La
Commission Prisonniers Amérindiens pose ses valises...
La CPA pose ses valises...
À
la suite de l'indisponibilité (et l'usure) simultanées
de ses deux gestionnaires, le groupe CPA ne peut plus fonctionner
en tant que commission structurée et a pris la décision
de baisser le rideau. Cependant, nous pouvons toujours compter
sur :
* l'engagement de Jean-Luc Péron en matière de
défense des droits spécifiques des Amérindiens
incarcérés, et sur ses talents pour nous en faire
part dans la Lettre ;
* la ténacité de Geneviève Pelletier pour
assumer la responsabilité du Comité de Soutien
de Manuel Tomas Lujan, toujours pris en charge par le CSIA
;
* les talents de graphiste qu'Anne Killian-Deligne met à la
disposition de l'association et des prisonniers ; elle continue également à soutenir
Eddie Hatcher, parrainé auparavant par la CPA.
Par ailleurs, Geneviève et Anne ont commencé à travailler
sur le développement d'un secteur "vente" dans
lequel certains articles proposés par les prisonniers
seront encore disponibles.
Nous avons communiqué notre bilan comptable à notre
trésorier et fait le nécessaire pour qu'aucun
dossier urgent ne reste en suspens.
Nous tenons à remercier tous les adhérents qui
nous ont accompagnés ces dernières années
dans nos campagnes de soutien.
Évelyne
Tovornik
Patricia
Carman libre !
Le
19 janvier dernier, la commission de libération conditionnelle
s’est réunie à la prison de Gatesville (Texas),
pour statuer sur le cas de Patricia Carman (lettre
de Nitassinan N° 26). Le président de cette commission a alors rendu
un premier avis favorable en vue d’une possible libération
sur parole, mais la décision finale fut renvoyée à une
date ultérieure. Tout espoir était donc permis
mais l’attente fut interminable et angoissante. Finalement, Patricia est libérée sur parole le 7 Mars
2005. La bonne nouvelle nous est parvenue par l’intermédiaire
de Dwight Rawlinson représentant du TPLU (Texas Prison
Labor Union) association fondée par Rick Long incarcéré au
Texas et dont Patricia est une membre active. Qui mieux que Patricia pouvait exprimer ses premières impressions
de femme libre ? Voici donc l’extrait d’un de ses messages
reçu par l’association Thunder Hearts :
«
Je suis libre et j’ai retrouvé un monde complètement
différent de celui que j’avais quitté. Tant de
choses m’ont bouleversée, je dois donc intégrer
tout ça lentement. Actuellement ma vie est très mouvementée,
je dois gérer ma vie au quotidien et m’occuper de toutes
ces choses que j’avais laissées derrière moi
en entrant en prison. J’ai une voiture maintenant et mon propre
téléphone portable! J’espère bientôt
trouver un travail qui me plaise. On m’a invitée à prendre
la parole à une convention des droits de l’Homme qui
aura lieu en 2006 en Angleterre, j’espère que mon agent
de probation m’autorisera à y aller. Je voudrais dire à toutes
celles et à tous ceux qui m’ont soutenue qu’ils
tiennent une place particulière dans mon cœur, je leurs
serais éternellement reconnaissante. Sans eux je serais toujours
derrière les barreaux. » Merci donc à toutes celles et à tous ceux qui, par
leur participation à la campagne de lettres, ont contribué à cette
issue heureuse. Souhaitons à Patricia réussite et bonheur
dans sa nouvelle vie.
Jean-Luc
Péron (Tunder Hearts Association).
John J. Archuleta libéré !
John
est sorti de prison au mois d'août.
Son comité de soutien remercie toutes les
personnes qui ont répondu à son appel à l'aide.
