Inspirez-vous
du modèle
ci-dessous pour écrire une lettre de protestation au ministre
canadien des Affaires indiennes et du Nord :
Robert
Nault, Minister of Indian Affairs House of Commons,Parliament
Buildings
Ottawa,ONT, Canada K1A 0A6
Dear
Sir,
I am sending this letter to state my rejection of the canadian
governement’s
most recent attempt to terminate the inherent rights of the indigenous
peoples in Canada throught the First Nations
Governace Act (Bill C-7) currently before the Standing Comittee,
as well as the First Nations Institutions Act and the Specific
Claims Resolution Act.
Despite the claims by the Indian Affairs ministry that the suite
of legislation is supported by grassroots
indigenous People, I vehemently oppose this legislation and support
the strong rejection of the bills that was stated by the vast majority
of
the Indigenous peoples in Canada.
This legislation ignores the inherent rights of self-determination
of the Indigenous peoples and violates numerous international agreement.
I urge you to stop these bills and recognize the Aboriginal Rights.
Sincerely, votre nom
F N G A
La
loi de gouvernance que Robert Nault, ministre des Affaires indiennes
et du Développement
nordique, essaie d’imposer est toujours aussi impopulaire auprès
des Premières
Nations, qui seront directement affectées par cette loi si elle
est votée. Le circuit
législatif qu’elle suit, avec les audiences du comité permanent
sur les affaires autochtones,
est emprunt d’un opacité indigne d’un démocratie
parlementaire. L’attitude de Nault,
qui dénigre les critiques des Premières Nations, pourtant
unanimes, trahit un véritable
cynisme et s’oppose à l’esprit des recommandations
de la Commission royale de 1996,
concernant le redressement d’une injustice historique à l’égard
des autochtones canadiens.
Manifestation sur la colline du Parlement d'Ottawa
contre la loi de Gouvernance le 2 mai 2003. Le chef Indien Charles
Fox, accompagné de sa fille et de sa petite fille, dénonce
le projet de loi colionialiste devant des centaines de manifestants.
Le 25 juin 2003, au
cours d’un réunion avec les journalistes
du Saskatoon Star Phoenix,
Nault affirmait ainsi sans ambages : «L’Assemblée
des Premières Nations est incapable
de travailler avec le gouvernement.» Pourtant, ce projet de loi
est dénoncé par le successeur
potentiel de Jean Chrétien, Paul Martin, pourtant issu de la même
formation politique. La presse canadienne
s’est même
fait l’écho des méthodes d’espionnage utilisées
par Ottawa pour déjouer l’opposition
autochtone à ce projet refondant la loi
indienne.
Matthieu Bernard
Sources :
– Winnipeg Free Press, 2 juin 2003
– Winnipeg Free Press, Paul Samyn, 3 juillet 2003
– Le devoir, 4 juillet 2003
Voir aussi :
–
Lettre de Nitassinan, n°20
RAPPEL
FNGA:
First Nations Governance Act
ou Bill C7
Ce projet
de loi de Gouvernance des Premières Nations risque
de passer actuellement au Parlement canadien.
Il réformerait la loi sur les Indiens
de 1876 sans intégrer les derniers acquis de la jurisprudence
canadienne
concernant la souveraineté des Premières Nations
et
leur droit à l’autodétermination. Il
bafoue les conventions
internationales sur les Droits de l’Homme.
Assemblée
des Premières Nations P H I L
F O N T A I N E S U C C È D E
À M A T T E W
C O O N
C O M E À L A
T Ê T E D E
L’ O R G A N I S A T I O N
A U T O C H T O N E
Quelques 600 chefs désignés se sont
rassemblés début juillet, à Edmonton, pour élire
le nouveau chef de l’Assemblée des
Premières Nations, au cours d’un scrutinàdeux tours. Des trois candidats en lisse, Matthew Coon
Come, Cree de la baie James et candidat à sa propre succession, a été le
premier écarté, l’issue du scrutin se jouant donc entre
Phil Fontaine, Anishennabek de
Sagkeeng au Manitoba (en poste à l’Indian
Claim Commission) et Roberta
Jamieson,
avocate et chef de Six Nations of the
Grand River en Ontario, la plus grande
réserve du Canada. C’est finalement Fontaine
qui l’a emporté bien que Matthew
Coon Come ait fait reporter ses voix vers
Jamieson, qui partage beaucoup de ses
positions. Mais le transfert de voix ne s’est
pas matérialisé, un certain sexisme pénalisant
sans doute la candidate. Fontaine
avait déjà occupé ce poste entre 1997 et
2000, avant de céder la place à Matthew
Coon Come, en 2000, et de prendre son
poste à l’ICC. Son élection incarne un revirement
vers un style moins conflictuel et
plus conciliant avec Ottawa, même s’il
dénonce, comme les deux autres candidats,
le projet de loi de gouvernance FNGA. On
se souviendra que les critiques de Coon Come à
l’adresse d’Ottawa, auprès des instances
internationales, avaient été aussitôt suivies
de restrictions budgétaires effectuées par
le ministère des Affaires indiennes, les subventions
fédérales de l’APN passant alors
de 19 à 6 millions de dollars.
