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  L A  L E T T R E  N ° 23 - O C T O B R E  N O V E M B R E   D É C E M B R E  2 0 0 3

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 SOMMAIRE  EXTRAIT
Chiapas
La stratégie de l'escargot

Le premier janvier 1994, l’EZLN (armée zapatiste de libération nationale) est apparue pour la première fois au grand jour. Dix ans plus tard, la lutte pour le respect des droits des peuples autochtones au Chiapas n’a pas cessé. Malgré la répression continuelle du gouvernement mexicain, les centaines de milliers d ’hommes et de femmes des communautés zapatistes construisent chaque jour leur autonomie tout en exigeant la reconnaissance des accords de San Andrés (signés par le gouvernement mais jamais respectés par celui-ci). Le CSIA a décidé de se mobiliser pour fêter les dix ans de l’insurrection et les vingt ans de la création de l’EZLN.
Nous vous proposons un témoignage sur la récente restructuration des communautés zapatistes....
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Chili
Répression du mouvement mapuche

La situation des communautés mapuche et, notamment, celle de leurs membres et dirigeants détenus depuis plusieurs mois dans les geôles du sud du pays, suscite de plus en plus l’intérêt et la préoccupation de l’opinion publique internationale. Pour preuve, la pétition signée cet été par 140 personnalités du monde politique et culturel français, exigeant la libération des prisonniers politiques mapuche et l’arrêt de la persécution judiciaire et politique que subissent les dirigeants et les membres des communautés en conflit territorial…

 

Bolivie
Le 21ème siècle sera indigène ou ne sera pas

Cette affirmation, qui peut paraître littéraire, devient réalité dans l’Altiplano bolivien depuis l’année 2000....
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Dakota du Sud/ Porcherie de Rosebud
Vers une fermeture définitive?

Les Lakot a de Rosebud sont en voie d’obt enir la fermet ure de la porcherie industrielle qui avait profité des problèmes économiques et sociaux de la réserve pour s’installer sur leurs terres tribales. Un geste symbolique dans la longue lutte de ce peuple pour l’autodétermination...

 

Nevada
Western Shoshone

Les Western Shoshone demandent à la justice fédérale américaine que leur soit reconnu leur territoire traditionnel, qui s’étendait sur une partie de l’Idaho, de l’Utah et du Nevada...

 

Suite d’un voyage en terre indienne
Du Dakota à Paris…

Dans la dernière lettre, nous vous avions raconté notre périple en terre navajo, à Dinétah. Après 2 semaines et demie passées dans ces paysages désertiques grandioses, nous avons poursuivi notre route en traversant 5 Etats pour assister, le 26 juin, à la marche en mémoire de Leonard Peltier et des événements de 1975-1976. Ce n’était que le début d’un séjour intense à travers les réserves lakota du Dakota du Sud…
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Wyoming/ Bisons
Tant qu'il y aura des bisons sauvages

