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Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques
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Ontario/Canada
G R A S S Y   N A R R O W S

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Face à la déforestation systématique de leur territoire ancestral par la compagnie Abitibi Consolidated, à la complicité du gouvernement provincial et au silence des médias, les Ojibway de cette petite communauté du nord de l’Ontario ont eu spontanément recours à des barrages de route pour attirer l’attention de l’opinion et faire reconnaître leurs droits à la terre et à l’autodétermination. Ces incidents rappellent tristement les crises d’Oka, d’Ipperwash ou de Burnt Church, qui ont acculé les Indiens à l’action.

 AGISSONS !

Un modèle de pétition à l’intention d’Abitibi est inclus ---> ICI .
Vous pouvez aussi également
envoyer des lettres de protestation au Gouverneur de l’Ontario ou des lettres de soutien à Grassy Narrows, aux adresses suivantes :

Premier of Ontario Ernie Eves
Legislative building,
Queen’s Park
Toronto, ONT M7A 1A2
Canada

Abitibi Consolidated
Don Hopkins
Woodlands Manager
1155 Metcalf street, suite 800
Montreal, Quebec
H3B5H2 Canada
Fax : 001-807-467-3058

Grassy Narrows
General Delivery
Grassy Narrows,
ONT POX 1BO
Tél : 001 807 925 22 01
Fax: 001 807 925 2649
Mèl : gnfn@noyageur.ca

Merci de nous retourner une copie des éventuelles réponses au CSIA.

   Depuis le 3 décembre 2002, la Highway 671 est bloquée par les membres de la communauté ojibway de Grassy Narrows, à quelques kilomètres de chez eux, au nord de Kenora. Un barrage a été érigé et un
centre d’information ouvert sur cette route, qui permet à Abitibi Consolidated, responsable de la déforestation de leur territoire traditionnel, d’accéder à la forêt.
   Les coupes claires effectuées par cette
compagnie contreviennent au droit autochtone inhérent et aux droits issus des traités (droit de chasser, pêcher et piéger sur le territoire ancestral), qui sont reconnus et établis dans l’article 35 de la
Constitution canadienne de 1982.
   Les décisions de la Cour Suprême du Canada engagent très clairement le gouvernement fédéral à consulter les Premières Nations, quand ces droits peuvent être violés.

Une communauté affectée de tous les fléaux
   Cette communauté autochtone, comme beaucoup d’autres à travers le Canada, souffre des maux habituels, privation des terres et des ressources, pauvreté, chômage, alcoolisme et désespoir.
   La pêche participant de son mode de subsistance
traditionnel, la population de Grassy Narrows avait été cruellement touchée par la pollution au mercure au cours des années 1960 et 1970. En 2002, 86 % de la population souffrait du symptôme de «Minamata», qui révèle une intoxication au mercure.
   Ces populations voient aussi leur territoires ancestraux déboisés par l’industrie papetière.
   Matthew Coon Come, chef de l’AFN, a visité Grassy Narrows le 27 février 2002 pour signifier son soutien et écouter les représentants de cette communauté. En signe de solidarité, d’autres communautés ojibway et cree du nord de l’Ontario, relevant pour la plupart du Traité n° 3, se sont ralliées au mouvement en barrant également des routes.
   Aroland First Nation a ainsi établi un barrage sur la route 643 près de Nakina depuis le 12 février et son chef, Sonny Gagnon, exige du Ministre des ressources
naturelles et du Premier ministre de l’Ontario, «une réponse non équivoque concernant leurs intentions pour traiter ces deux situations de crise». À Hornepayne également, un barrage a été érigé sur la Highway 631 par Hornepayne First Nation dont le chef, Chief Laura Medeiros, s’exprime ainsi: «Pourquoi devons-nous lutter pour nos terres et nos ressources alors que nous nous déplacions librement sur ces terres à une époque? Nous ne sommes pas opposés au développement des ressources mais nous sommes déterminés à ce que son impact n’affecte pas nos droits».
   Comme à Grassy Narrows, ces initiatives isolées et spontanées bénéficient du soutien des différents Conseils de bande concernés. Toutes ces communautés du
nord de l’Ontario ont en commun de subir actuellement la déforestation de leur
territoire par des intérêts privés, sans avoir donné leur consentement mais avec la
complicité du gouvernement provincial.
   La compagnie Abitibi Consolidated ne peut donc être considérée comme unique
responsable de la situation puisque c’est le ministère des Ressources naturelles de
l’Ontario qui octroie les licences d’exploitation.

Le contrôle des ressources, condition de l’autodétermination
Il apparaît de plus en plus clairement que le contrôle des ressources remet directement en cause l’application du droit aborigène des Indiens à l’autodétermination, ce que le gouvernement de l’Ontario et l’opinion canadienne se refusent à reconnaître. Le dernier exemple en date est la tentative, entreprise conjointement par le Conseil tribal de Mushkegowuk et le Nouveau parti démocratique, d’introduire au Parlement une motion organisant le partage des richesses. Cette motion a malheureusement été rejetée par une large majorité conservatrice, lors de la session parlementaire de décembre 2002.

Adapatation : Matthieu Bernard
Sources : Indymedia, Envirowatch, Canadian Place First Nation, Canadian News, Citizens for public justice, treaties trees and sharing de Will Braun, mars 2003


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