SUR LA SECONDE RENCONTRE INTERNATIONALE DES COMMUNAUTÉS AMÉRINDIENNES
Le
document de présentation de la Seconde Rencontre
Internationale des Communautés Amérindiennes
qui s'est tenue à Paris, à l'Assemblée
Nationale, du 21 au 23 juin 2004, rappelle qu'il
s'agit d'une réédition puisque,
déjà, en juin 1996, « plus de deux
cents amérindiens issus de tout le continent américain,
se réunissaient à Paris, dans l'enceinte
de l'Assemblée Nationale, pour apprendre à se
connaître et tenter d'engager un dialogue
au-delà de leurs clivages culturels, historiques
ou politiques. » Cette fois, étaient présents
des représentants de 70 communautés autochtones
des trois Amériques.
Nous
remercions les 7 000 signataires de la pétition
dénonçant la situation dramatique des Amérindiens
de Guyane. Afin de sensibiliser les élus, le CSIA
a envoyé l’ensemble des signatures récemment,une
semaine avant la tenue d’une importante réunion,
organisée à l’Assemblée Nationale
par l’État et L’UNESCO et qui a rassemblé une
centaine d’Indiens des trois Amériques.Voici
la lettre que nous avons jointe aux pétitions
et adressée à Mr Jacques Chirac. Une copie
a été transmise à Mme la ministre
de l’Outre-Mer,M. le ministre de l’Écologie
et du Développement durable et M. le ministre
délégué au Tourisme.
Le
dossier « Main basse sur la Guyane », paru
dans le numéro 54, est l’aboutissement d’un
travail collectif associant le Comité de solidarité avec
les Indiens des Amériques (CSIA) et la rédaction
de Volcans.
Les contributions qui le composent émanent aussi bien
de militants du milieu associatif que de journalistes et d’ethnologues.
La parution de ce dossier intervient à un moment crucial
alors que l’orpaillage s’intensifie et que l’ouverture
du parc du Sud de la Guyane semble une menace plus imminente
que jamais.
L’injustice de ce drame, dont les peuples autochtones
sont les premières victimes, et qui s’est jusqu’ici
tramé dans l’ignorance de l’opinion et le
déni des politiques, devra bien éclater au grand
jour.
Sommaire du dossier Guyane :
–
Un territoire pillé, des populations sacrifiées
–
Orpaillage : violence, déforestation et empoisonnement
–
La parole occultée
–
Forêts et Amérindiens : premier état
des lieux
–
Droits des peuples indiens : où en est-on ?
•
Volcans n°54
Également au sommaire de ce numéro :
–
Haïti. Un prophète reconverti en gangster
–
Salvador. Accords de paix, élections et militaires
–
Amérique centrale. « Nous ne voulons plus faire
partie du problème, mais de la solution »
–
Débat. L’impact du zapatisme en Amérique
latine
(…) Vous pouvez le commander auprès du CSIA à 5€ l’exemplaire,
frais de port compris
Volcans.
Amérique latine – Caraïbes
Revue éditée par l’association Edrev
21ter rue Voltaire, 75011 Paris
UNE
EXPOSITION COLONIALE À PARIS
Téléchargez
le tract et diffusez le à l'exposition
!
Note: Une
erreur s'est glissée dans le texte de l'AFP ci-dessous.
On lira bien évidemment "Edith
Patrouilleau du
Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques"
et non
pas "Comité de liaison avec les Indiens d'Amérique".
Les
piranhas de Guyane nagent en eau douce à la Porte Dorée à Paris
par Marie-Pierre FEREY
PARIS, 10 fév (AFP) - La famille piranha, célèbre
pour sa
voracité, compte aussi un membre pacifique et herbivore,
le "Kumaru":
ce poisson très prisé des indiens Wayanas de Guyane
est à l'honneur
pour six mois à l'Aquarium de la Porte Dorée, à Paris
(12e).
83% de la Guyane, lointain département français situé entre
les
bassins de l'Orénoque et de l'Amazone, est constitué de
forêt. Le
visiteur en aura un aperçu, dans la pénombre de
l'Aquarium de la
Porte Dorée, où un "rapide" de 15 mètres
de long et une grande
fresque aquatique tentent de recréer la forêt.
Les photographies grand format montrent, à quelques mètres
du
trottoir parisien, les indiens Wayanas (le "peuple des rapides")
en
pirogue. Les enfants ont leurs propres flèches à 5
ans, à 10 ans les
garçons plongent avec masque et fusil harpon.
L'exposition retrace la pêche traditionnelle des indiens
Wayanas
(1.100 personnes dispersées entre la Guyane, le Surinam
et le
Brésil), la pêche "à la nivrée".
Les indiens battent une liane (hali
hali) pour libérer plus facilement dans l'eau son poison,
la
roténone. Ce poison, toxique pour le poisson mais pas
pour l'homme,
est utilisé de façon routinière aux abords
des villages, mais aussi
une fois l'an dans une "grande nivrée" rituelle.
La "grande nivrée" rassemble plus de 100 personnes,
avec pirogues
et bidons d'essence à bord. Le grand jour, le départ
a lieu avant le
lever du soleil, vers 4H30. Les lianes sont lessivées
dans le rapide
et le poison est entraîné dans le courant. Très
vite, les poissons
asphyxiés remontent à la surface et sont récupérés
par les pirogues.
Jusqu'à 1 tonne de poisson est pêché ce jour
là.
Les Wayanas savent pratiquer la grande nivrée avec modération:
le
même site ne sera plus pêché avant 5 à 10
ans. Ils consomment 400
grammes de poisson par jour, toutes espèces confondues.