Le 16 octobre dernier, le CSIAa organisé au C I C P une projection-débat de Buffalo War. Une fois de plus, ce documentaire a suscité motion et interrogations. Rosalie Little Thunder a accepté d’animer le débat et de répondre aux nombreuses questions de l ’assistance .
Rosalie Little ThunderQuestion : Existe-t-il un vaccin contre la brucellose ?
Rosalie : Oui. L’Etat du Wyoming vaccine les animaux mais celui du Montana refuse de le faire. 3 000 bisons et 10 000 cerfs vivent dans le parc de Yellowstone. Les cerfs sont aussi susceptibles de porter la brucellose que les bisons et, surtout, la transmission de la maladie, du cerf au bétail, est avérée alors que ce n’est pas le cas pour les bisons. Mais les cerfs ne sont pas tués. Ils font partie du gibier qui peut être chassé. Ainsi, l’état récupère de l’argent sur les permis de chasse. Il ne récupère rien sur les bisons. Et puis, vous l’avez vu dans le documentaire, le bétail et les bisons ne se croisent pas, ils ne fréquentent pas les mêmes terres au même moment.
Q : Alors pourquoi les tuent-ils ?
R : Demandez-leur ! Depuis toujours, les autorités ont massacré les bisons pour aff aiblir les Amérindiens. Ça continue aujourd’hui.
Q : Avez-vous essayé de nourrir les bisons pour qu’ils restent dans le parc ?
R : Nous avons essayé, mais c’est très coûteux. Et la direction du parc nous l’a interdit. Comme il est dit dans le documentaire, les responsables du parc et les activistes de Buffalo Field Campaign (militants pour l’environnement qui utilisent leurs enregistrements vidéo comme moyen de pression) ne veulent pas nourrir les bisons parce qu’ils essaient de les maintenir à l’état sauvage. C’est en hiver que les bisons sortent du parc. Ce sont les plus résistants qui y arrivent et qui sont donc les premiers à être capturés et tués. C’est le contraire de la sélection naturelle et c’est très grave. 200 bisons ont été tués l’hiver dernier et, avec l’actuel président des États-Unis, le chiffre ne fait que s’accroître.
Q : Ce documentaire a-t-il été diffusé aux États-Unis ?
R : Oui, mais à des heures très bizarres, comme par exemple à 2h du matin ! Les militants de Buffalo Field Campaign filment le plus possible et transmettent ensuite les vidéos aux médias. Cette problématique est abordée à la télévision, mais les gens sont moins réceptifs aux États-Unis qu’ici, en Europe. Je me souviens, quand j’ai été arrêtée par la police. J’assistais à une cérémonie,à Yellowstone et, non loin de là, des bisons se faisaient massacrer. C’était volontaire, pour nous provoquer. Je me suis fait arrêter parce que je ne pouvais plus bouger. En voyant les massacres, je suis restée sur place, pétrifiée, alors que la police me disait de m’en aller. Ils m’ont embarquée. Une fois libérée, je suis retournée chez moi. Mes enfants m’ont demandé si tout s’était bien passé. Je leur ai répondu « Bien sûr ! » Ils m’ont dit «Tu mens, on t’a vue à la télé, menottes aux poings ! » La télévision retransmet l’information, mais les gens sont juste moins réceptifs et se sentent moins concernés qu’ici.
Q : Avez-vous eu des retombées suite à votre présence et à votre déclarationà l’ONU ?
R : Non, pas beaucoup. Mais le climat est encore moins favorable aux États-Unis. Je compte retourner à l’ONU l’année prochaine. Nous souhaitons demander une résolution qui déclarerait les bisons « patrimoine immatériel » de l’humanité.
C’est une solution pour empêcher les massacres. Je transmets mon savoir sur les bisons à des petits enfants blancs. Plus ils sont petits, plus c’est facile. Avec les grands, c’est plus long. Mais si on me donne du temps, je convaincs qui je veux…» Nous n’en doutons plus. Seul l’épuisement et la soif ont eu raison de Rosalie ce soir-là… Souvenons-nous de sa dernière phrase, avant de nous quitter : « Tant qu’il y aura des bisons sauvages, nous survivrons. »

Propos de Rosalie recueillis et traduits par Céline Piétrois et Sophie Gergaud.

 

Arizona
Black Mesa Water Coalition : une résolution pour les peuples et l’eau de Black Mesa

