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Le territoire des 7000 Secwepemc (Shuswap), une confédération de 17 bandes qui vivent dans le sud de la province de Colombie Britannique, est le cadre d'une confrontation entre les premières nations et le système judiciaire canadien. La région autour de Sun Peaks, d'une importance particulière pour la culture et la tradition des Shuswap est menacée par la construction d'une gigantesque station de sports d'hiver. Les Shuswap nomment leur terre Skwelkwek'welt, une région aux paysages diversifiés qui comprend la vallée de la rivière Columbia, les lacs Seen Arrow et Mc Gillivray et les Mt. Todd, Morissey et Sun Peaks. Bien qu'ils se soient vu attribuer depuis 1862 leur propre réserve sur ce territoire, le gouvernement leur retira plus tard cette terre, qui " ne leur servait pas ". Elle fut publiquement offerte à la vente comme terre de la Couronne. En 1961, une petite station de ski fut construite sur le Mont Todd. En 1992, elle fut rachetée par un conglomérat japonais, Nippon Cable, pour en faire un projet d'investissement immobilier lucratif et, en 1996, le projet fut confirmé par un contrat du gouvernement provincial de l'époque. En même temps, les revendications territoriales que les Shuswap de Lake Adams et la Little shuswap band avaient introduites en procédure, furent complètement ignorées. Le gouvernement fédéral affirma que c'était un litige entre les indigènes et la province, enfreignant ainsi la Constitution canadienne et se déchargeant de ses responsabiltés. La constitution stipule en effet, dans le décret canadien de 1867, que la responsabilité des questions indiennes est du ressort de la juridiction fédérale. Ceci fut confirmé au cours du jugement historique Delgamuuk, dans lequel la Cour suprême canadienne, le 11 décembre 1997, reconnut le principe de Titre aborigène, " aboriginal title ", et exigea du gouvernement des explications. Ainsi se répète le jeu bien connu dans lequel la fédération, la province et les entreprises se renvoient mutuellement la responsabilité, pendant que les droits des Indiens sont foulés aux pieds. Mais les Shuswap ne veulent plus jouer le rôle de la victime, ils sont convaincus que c'est grâce à une résistance déterminée que leurs revendications seront reconnues publiquement. Depuis 1999, ils se battent en mettant en place des barrages de routes et des manifestations. Ils ont fondé le Centre de protection de Skwelkwelt et ont érigé plusieurs camps de protestation. Ils sont obligés de devenir les occupants de leurs propres terres. Leurs opposants ne font pas que les intimider mais utilisent aussi la violence; des anciens ont été arrêtés, des huttes ont été brûlées, des insultes racistes ont été proférées envers les jeunes. Le 5 décembre 2001, la Cour suprême de Colombie Britannique a émis un ordre d'injonction contre les Secwepemc occupant leur terre traditionnelle à Skwelkwek'welt, et des anciens âgés de 73, 74 et 79 ans se sont résignés à quitter leur terre pour ne pas être arrêtes par la Police Montée Royale du Canada. Le 10 décembre 2001, journée internationale des Droits de l'homme, une atteinte encore plus grave à ces Droits fondamentaux toucha les Secwepemc. Leurs deux bâtiments, à Skwelkwek'welt et Mc Gillivray, ainsi que le chalet de Nicole Manuel et ses 2 enfants furent brutalement détruits et aplatis par des bulldozers, sous la conduite de MM. Darcy Alexander et Masayoshi Ohkubo, de la station de sports d'hiver Sun Peaks, de M. Geoff Plant, le procureur général de Colombie Britannique et de la Police montée canadienne. Près de la maison, une loge à sudation fut détruite et des objets sacrés profanés. Bien que la famille et la communauté secwepemc soient très affectés de faire l'objet, dans une démocratie, d'une telle attaque, ils se montrent déterminés à rester sur leur terre. Pour se maintenir sur leur terre et reconstruire leur centre de protection à Skelkwek'welt, ainsi que pour financer leur défense légale, les Secwepemc ont besoin d'un soutien international. Matthieu Bernard sources:
http://www.skwelkwekwelt.org Mobilisation en Allemagne en faveur des Shuswap Nos homologues allemands de Aktiongruppe Indianer und Menschenrecht e.V (ex Big Mountain Aktiongruppe) ont été particulièrement sensibles aux atteintes aux Droits de l'homme subies par les Shuswap. En février 2002, à l'occasion de la venue à Munich d'une délégation canadienne officielle dirigée par Jean Chrétien, une manifestation a été organisée par Aktiongruppe pour sensibiliser l'opinion sur le cas Sun Peaks et protester contre les abus du gouvernement canadien envers les autochtones . Ce jour?là, le protocole officiel a été sensiblement perturbé et une pétition transmise au Premier ministre, Jean Chrétien. Au
delà de la question éthique intervient un argument commercial:
dans le cadre de la globalisation, la station de ski Sun Peaks ne serait
économiquement viable qu'avec la fréquentation de touristes
étrangers, or la désaffection des skieurs allemands représente
un certain risque. |
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