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Commission Prisonniers
J O H N   A R C H U L T A,   # 6 8 9 5 1 1

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John, 43 ans, Apache, est né dans la région des Four Corners. Prisonnier de droit commun et activiste, il est incarcéré dans la prison de Tennessee Colony au Texas. Après sa libération, prévue en 2004, il envisage de créer un centre de réadaptation pour traiter par la méthode traditionnelle les problèmes d’alcoolisme et de toxicomanie.

 JOHN J. ARCHULETA LIBÉRÉ !

John est sorti de prison au mois d’août 2004. Son comité de soutien remercie toutes les personnes qui o nt répondu à son appel
à l’aide. John sou haite transmettre ses nouvelles coordonnées à tous ceux qui désirent poursuivre leur correspondance
avec lui :

John J. Archuleta
301 Elm Street
Dalhart, Texas 79022, USA

   Derrière les murs de sa prison, John subit humiliations et intimidations. Il souhaite, par son action, dénoncer l’ensemble des mauvais traitements que subissent les prisonniers amérindiens au Texas. En effet, son cas est révélateur de la politique du Texas Department of Criminal Justice (TDCJ).

Un harcèlement sans répit
   Il y a quelques mois, John a fait une demande pour suivre des cours en informatique. Sa requête a été acceptée à condition qu’il soit transféré vers une unité dispensant ces cours. Mais, en signant les
documents relatifs à ce transfert, John ignorait qu’il ne serait plus en mesure de participer aux services religieux de son cercle de prière, les heures de cours étant programmées en même temps que les
cérémonies.
   Pour le personnel de la prison, ce programme ne peut être modifié bien que l’administrateur régional de l'aumônerie admette que « c’est une des rares occasions où cela peut être fait ».
   John veut attirer l’attention sur la politique du TDCJ concernant le non respect des croyances des détenus. Par exemple, il est exigé que les bandanas utilisés lors des cérémonies soient blancs, ainsi que
les sacs-médecine, qui doivent tous être de la même taille. Le fait que les couleurs aient une grande importance dans la foi amérindienne est occulté. Le TDCJ n’autorise toujours pas la pratique des loges à
sudation et la détention d’objets sacrés. Les prisonniers sont soumis à l’obligation de se faire couper les cheveux, ce qui intolérable pour les détenus indiens qui subissent, en outre, les remarques discriminatoires et les moqueries incessantes des surveillants.
   Dans les établissements pénitentiaires du Texas, la programmation des nombreux
services concernant les principales religions monothéistes est respectée, alors que
les Amérindiens ne se voient accorder que deux cérémonies par mois.

Plusieurs autres cas de plaintes
   John est malade. Il est asthmatique. Au cours de ces dernières années, on lui a
supprimé ses soins médicaux et confisqué son inhalateur. Dernièrement, il a fait une crise d’asthme aiguë qui l’a terrassé. Les autres détenus, conscients de la gravité de son état, ont demandé de l’aide. Leurs appels ont été interprétés comme un début d’émeute et 200 prisonniers ont été placés en lockdown(1). Se sachant à l’origine de cette punition et se culpabilisant, John a décidé de souffrir en silence et de ne plus chercher à obtenir les soins que nécessite sa maladie.
   Son cas n’est pas isolé. Selon une information du Prison Texas Labor Union, «plusieurs familles ont porté plainte contre la médiocrité des traitements médicaux et l’arrêt irraisonné de certaines médications décidé par l’administration pénitentiaire».

Un Comité pour rompre son isolement
   John est entré en contact avec le CSIA par l’intermédiaire du réseau NAPPPN(2) parce qu’il recherche des correspondants. Il a besoin d’aide et il apprécie de ne plus être isolé. En effet, un Comité de soutien a été constitué par un adhérent régulièrement en contact avec la Commission Prisonniers.

Jean-Luc Peron et Evelyne Tovornik

1) Lockdown : procédure disciplinaire d’enfermement déclenchée à la suite de troubles survenus dans la population carcérale. (cf Bulletin de la Commission
Prisonniers n° 3, page 19
)
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2) NAPPPN: Native American Prisoner Pen Pal Network. Réseau de correspondance sur Internet. (cf Bulletin de la Commission Prisonniers n°3, page 1)
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