Dans notre dernière Lettre, nous vous annoncions l’association du CSIAavec la Black Mesa Water Coalition (BMWC). Nous avons en effet rencontré, lors de notre voyage à travers Dinétah, ses représentants diné et hopi qui nous ont exposé leurs actions et leurs projets. Séduits par leur motivation, leur dynamisme et leur générosité, nous avons décidé d’établir un partenariat entre le CSIA et BMWC. Grâce aux dons d’adhérents pour la campagne Big Mountain, nous avons pu nous engager financièrement pour la réparation d’une maison destinée à être le local de l’association ainsi qu’un centre communautaire et culturel à l’intention des Navajo et des Hopi. BMWC est une association intertribale, interethnique, née à l’initiative d’étudiants sur le campus de l’Université d’Arizona du Nord. Sa mission est de protéger le bien-être et la viabilité de la Terre, de l’eau et des êtres vivants. Ses objectifs sont :
- de promouvoir la coopération intertribale,
- d’éduquer les communautés locales mais également de tenir des forums à portée
nationale,
- de sensibiliser les jeunes sur les problématiques de l’eau et de l’exploitation minière à Black Mesa,
- de promouvoir l’énergie renouvelable et le recyclage,
- de stopper le pompage de la nappe phréatique par Peabody Coal Company d’ici 2005.
Du 9 au 13 juillet derniers, BMWC a accueillià Pinon, Arizona, le Youth Summit (sommet annuel réunissant les jeunes autochtones du monde entier) qui, cette année, s’intitulait "Healing and Redefining our World" (Soigner et redéfinir notre monde). Des ateliers et des débats-discussions étaient organisés par les jeunes Hopi et Diné autour des sujets suivants: alimentation biologique et traditionnelle, médecine traditionnelle, savoirs et rôles traditionnels dans les sociétés d’aujourd’hui, mondialisation, énergie propre et renouvelable, artisanat traditionnel, Droits de l’homme et des peuples autochtones, tous les thèmes touchant à l’eau et à sa préservation… BMWC a insisté sur la nécessité pour les peuples autochtones de s’unir afin de contribuer à l’amélioration du monde actuel et de lutter contre la dégradation de l’environnement et des modes de vie traditionnels.
Présentation et traduction de Sophie Gergaud Pour plus d’informations :
w w w. b l a c k m e s a w a t e r c o a l i t i o n . o r g
Email : blackmesawatercoalition@yahoo.com

 

La 25éme heure du livre 
Le CSIA était au Mans

Suite aux invitations du Collectif Pour une Terre plus Humaine, de la Mairie du Mans et des éditions Albin Michel, le CSIA s’est rendu au Mans lors de la 25ème he ure du livre, les 11 et 12 octobre derniers. Ce week-end ensoleillé s’est révélé très positif, tant au niveau des rencontres et contacts établis que des ventes et dons récoltés (nous tenons d’ailleurs ici à remercier chaleureusement le Collectif Pour une Terre plus Humaine). Nous avons pu tenir une table de presse, rencontrer nos adhérents locaux (merci à ceux qui nous ont aidés pendant ces deux jours !) mais aussi assister – et participer – aux débats orchestrés par Francis Geffard. Directeur de la collection Terre Indienne chez Albin Michel, il avait réuni plusieurs auteurs amérindiens autour de différentes problématiques très intéressantes comme, par exemple, « Terres indiennes, réserves et traités » ou « La place des femmes dans le monde indien nord-américain » Mais les personnes présentes au Festival se souviendront plus particulièrement de deux événements : l’hommage à James Welch et le débat autour de Léonard Peltier. Le premier pour l’émotion qu’il a dégagée, le second pour les témoignages poignants qu’il a suscités.
En effet, au cours de ce dernier débat, nous avons pu entendre le témoignage précieux de Bobby Castillo (Apache) qui nous a expliqué les circonstances de l’arrestation de Leonard Peltier, dont il est le porte-parole. Il nous a raconté leur première rencontre en prison, les nombreuses discussions et les moments partagés ensuite, ainsi que la lutte incessante qu’il mène en faveur de son ami depuis. Mais il nous a également fait partager son expérience personnelle des conditions de détention lamentables dont sont victimes les prisonniers amérindiens aux États-Unis et dont Leonard est devenu, malgré lui, le symbole.
Rosalie L ittle Thunder (Lakota) , ainsi qu’Édith Patrouilleau (présidente du CSIA) et Sylvain Duez-Alessandrini (CSIA-LPDC) particpaient également à ce débat. Enfin, c’est à Maurice Rebeix, photographe et auteur de Rêveurs de Tonnerre (1), qu’est revenu l’honneur de clore le débat par une intervention aussi claire, pertinente et brève que poignante. Rappelant sa rencontre avec Leonard il y a deux ans, il a demandé à chacun d’entre nous de ne pas attendre des médias qu’ils se fassent les porte-parole de l’injustice dont est victime Leonard Peltier mais, au contraire, de répandre nous-mêmes les informations qui nous ont été transmises au cours de ce débat. C’est en parlant de lui autour de nous, en nous informant sans relâche, en nous procurant notamment ses Écrits de Prison (2) que nous pourrons créer une prise de conscience générale et engendrer un mouvement.
Enfin, il a rappelé à toutes les personnes présentes que c’est un combat perpétuel et qu’ « il ne faut pas oublier Leonard, parce que lui ne nous oublie pas et compte sur nous.» Le Festival de la 25ème heure du Mans aura été une expérience riche de rencontres et d’émotions. À noter que le maire du Mans, Jean-Claude Boulard, a nommé Leonard Peltier invité d’honneur du Festival pour la durée du cycle consacré aux Peuples premiers .
À suivre…
Sophie Gergaud