John sou haite transmettre ses
nouvelles coordonnées à tous ceux qui
désirent poursuivre leur correspondance
avec lui :
John J. Archuleta
301 Elm Street
Dalhart, Texas 79022, USA
Parution
du Bulletin N° 4 de la Commission prisonniers Amérindiens
du CSIA:
Et
voici le Numéro 4 ! Depuis août 2000, nous parvenons à publier
ce bulletin annuel, à la fois récapitulatif des
actions menées tout au long de l’année (voir
le rapport d’activités 2000, fort intéressant
et dynamique) et publication d’articles, témoignages
ou dossiers inédits, approfondissant un cas de prisonnier
ou un sujet donné. Nous nous efforçons de relayer
les témoignages des prisonniers avec lesquels nous sommes
en contact étroit. Ils sont heureux de trouver un lieu
d’expression, d’écoute et de solidarité concrète. Les détenus dessinent aussi beaucoup, autre forme d’expression
riche, utile, significative. Nous avons tenu à illustrer
ce bulletin en utilisant le plus possible les dessins qu’ils
nous envoient (même ceux des enveloppes !), avec leur permission
bien évidemment.
Commander
le bulletin N° 4 au CSIA 21 ter, rue Voltaire 75011
Paris
ou par email : com.pris@csia_nitassinan.org, en précisant
votre adresse.
Tarif : 3,02 € (frais de port inclus)
Les
Indiens, victimes du racisme du système judiciaire américain.
En février
2000, le nombre de détenus aux Etats-Unis atteignait les
2 millions, mettant les USA juste derrière des pays comme
la Chine ou l'Iraq bien connus pour le non respect total des droits
de l'homme. Sur
les 2 millions d'individus incarcérés, les chiffres montrent une
grave disparité en ce qui concerne les groupes ou minorités
ethniques, raciales et /ou sociales. Les Indiens sont dangereusement
touchés à tous les niveaux de la procédure,
que ce soit lors du contact avec les policiers ou bien de la condamnation
et de la lourdeur des peines infligées.
26000
Indiens sont incarcérés dans les prisons d'Etat, prisons
fédérales, établissements divers privés
ou non, à l'intérieur ou à l'extérieur
des juridictions tribales.
Les
Indiens représentent 1% de la population globale des Etats-Unis,
ils sont 1,6% dans les prisons fédérales, 1,3% dans
les prisons d'Etat. Les chiffres varient selon les Etats. Dans le
Dakota du Sud, ils représentent 10% de la population, mais
21% des hommes incarcérés et 34% des femmes. Dans
le Minnesota, la population indienne est de 1,2% mais représente
7% des personnes incarcérées.... Les chiffres et les
statistiques montrent l'ampleur et la gravité du phénomène.
Les Etats reconnaissant cette disparité comme un fait de
société (!), se contentent de faire des rapports sur
les composantes raciales des personnes incarcérées
par rapport à la population de l'Etat. Des
études montrent que les Indiens sont emprisonnés plus
jeunes que les autres, pour des délits moins "graves"
et que les conditions de libération sur parole sont moins
fréquemment réunies et que par conséquent la
longueur des peines est augmentée. De plus, lors des interrogatoires,
les confessions sont obtenues souvent selon des méthodes
contestables, sans représentant légal (avocat) et
ils sont jugés devant des cours historiquement hostiles aux
Indiens d'Amérique.
Définition
et objectifs de la Commission Prisonniers du CSIA:
Une approche en terme de droits humains,
de lutte contre le racisme, de lutte contre la peine de mort et
toute forme de torture.
Une approche d'un point de vue social,
économique et ethnique.
Une meilleure connaissance de la réalité
dans les prisons.
Développement du champs de la
correspondance.
Augmenter notre capacité à
réagir rapidement face à une urgence.
Approfondir notre connaissance de la
question des droits religieux.
Développer nos relations avec
d'autres organisations.
Aider les initiatives concernant l'art
en prison.
Renforcer la campagne Peltier avec
le LPSG-France/CSIA-Nitassinan.
Documentation
disponible et mise à jour, articles réguliers dans
la Lettre de Nitassinan (parution
trimestrielle), bulletin de la Commission Prisonniers, dépliants
et dossiers sur les cas de prisonniers. N'hésitez pas
à nous contacter.