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- 1988-1995
Le
1er juin 1999, à Hamlet, en Caroline du Nord, Eddie Hatcher,
un Indien Tuscarora est arrêté et accusé de
meurtre au premier degré et de possession illégale
d'armes. Malgré ses protestations d'innocence, il est incarcéré
dans la plus sévère des prisons de sécurité
de Caroline du Nord, la prison centrale de Raleigh, et placé
dans l'Unité de Sécurité Maximum, la dernière
étape avant le couloir de la mort. Le procureur du Comté
de Robeson clame que Eddie Hatcher doit être mis à
mort.
C'est que l'Etat
de Caroline du Nord poursuit Eddie d'une haine tenace à cause
de ses activités passées.
En
effet, Eddie Hatcher est connu mondialement depuis le 1er février
1988, jour où il occupe les bureaux du journal "The
Robesonian" à Lumberton, Caroline du Nord, avec l'intention
d'alerter l'opinion publique sur la corruption dans le Comté
de Robeson. Eddie demande que le gouvernement enquête sur
l'implication des hauts fonctionnaires locaux et fédéraux
dans des trafics de drogue importants, sur deux douzaines de meurtres
non élucidés dont les victimes sont principalement
des Amérindiens et des Africains-Américains, sur le
fonctionnement du système judiciaire local et sur la mort
suspecte d'un jeune Africain-Américain dans la prison du
Comté de Robeson.
L'occupation des
bureaux et du journal se termine pacifiquement. Eddie devient alors
la première personne poursuivie par le gouvernement fédéral
au nom de la loi anti-terroriste de 1984. Pendant la période
entre son arrestation et son jugement, sept témoins pressentis
pour soutenir les accusations portées par Eddie concernant
le trafic de drogue par des éléments du gouvernement
sont assassinés ou meurent dans des circonstances suspectes.
Après un procès
qui dure trois semaines, au cours duquel le juge force Eddie à
présenter sa défense lui-même, le jury déclare
Eddie non coupable de tous les chefs d'accusation et justifié
dans ses actions. Six semaines plus tard, Eddie est accusé
de nouveau par l'Etat de Caroline du Nord pour les mêmes charges
dont il avait été acquitté par la Cour fédérale.
Ses avocats sont expulsés du tribunal par le juge et Eddie
est encore contraint de présenter sa défense lui-même.
Le 14 février
1990, Eddie est condamné à 18 ans d'emprisonnement,
avec possibilité de mise en liberté sur parole en
1992. Comme il est toujours en prison en 1993, le conseil national
des Eglises reconnaît Eddie Hatcher comme prisonnier politique.
Avec Amnesty International, des personnalités éminentes
comprenant des sénateurs, des membres du Congrès et
des stars du cinéma réclament la libération
d'Eddie.
Eddie passe 7 ans
en prison dont il ne sort que le 3 mai 1995 après qu'on lui
ait refusé six fois la libération sur parole et révélé
qu'il est atteint du sida pour lequel la prison lui refuse tout
traitement médical. Il est alors maintenu en liberté
conditionnelle pendant encore deux ans, jusqu'en 1997.
En 1998, après
avoir purgé sa liberté sur parole, Eddie revient au
Comté de Robeson et, de nouveau, devient très actif
sur le plan politique local. Il crée le "Centre Hatcher
pour les Droits de l'Homme" pour défendre les droits
des gens de couleur, des Amérindiens et des homosexuels,
les prisonniers politiques et pour la lutte contre le sida. Il envisage
même d'intégrer l'administration municipale.
2
- Nouvelle affaire - 1999 - 2001
Les
faits.
Mais le procureur
et l'Etat de Caroline du Nord ne désarment pas. Ils accusent
Eddie d'agression à main armée commise le 19 mai 1999
sur la personne de Michael Antony Locklear qu'il soupçonne
d'avoir cambriolé sa maison et du meurtre par arme à
feu de Brian McMillan qui est son ami. Ce meurtre a lieu le 31 mai
1999, la veille de son arrestation, au domicile de McMillan.
Eddie comparait les
24, 25, 26 octobre 2000 devant le tribunal de Lumberton pour répondre
à l'agression à main armée contre Locklear.