1 : Rêveurs de tonnerre : à la rencontre des Sioux lakotas,
Albin Michel, 2002. Préface de James Welch, avantpropos
de Leonard Peltier. Vente sur commande auprès du CSIA( 30€ ) .
2 : Écrits de Prison : le combat d’un Indien, Albin Michel, 2000. Vente sur commande auprès du CSIA(16,94€).

[voir aussi les archives photos liées à cet événement]

 

Etats-Unis 
Les casinos indiens : une ambivalence

S'ajoutant aux conséquences sociologiques et psychologiques négatives exposées dans la Lettre n°21, l’existence de casinos sur les réserves risque même, dans certains cas, de porter atteinte à la souveraineté des nations indiennes. On ne peut nier cependant que l'argent qu’ils rapportent a permis d’améliorer, parfois de façon spectaculaire, la vie des tribus indiennes des États-Unis...

 

Témoignage
Manuel Tomas Lujan en lutte contre l'Unité de
Sécurité Maximum de Florence, Arizona

En avril 2003, Manuel, Apache-Tarahumara-Mexicain, a déposé une plainte civile pour traitements cruels et inhumains contre l’Unité de Sécurité Maximum (USM) où il est incarcéré. Le 7 novembre dernier, le juge lui a annoncé que sa plainte avait retenu son attention et qu'il allait exiger du DOC d’Arizona (Departement Of Corrections : département chargé des affaires correctionnelles) des explications et des éclaircissements sur les conditions d’incarcération dans le Quartier de Haute Sécurité de la prison d’État de Florence. Les juges d’Arizona ayant jusqu’ici refusé la plupart des plaintes déposées contre les USM, cet événement constitue une véritable victoire dans la lutte pour le respect des Droits de l’homme dans le milieu carcéral américain...
[ lire l'article en entier ]

 

Commission Prisonniers Amérindiens
Message au CSIA de Valerie Scott Directrice de NAPS

Nos objectifs sont de nous assurer que les droits des prisonniers indiens ne sont pas violés et de travailler à l’obtention de règlements acceptables dans les prisons d’État, ce qui est conforme aux besoins des prisonniers...
[ lire l'article en entier ]

 

Dakota du Sud 
Sitting Bull à la décharge

Après le me urtre de Si tting Bull le 15 décembre 1890, dans la réserve sioux de Standing Rock, par un détachement de la police indienne du Major Mac Laughlin, la dépouille du grand chef fut enterrée dans le cimetière militaire de Fort Yates (Dakota du Nord)...

 

Canada
Droits territoriaux des Cree du Lubicon

La Lettre n°19 évoquait un regain d’espoir quant à la revendication territoriale de cette communauté du nord de l’Alberta. Il semble que les négociations soient proches d’aboutir à la signature d’un traité, qui mettrait ainsi fin à un déni et à une injustice historiques...

 

Colombie Britannique 
Sun Peaks : arrestations en série

Le projet Sun Peaks prévoit, pour les jeux olympiques d’hiver de 2010 (auxquels la ville de Vancouver s’est portée candidate), l’extension d’une station de ski et la création, par des intérêts japonais, d’un complexe touristique sur Skweltkwek’welt. Malgré l’absence de traité, les Shuswap détiennent sur ces terres, qui sont leur territoire traditionnel, un titre aborigène dont le déni, par la Province, conduit les activistes amérindiens à des actions qui se soldent par des arrestations en série...

 

Colombie Britannique
La déforestation du Mont
Cheam bafoue les droits de la
nation Pilat

Le conflit d’intérêt entre les compagnies privées et les Premières Nations de
Colombie Britannique dégénère à nouveau en une confrontation, à l’instar
de la résistance des Shuswap-Secwepemc à l’expansion des stations de ski
Sun Peaks, et de celle des St’at’imc à Sutikahl...