Matthieu Bernard
Source : Radio Canada
V I S I T E
D U R A P P O R T E U R
S P É C I A L
A U C A N A D A
Rodolfo
Stavenhagen, anthropologue mexicain spécialisé dans le
droit autochtone et issu d’une famille juive ayant fuit l’Allemagne
nazie, a été nommé, en 2001,
Rapporteur spécial sur les Droits humains
et les Libertés fondamentales des Peuples
autochtones, poste qui dépend de la Commission
des droits de l’homme à l’ONU. Il
a répondu, en mai 2003, à l’invitation de
représentants des communautés autochtones
du Canada et effectué une visite non
officielle, plus ou moins motivée par une
présomption de violation des droits de
l’homme. Il a pu ainsi rassembler des
informations, en attendant une invitation
officielle, qui fait l’objet de négociations
avec le gouvernement canadien. Cette
mission d’enquête l’a conduit en Colombie
Britannique, au Saskatchewan et au Manitoba.
Dans cette province, Stavanhagen a été accueilli
par Chief Margaret Swan qui lui a fait visiter les communautés
de Sakkeeng, Little Grand Rapids et la Première
Nation Pauingassi. En Ontario, il a été reçu
par Leon Jourdain, chef de la Nation Anishinaabe
du traité n°3, principalement touchée par l’exploitation
forestière abusive
et son impact sur l’écosystème et la santé des
populations locales. En Colombie Britannique, il a pu se rendre à Sun
Peaks. Les commentaires de Stavenhagen ne signalent
pas de cas de violation des droits de
l’homme mais comparent cependant la
situation des autochtones canadiens à une forme d’apartheid.
Stavenhagen s’est
dit étonné du niveau de pauvreté, de l’insuffisance
des logements, du taux de chômage,
des problèmes de santé et du non
respect des traités.
Matthieu Bernard
Source : OHCHR, Genève
Saskatchewan
U N E R E V E N D I C A T I O N
T E R R I T O R I A L E A B O U T I T
!
Les
membres de la nation des Kahkewistahaw (dans les environs de Broadview)
ont célébré, en juin 2003, la signature d’une
indemnisation de 94,6 millions de dollars
concernant une revendication territoriale.
Il s’agit de la deuxième compensation attribuée
en argent par le Canada puisque, en
mars 2001, la Horse Lake First Nation, en
Alberta, avait reçu 125 millions de dollars
en règlement de la Specific Land Claim.
«
Pendant
presque un siècle, les membres de la bande Kahkewistahaw
ont subi les
conséquences de ne pas disposer de cette
terre pour leur bénéfice propre.Nous sommes
très contents que cette revendication territoriale
soit honorée », affirme le chef
Louis Taypotat. Le conflit remonte à 1907, quand 33281
acres (soit 114 km2) avaient été illégalement
prises de la réserve située à 13 km
au nord de Broadview et vendues en 1907,
puis 1910, à des colons. Une réserve d’environ
4 924 acres de terres non cédées
avait été attribuée en 1963. Depuis 1989, la Nation avait entamé une
procédure dans le cadre de l’Indian Claim
Commission (ICC). Ce règlement signifie
que la bande dispose de fonds lui permettant
de mener une politique économique et
de créer des emplois pour les 1407 membres
enregistrés, dont 445 vivant sur la
réserve. Peut-on espérer que la pétition des Cree
du Lubicon permette la même évolution et
aboutisse enfin ? Cette communauté du
Nord de l’Alberta voit les réserves de
pétrole et de gaz de son territoire traditionnel
exploitées sans avoir été consultée
et sans toucher de quelconques royalties.
Matthieu Bernard
Source : The Leader Post (Regina)