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Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques
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W A L L A C E   B L A C K   E L K   N O U S   A   Q U I T T É S

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   Wallace Black Elk, né en 1921, a grandi sur la réserve de Rosebud, dans le Dakota du Sud. Familiarisé depuis l’enfance avec les pratiques sacrées de son peuple, il était devenu un interprète spirituel, porteur de la Pipe. Respecté et écouté par les siens, il a joué un rôle déterminant dans les évènements des années 70. Suite à son décès, Carter Camp - Indien ponca qui milite activement, depuis plus de trente ans, pour les droits des Amérindiens et fut notamment le fondateur de l’AIM au Kansas et dans l’ Oklahoma - a fait une déclaration, le 28 janvier dernier, au nom de la Société Guerrière de la Nation Oglala Indépendante de Wounded Knee.

   « Alors qu’à travers le monde on pleure le guérisseur et l’homme médecine généreux qui servait et auscultait tous ceux qui venaientà lui, je voudrais, quant à moi, me souvenir de lui comme d’une des personnes essentielles lors des évènements survenus à Wounded Knee, en 1973. Dans les esprits, à travers le
monde, nous, Amérindiens, étions alors considérés comme une "race en voie d’ extinction" […] consignée dans les annales de l’Histoire. Mais, à Wounded Knee, nous nous sommes dressés pour dire au monde qu’ il avait tort et que nous avions l’intention de survivre, en tant que peuple, au moins 500 autres années ! Nous avions choisi d’établir notre rassemblement à Wounded Knee, car les historiens wasicu (blancs) avaient déclaré que notre monde rouge y était mort, en 1890. […] Nous étions un conglomérat de jeunes hommes et femmes venant d’un grand nombre de tribus et de nations différentes de ce pays envahi, appelé le Nouveau Monde. Nous comptions des vétérans du Vietnam et de la Corée, mais surtout de jeunes Indiens venus de tous horizons. Nous pouvions nous battre et nous étions
prêts à mourir sans hésitation. Mais pour être une société guerrière au sens traditionnel, nous avions besoin d’ être bien plus que cela, nous avions besoin d’être guidés par un homme sage afin de nous différencier des meurtriers wasicu engagés. […] Nous nous sommes naturellement tournés vers
Wallace Black Elk pour qu’il soit notre guide, ainsi que vers sa compagne, Grace, pour qu’elle soit la Mère de notre clan. […] Il a été l’un des premiers traditionalistes à rejoindre l’AIM, à prêter sa force et son savoir aux luttes contemporaines de la jeunesse indienne. […] Il nous a guidés et dirigés sur un chemin choisi par nos ancêtres […] sur la voie rouge. [Lui et sa femme] géraient tous les besoins des jeunes hommes et femmes de la société guerrière de Wounded Knee. […] Jamais depuis la Ghost Dance ou l’ apport, par le Comanche Quannah Parker, du feu sacré aux tribus incarcérées dans l’Oklahoma, la nation indienne n’avait manifesté avec tant de ferveur son désir de rallumer les feux sacrés de son peuple. Un superbe réveil a eu lieu en 1973, à Wounded Knee. L’ Ile Tortue a tremblé alors que le géant rouge, jusqu’alors à genoux, s’est dressé de nouveau avec fierté. De l’Océan Pacifique à l’ Atlantique, du Nord au Sud, le peuple rouge a pris la décision de se battre pour préserver les tribus. Ce fut une époque glorieuse dans l’ Histoire de notre peuple, qui a refusé aux wasicus le rêve de notre extinction. »

   Ce superbe « réveil », Wallace Black Elk y a été pour beaucoup. « C’était une règle parmi nous que chaque patrouille ou équipe soit purifiée dans une cérémonie inipi. Oncle Wallace a été appelé à faire cette chose sacrée pour nous, afin de nous rendre dignes de nous battre et peut-être de mourir pour notre petite nation. Cela devint un rite pour nous de nous réunir dans sa petite cabane de deux pièces, afin qu’il nous mène dans une cérémonie avant l’accomplissement de notre devoir. Black Elk nous préparait à la bataille, à faire face à l’ennemi avec courage. [… Il leur apprenait à] se fondre dans la Nature pour devenir invisible à l’ennemi. […] Il ne se
trompait jamais et sa médecine était forte […] et tous ceux qui ont rempli leur devoirà Wounded Knee le doivent à leur Brave Oncle Wallace Black Elk et à sa douce compagne, leur Tante et Mère, Grace Black Elk. […]

   Lors des derniers jours de l’ occupation, Wallace et sa femme Grace ont été parmi les derniers à se rendre. Ils sont restés pour le peuple aussi longtemps qu’ils l’ont pu. Quand finalement ils se sont rendus et ont quitté Wounded Knee, les Blancs ont su que l’occupation était finie. Ils les ont maltraités, volant leurs objets sacrés, arrachant la pipe de leurs mains et la rompant sous leurs yeux. Ils ont menotté Black Elk et jeté sa femme au sol. Ils ont piétiné leurs plumes d’aigle sacrées et ri de leurs larmes. Ils pensaient, en maltraitant notre courageux
homme médecine et sa femme, s’en prendre au cœur d’une nation vaincue. Mais ils
a vaient tort, ils avaient vraiment tort. Car Wallace Black Elk avait déjà communiqué
son esprit à chacun d’ entre nous, qui avions eu le privilège de nous asseoir avec
lui autour du feu.»

   C’est à Wounded Knee, guidés et protégés par Wallace Black Elk, que les Indiens se sont « élevés contre ceux qui écrasaient [leur] peuple, [et qu’ils ont] montré qu’[ils étaient] fermement décidés à [se] battre pour survivre. » C’est la foi et l’espoir qu’il savait communiquer que les Indiens veulent garder en mémoire. «L’esprit de Wallace Black Elk perdurera… à tout jamais.»

Traduction et synthèse : Sabine Sauvêtre
Source : Déclaration de Carter Camp,
http://www.freepeltier.org

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