 

Canada
Autonomie pour les Tlicho

Le Canada a signé avec les Tlicho un traité leur accordant l’autonomie sur
une part ie importante des Territoires du Nord-Ouest . Mais on peut
s’interroger sur l’avenir culturel et économique de ceux que l’on appelait
auparavant les Flancs de chien....

 

Canada
Grassy Narrow

Alors que le barrage routier de Grassy Narrows, le plus long dans la durée de
toute l’histoire du Canada, est toujours en place, les manifestations de soutien
et de solidarité se multiplient envers la communauté ojibway. Celle-ci lutte
contre la déforestation de son territoire traditionnel et pour la préservation de
son mode de subsis tance et réc lame que la concession accordée à Abitibi Consolidated soit révoquée....

 

Leonard Peltier
L’injustice sans fin

Une nouvelle page judiciaire vient de se tourner dans l’affaire du prisonnier politique amérindien Leonard Peltier. Le 4 novembre 2003, la 10ème Cour d’appel
fédérale, basée à Denver dans le Colorado, a rend u sa décision concernant la dernière action légale des avocats de Peltier. De nouveau l’injustice a écrasé le bon droit...

 

Amérique du Sud
La Guyane à Paris

Brigitte Wyngaarde, chef coutumier d u village de Balaté, et Louise Twenké,
Indienne teko du village de Maripasoula et médiatrice culturelle, étaient à Paris les
14, 15 et 16 novembre derniers. Dans le cadre du FSE, elles se sont rendues à l'atelier Guyane organisé le vendredi 14 novembre, au cinéma l'Écran à Saint-Denis, où le fi lm de Philippe Lafaix La loi de la Jungle a été projeté. Un débat a ensuite été animé par l'ethnologue Éric Navet, le journaliste Arnaud Jouve et les associations CSIA-Nitassinan et Solidarité Guyane.
Ce séjour a été riche de rencontres avec des personnalités influentes. L'interview de Brigitte Wyngaarde par Arnaud Jouve a été diffusée sur RFI au sein d e la rubrique Fréquence Terre et l'interview menée par la journaliste Éliane Patriarcat a donné lieuà un article conséquent publié dans Libération. Lors de leur séjour, les deux déléguées amérindiennes ont également pu rencontrer d'autres associations comme Survival International, FAL, La Ligue des Droits de l'homme, mais aussi des personnalités politiques comme les représentants des Verts.
Les questions de l'orpaillage, de la pollution de la faune aquatique par le mercure et de l’identification du syndrome de Minamata dans les villages indiens du Maroni ont pu être abordées. Brigitte Wyngaarde a également condamné l'offensive du ministre
du tourisme Léon Bertrand - lui -même Guyanais - visant à abroger l'arrêté préfectoral de 1970, qui permettait d’éviter un tourisme sauvage dévastateur
p our les communautés amé rindiennes.
Enfin, les deux Amérindiennes ont évoqué la relance du projet de transformation du "pays indien" ( ce territoire précisément protégé par l'arrêté de 1970) en parc
national et de son ouverture au tourisme, dit "écotourisme" . En imposant le terme de "développement durable", on espère effacer ce que les politiques d'assimilation ont de destructeur pour les environnements et les populations. Alcoolisme, drogue, violence, dépendance, suicides, dégradation des environnements, pollution des eaux et empoisonnement sont quelques-unes des conséquences réelles du "développement" et de la "mise en valeur" de territoires dont les communautés amérindiennes sont spoliées.
Sophie Gergaud et Édith Patrouilleau.

 

Communiqué du 8 octobre 2003 / Embargo du 12 octobre 2003
Escalade d’assassinats d’Indiens en
Amérique du Sud

L’Amérique du Sud va célébrer le 12 octobre – anniversaire de la ‘découverte’ de l’Amérique par Christophe Colomb – quelques jours après le meurtre d’un Indien brésilien de 10 ans, dernière victime d’une série d’assassinats et de persécutions
perpétrés à l’encontre des Amérindiens du continent....