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Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques
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Journée du 9 octobre 2004
S O L I D A R I T É   I N T E R N A T I O N A L E   A V E C   L E S   P E U P L E S   A M É R I N D I E N S

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En 1977, les organisations amérindiennes, réunies pour la première fois aux Nations Unies, dans le cadre de la Conférence des ONG sur le racisme et la discrimination des peuples autochtones de l’hémisphère ouest, ont déclaré le 12 octobre "Journée Internationale de Solidarité avec les Peuples Indiens des Amériques". À cette occasion, chaque année depuis 1981, le CSIA, fidèle à ses engagements, organise une grande journée d'échanges et de rencontres autour de délégués amérindiens.

Ti'iwan Maurel avec Eric Navet et Janine Vidal de la commission Guyane
Ti'iwan Maurel avec Eric Navet et Janine Vidal de la commission Guyane

   Cette année, cet événement, important pour la vie associative du CSIA, s’est
tenu le 9 octobre à la Bourse du travail de Saint-Denis. Comme toujours, il a permis à de nombreux représentants de s’exprimer directement en public et de témoigner de la résistance des peuples autochtones pour le respect de leurs droits dans les Amériques. Après une présentation du CSIA et de ses associations partenaires (le Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, le Collectif Guatemala, le Collectif Bolivia…), la partie "débats" a commencé sur le thème « Bolivie, terre
indigène », avec Nolasco Mama ni, représentant aymara de Bolivie et membre du CISA (Consejo Indio de Sud-America). Son intervention, très complète, a traité à la fois des changements politiques dans ce pays d’Amérique latine majoritairement peuplé d’Amérindiens, de la position des communautés aymara pour l’autonomie, et
de l’évolution du droit international en faveur des peuples autochtones. Elle a été suivie d'un concert de musique traditionnelle des Andes.

Amérique indienne du Sud au Nord

   Après cette pause, une présentation du programme de formation de l'ONU pour les jeunes autochtones francophones a été faite par son coordinateur, Frédéric Deroche (membre du Conseil d’administration du CSIA), et par une des participantes à cette formation, membre de la nation huronne wendat du Québec. Elle a profité de son intervention pour nous présenter son peuple et témoigner des
problèmes sociaux qui affectent sa communauté (suicide des jeunes, alcoolisme, violences familiales…), problèmes liés en grande partie à la colonisation et à la déstructuration de la société traditionnelle.
   En fin d’après-midi, une table ronde autour de la « répression des mouvements
indigènes » a réuni Carlos Manzo (Zapotèque du Oaxaca, Mexique, représent
ant du Consejo Union Hidalgo et ancien prisonnier politique, libéré récemment grâce à la mobilisation internationale, notamment du CSPCL et du CSIA
), Sofia Olhov ich (également du Consejo Union Hidalgo), Bobby Castillo (Apache/Xicano, porte-parole international du prisonnier politique amérindien Leonard Peltier), Bob Robideau (Anishinabe du Nord Dakota, figure historique de l’American Indian Movement, survivant du "règne de terreur" sur la réserve lakota de Pine Ridge et co-inculpé de Leonard Peltier, dont il est le cousin direct, dans les années 1970) ainsi que Daniel Zapata (Xicano Xiximeka, représ entant des Anciens Diné/Navajo de Big Mountain, Arizona, aux Nations Unies). Ce temps fort de la journée a démontré que, malgré la répression, les années de prison, l’avancée des plans gouvernementaux et des multinationales sur leurs terres ancestrales, les autochtones n’abandonneront jamais le combat pour le respect de leurs droits. Bobby Castillo et Bob Robideau ont souligné que les peuples amérindiens ne seront pas tout à fait libres tant que Leonard Peltier restera incarcéré et ont appelé à relancer la mobilisation en faveur de sa libération. Leur intervention s’est terminée par le chant traditionnel de l’AIM et par un chant d’honneur pour ce symbole de l a résis tance amérindienne qu'est Leonard Peltier (1)..

Notre responsabilité…

   Les débats se sont terminés par celui, tant attendu, sur « l ’ethnocide en Guyane», mené par Ti'iwan Maurel, Amérindienne teko venue à Paris spécialement
pour cette journée, grâce à la souscription lancée par le CSIA l’année passée. Elle a pu nous mettre, nous, Français, face à nos responsabilités concernant le non-respect des droits collectifs de son peuple et la destruction de son milieu naturel, notamment à cause de l’orpaillage. Ti’iwan a touché grand nombre d’entre nous, par son naturel, et nous remercions encore tous les adhérents qui ont permis qu'elle vienne. Cette journée qui, malheureusement, n’a pas attiré autant de personnes que les années précédentes, s’est conclue par un spectacle de théâtre vivant, en honneur au peuple mapuche en lutte au sud du Chili, et par de la musique gaïtas d’Amazonie colombienne. Comme l’a dit Bob Robideau : « Le combat n’est pas d’un seul jour. C’est un combat au quotidien pour notre survie. »

Sylvain Duez-Alesandrini.


1) Les personnes présentes à Saint-Denis ont pu également apprécier deux expositions : des lithographies de tableaux de Leonard Peltier et des photos de la dernière commémoration à Oglala, réserve lakota de Pine Ridge, Sud Dakota, par Franck T. Pinero. [ retour au texte ]

 A VOIR ÉGALEMENT

La rubrique du 12 octobre: http://www.csia-nitassinan.org/12_octobre.htm

 

 

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