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Commission Prisonniers Amérindiens
P A T R I C I A   « C R Y I N G   W I N D »   C A R M A N   #  6 6 8 4 4 6  N

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Mise à jour 7 mars 2005: Patricia Carman est libérée sur parole

Derrière ce numéro d' identification se « cache » une femme de 46 ans, incarcérée depuis 11 ans à la prison d' État de Gatesville au Texas. Patricia est une Indienne crow/cherokee et son témoignage s' inscrit dans la longue litanie des abus perpétrés à l' encontre des prisonniers amérindiens au sein des prisons texanes.

   Depuis le début de son incarcération, la conduite de Patricia est irréprochable, aucun rapport disciplinaire, aucune sanction. Elle a par ailleurs suivi des études supérieures et obtenu un diplôme en psychologie/sociologie, une licence en enseignement primaire et elle prépare actuellement une licence de commerce. Patricia met à profit son rôle d' Ancienne au sein de la communauté indienne pour aider les autres à défendre leurs droits, dont celui de pratiquer leur religion. Avec son autorisation, voici la traduction d' une de ses lettres. À Gatesville, les conditions d' incarcération sont épouvantables, la situation est préoccupante

Première Etape de l'administration pénitencière: affaiblir les détenues sur le plan psychologique

   « La vie ici est devenue très stressante. Je traverse une période difficile. Physiquement je me sens très mal, fatiguée. J' ai perdu l' appétit. Pourtant, je me bats mentalement et spirituellement pour rester positive et optimiste, mais le combat devient chaque jour plus éprouvant. Oppression et dépression ont envahi l' esprit de chacune d' entre nous dans cette unité. Les gardiens organisent des "de scentes". Ils pensent que leur seul travail consiste à nous harceler sans cesse, à hurler des ordres à nos oreilles toute la journée. Peu importe qu' une faute ait été commise ou non, personne n' y échappe, c' est inévitable. Ils abusent de leur pouvoir, c' est dément ! Il semble que la seule chose qui préoccupe ces gens-là soit le nombre de mesures disciplinaires qu' ils peuvent infliger durant leur service. Ils inventent leurs propres règles que nous devons suivre à la lettre. Je ne veux pas me poser en victime , non ! Je veux seulement dire que c' est très, très dur. Chaque minute est une lutte pour survivre. »

Deuxième étape: les atteindre au plan spirituel

   « Entre 1999 et 2003, nous avions un service religieux par semaine contre un seul par mois actuellement, parfois moins suivant la disponibilité de l' aumônier. À titre d' exemple, les chrétiens et les musulmans bénéficient de trois à cinq services ou activités liés à leur religion respective chaque semaine ! Notre cercle de prière a été scindé en trois groupes composés de trois à quatre femmes. Nous ne sommes plus autorisées à nous réunir toutes ensemble. Ils essaient de nous diviser, de créer des conflits au sein de notre communauté, en interdisant à certaines d' entre nous l' accès à notre bibliothèque ou à certains objets de culte, tels que les sacs médecine.
   On nous dit que ces changements sont le résultat des dernières restrictions budgétaires imposées par l' État Fédéral. C' est un leurre. Car si c' était le cas, pourquoi serions-nous les seules à en subir les conséquences ? »
   Pour mémoire, rappelons les grandes lignes de la politique du TDCJ-ID (Texas Department of Criminal Justice -Institutional Division) en matière de droit religieux (informations disponibles sur le site http://www.tdcj.state.tx.us/)
   « …C' est la politique du TDCJ d' offrir, à tous les détenus, autant de possibilités et d' opportunités possibles dans l' exercice des pratiques et croyances personnelles… »
   « …Les services de l' aumônerie n' appliquent aucune mesure discriminatoire dans le traitement des croyances religieuses des détenus… »
   « …Des services religieux hebdomadaires sont programmés… »
   « …Les aumôniers encouragent les détenus à rester en contact avec leur foi personnelle en offrant conseils et accompagnement. Les croyances juives, islamiques, catholiques, chrétiennes (non catholiques) et natives américaines sont représentées… »
   Le TDCJ-ID affirme qu' il est très difficile de trouver des volontaires civils pour conduire les cérémonies religieuses indiennes. Ce qui est, malheureusement, le cas. Mais force est de constater qu' aucun effort réel n' est mis en oeuvre pour rechercher et engager les personnes ayant le s compétences requises. Selon nos sources, les cérémonies actuellement autorisées peuvent être conduites par les détenus eux-mêmes sans l' intervention de conseillers spirituels ou de volontaires, à l' instar des prisonniers membres des principales religions monothéistes, qui sont autorisés à mener certains services au sein de leur unité.

Laissons Patricia conclure

   « La situation s' est détériorée en peu de temps. Je suis enfermée depuis déjà onze ans et on pourrait penser que ces longues années m' ont donné la force nécessaire pour surmonter une telle épreuve. C' est vrai que je suis quelqu' un de têtu et ça m' aide à aller de l' avant mais personne n' est assez fort pour supporter une telle pression au quotidien.
   C' est plus dur de jour en jour et parfois je suis prête à tout laisser tomber, cesser de lutter. Sans réellement y croire, je me mets à espérer que le pire est derrière nous. »

   Patricia a besoin de toute l' aide que nous pouvons lui apporter. Vous pouvez lui envoyer lettres et cartes de soutien, ou tout autre témoignage d' amitié et de solidarité, à l' adresse suivante :

Patricia Carman
# 668446
Valley 1-30
1401 State School Road
Gatesville, TX 76599 USA

   Patricia est également impliquée dans la défense des victimes d' erreurs judiciaires. Elle tente elle même d' obtenir une révision de son procès. Son cas sera bientôt examiné en commission de libération sur parole. Vous pouvez l' appuyer dans sa démarche en envoyant à cette commission un courrier de soutien à l' adresse suivante :

Greg Abbott, Attorney General
State of Texas
P.O. Box 12548
Austin, TX 78711 USA

(Merci d'envoyer une copie de votre courrier à Patricia)

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