Une
alimentation idéale, s'il n'y avait le mercure, utilisé par
les
chercheurs d'or, qui pollue largement les fleuves et les poissons.
Les kumarus sont exempts de mercure, mais l'aïmara, un grand
carnivore prisé des Wayanas, le concentre à haute
dose.
des troubles neurologiques graves
Le mercure concentré dans l'organisme des poissons peut
entraîner
chez l'homme des malformations du foetus et des troubles
neurologiques graves. L'Institut national de veille sanitaire
recommande aux Indiens de limiter leur consommation de certains
poissons, au détriment de leur mode de vie. "Dire à un indien d'arrêter de pêcher,
cela revient à lui
interdire d'exister" explique Hélène Pagezy,
qui a participé à la
mission de recherche "Nivrée 2000", base scientifique
de l'exposition.
Pour cette anthropologue, seul un coup d'arrêt à l'orpaillage
peut préserver le mode de vie des populations amérindiennes.
Déjà,
l'alcoolisme, la drogue, importés par les bandes d'orpailleurs
pour
la plupart brésiliens, font des ravages. "Le
sud de la Guyane est un far west", témoigne
Michel Jégu,
spécialiste des kumarus et chercheur à l'Institut
de recherche pour
le développement.
De cela, il est à peine question dans l'exposition. "Le
principal
enjeu en Guyane, l'orpaillage, est quasiment absent, c'est
une
exposition de pur style colonial", dénonce Edith
Patrouilleau du
Comité de liaison avec les Indiens d'Amérique.
L'exposition est inaugurée mardi par la ministre de
l'Ecologie
Roselyne Bachelot et le secrétaire d'Etat au tourisme Léon
Bertrand.
("Piranhas enivrés", 11 février au 31 août à l'Aquarium
de la
Porte Dorée, Paris 12e).
mpf/pc/Glk
Brigitte
Wyngaarde, chef coutumière amérindienne,
a décidé de présenter une liste aux élections
régionales qui représentera
la diversité des peuples de la Guyane.
LA
LOI DE LA JUNGLE, CHRONIQUE D'UNE ZONE DE NON DROIT:
LA GUYANE FRANCAISE
La
loi de la jungle
Chronique d’une zone de non-droit : la Guyane française.
Philippe Lafaix - Documentaire 2003 (53’)
Vous
pouvez librement regarder le film documentaire de Philippe
Lafaix, souvent diffusé lors de thématiques
organisées
ou co-organisées
par le CSIA, en ligne sur le site (une connexion haut-débit
est recommandée):
L’avenir
de la forêt tropicale guyanaise et de ses habitants (peuples
Wayona, Wayampi et Teko) est gravement menacé. En
effet, le projet d’ouverture d’un parc national
dans le sud de la Guyane remet en cause l’arrêté préfectoral
du 14/09/1970 qui limite l’accès au pays amérindien
aux seules personnes munies d’une autorisation préfectorale.
La création de ce parc engendrerait un tourisme de masse
dangereux pour l’écosystème et pour les modes
de vie des populations locales, sacrifiées au nom du « développement » et
déjà victimes de l’orpaillage. Les chercheurs
d’or, au mépris de toute loi, détruisent les
moyens de subsistance des populations amérindiennes par
la pollution au mercure et mettent ainsi leur santé physique
et morale en péril.
En
conformité avec les revendications clairement exprimées
par les Amérindiens, nous, soussignés, demandons
:
- le maintien de l’arrêté préfectoral
de 1970 ;
- l’arrêt immédiat de tout l’orpaillage.
Vous trouverez ci-contre la pétition à télécharger !
FORET
TRÔPICALE ET AMÉRINDIENS : UN PREMIER ETAT
DES LIEUX
Le
projet d'un vaste parc national au sud de la Guyane conçu
en 1992 après la conférence de Rio, a vu
ses objectifs premiers de protection du milieu naturel
et des modes de vie qu'il abrite, progressivement détournés
en perspectives économiques, fondées sur
le développement d'un "écotourisme" prometteur.
Dans un département français où on
laisse trop souvent la loi du plus for l'emporter sur celles
de la République, les chances de préserver
les intérêts des populations autochtones apparaissent
de plus en plus fragiles et exigent une mobilisation d'urgence
massive.
LE
PROJET FONCIER: UN PAS VERS LE NON-DROIT par Brigitte Wyngaarde
« En
Guyane, 90% des terres appartiennent à l’État. » Cette
ancienne rengaine est régulièrement assortie
d’une revendication qui mérite d’être
soigneusement pesée : la restitution du foncier
de l’État aux collectivités locales
remet en cause, radicalement, les droits collectifs détenus
par les Communautés traditionnelles de Guyane.
Sur ce sujet comme sur bien d’autres, le projet
d’accord sur l’avenir de la Guyane laisse
trop de questions sans réponse, à tel point
qu’il est permis de s’interroger sur sa sincérité.
Le
site de Solidarité Guyane : http://www.solidarite-guyane.org Lire:
de J. Silberstein, KALI'NA, une famille indienne de Guyane française,
éditions Albin Michel 2002, collection Terre Indienne
(avec page 275 et 278 les témoignages des Indiens
du sud de la Guyane opposés au tourisme chez eux). Contactez:
B Wyngaarde, chef coutumière des Amérindiens Lokono,
présidente de "villages de Guyane" : aruacay@nplus.gf
CONSULTEZ
AUSSI
La mairie de Kourou contre la
propriété collective: lettre adressée
le 21 octobre 2001 au maire de Kourou, Jean-Etienne Antoinette,
par le chef coutumier du village amérindien de Kourou
Jean Aubéric Charles pour protester contre le projet
de diviser la terre collective en propriétés individuelles.
(Lettre de Nitassinan N°19)