Ayant plaidé la légitime défense, il est condamné
à 75 jours de prison. Eddie demeure évidemment en
prison sous l'accusation du meurtre de Brian McMillan dont le procès
se déroulera le 9 avril 2001.
Les
rapports balistiques.
Le Bureau d'Etat
d'Investigations (SBI) déclare avoir examiné cinq
balles trouvées sur le lieu du crime. Son rapport affirme
qu'elles proviennent du fusil SKS trouvé dans le véhicule
d'Eddie lors de son arrestation. Quoi qu'il en soit, les policiers
ont trouvé d'autres balles sur le lieu du crime qui ne proviennent
pas de ce fusil.
De plus, les balles
qui avaient atteint Brian McMillan ne proviennent pas du fusil SKS.
L'autopsie a établi qu'un certain intervalle de temps s'est
écoulé entre les deux blessures qui avaient atteint
McMillan (à l'épaule et à la tête), mais
sans en chiffrer la durée. Par ailleurs, les chirurgiens
refusent d'extraire la balle qui a atteint Amelia Charvis (une amie
de McMillan qui se trouvait à ses côtés) parce
qu'elle se serait logée trop près de la moelle épinière.
Eddie Hatcher apprend
que l'Etat possède la preuve que plus d'une arme a tiré
sur la demeure de McMillan. En fait, plusieurs témoins présents
dans la maison déclarent que le bruit des tirs ressemblait
à celui de mitraillettes.
La
"confession".
Pour rendre Eddie
Hatcher responsable du meurtre, l'Etat a fabriqué une "confession"
qu'Eddie aurait faite à un officier de police le soir de
son arrestation. Celui-ci rapporte qu'à 6 heures 40 du soir,
Eddie lui aurait dit fortuitement qu'il avait tiré sur McMillan.
Evidemment, personne d'autre n'était là quand Eddie
a fait cette "confession". Pourtant, les agents du SBI
lui ont fait lecture de ses droits sept minutes auparavant! Leur
rapport affirme au contraire qu'Eddie a refusé de faire une
déclaration et qu'il a demandé à voir un avocat.
Le
mobile
L'accusation n'a
pu établir de mobile reliant Eddie avec le meurtre. En fait,
Eddie est un ami de McMillan et ils ne se sont jamais disputés.
"Il n'y avait pas de problème entre nous" affirme
Eddie. La mère de Brian elle-même, déclare qu'elle
est convaincue qu'Eddie n'a pas tué son fils.
Eddie Hatcher est
la seule personne que l'Etat de Caroline du Nord a accusé
(ou même soupçonné) du meurtre de Brian McMillan.
Ainsi, d'après les "preuves" de l'Etat, Eddie Hatcher
conduisait une fourgonnette à cinq vitesses, sur une route
de campagne, dans l'obscurité, et tiré en même
temps avec deux armes sur une maison située à plus
de 60 mètres de son véhicules en mouvement et atteint
son ami à la tête dans ces conditions..... On a tiré
sur Eddie en novembre 1998 et il a perdu l'usage permanent de son
bras droit. Dans ces conditions, comment aurait-il pu réaliser
l'exploit de manier deux armes à la fois, dont une extrêmement
lourde et puissante?
L'accusation s'appuie
aussi sur la description par un témoin du véhicule
d'où furent tirés les coups de feu qui ne correspond
pas à celui d'Eddie.
Durant
l'été 2000, deux nouveaux témoins se sont fait
connaître. Une femme déclare qu'elle avait été
témoin de la fusillade qui a coûté la vie à
McMillan et que la police a refusé plusieurs fois d'enregistrer
son témoignage. Un autre témoin déclare que
le jour de l'arrestation d'Eddie, il était en prison et qu'on
l'a menacé de l'accuser du meurtre et qu'il passerait le
reste de sa vie derrière les barreaux s'il ne désignait
pas Eddie Hatcher comme étant l'assassin.
Le
procès
Le 17 mai 2001, après
avoir auditionné les 40 témoins pendant plus de 3
semaines, entendu des douzaines de dépositions et examiné
plus de 100 "pièces à conviction", il ne
faudra que trois heures aux 12 jurés pour déclarer
Eddie coupable et le mettre en prison pour la vie.....
Aujourd'hui,
incarcéré dans le pénitencier de Marion, Eddie
, plus que jamais a besoin de notre soutien.
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