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C’est devant la grande banderole rouge, réclamant la libération de Leonard Peltier, que s’est tenue la conférence d’Arvol Looking Horse, 19 ème gardien de la pipe sacrée des Lakota, et de son assistante, Paula Horn, présentée et traduite par Francis Geffard, directeur littéraire de la collection Terre indienne aux éditions Albin Michel. Pour cette soirée exceptionnelle, la grande salle du CICP était comble et plus de 130 personnes s’étaient déplacées, parfois même de province, pour y assister . La projection a été suivie de la présentation d’Arvol Looking Horse par Francis Geffard. Né en 1954, à Cheyenne River, initié par ses grands-parents aux enseignements de Ptêsawin dans sa langue maternelle, il est devenu, dès l’âge de 12 ans, le 19 ème gardien de la pipe sacrée. Depuis 1966, il voue sa vie à la défense de la culture lakota et de la paix, et son action s’étend bien au-delà des réserves indiennes, dans le monde entier. Après avoir mis sa coiffe de plumes d’aigle, il a pris la parole et expliqué l’urgence de sa mission, suite au rêve de son ami. C’était en 1986. La première chevauchée sur le lieu de mort du chef Hunkpapa Tatanka Iyotaké (Bison Assis) venait de se dérouler, comptant 13 cavaliers. Arvol Looking Horse y avait représenté son peuple pour rétablir l’harmonie du cercle sacré, brisé à Wounded Knee. Puis, en 1990, cent ans après, jour pour jour, il a mené la commémoration du massacre du 29 décembre 1890 où 300 minéconju, conduits par le chef Big Foot (Grand Pied), ont trouvé la mort sous les balles du 7 ème de cavalerie. Cankpé Opi : la fin d’un rêve.La mission d’Arvol Looking Horse Héritier de la tradition orale lakota qui, de génération en génération, a été transmise du monde animal aux hommes, le gardien de la pipe sacrée et de la morale ancestrale de Ptêsawin a pour mission de propager dans le monde entier ce que lui dicte son cœur et de rétablir l’harmonie et la paix. Les Navajo ont été les premiers Indiens à se rendre aux Nations Unies pour parler du réchauffement de la planète. Depuis, les situations écologiques et politiques de la terre n’ont fait qu’empirer et les catastrophes climatiques se succèdent, comme si les prédictions de Ptêsawin se réalisaient. En 1998, Arvol Looking Horse a participé à une rencontre avec la NASA au sujet du réchauffement de la planète et auguré que, 20 ans plus tard, la situation deviendrait catastrophique. Mais la terrible réalité est déjà là, il faut agir, et sans tarder, pour que nos enfants et leurs enfants puissent encore vivre sur la terre. Le constat de ces 100 dernières années est alarmant : les maladies, les suicides, le malaise d’une jeunesse qui ne peut croire à aucun avenir, l’instabilité sociale et politique du monde et la dégradation de l’environnement sont les conséquences de la civilisation occidentale. L’homme est le seul responsable, le pire des prédateurs ! Le Dalaï Lama, qu'Arvol Looking Horse a rencontré à Boston en 1994, l'a fortement impressionné, par la richesse de son esprit et la force spirituelle pleine de sérénité que sa seule présence dégage. La nécessité de rassembler les hommes pour prier, non seulement pour le peuple indien mais pour la terre entière, s’est alors imposée à Arvol, et le solstice d’été a symboliquement été choisi comme jour de prière commune annuel. Le 21 juin 1996, a eu lieu la première de ces célébrations et c'est pour amener tous les hommes à se réunir chaque année, ce jour-là, et à prendre conscience de l’urgence d’agir pour retrouver l’unité et l’harmonie et arrêter de tuer la terre, qu'Arvol Looking Horse et Paula Horn effectuent cette tournée mondiale. Rassembler " les gens de bonne volonté" sur tous les lieux sacrés qui sont les " chakras" de la terre, les points énergétiques primordiaux et, ainsi, redonner vie à la terre-mère qui est malade et que, seule, la puissance de la force spirituelle de tous les hommes réunis peut guérir. Aussi, le 21 juin, tandis que le peuple lakota se réunira dans les Black Hills sous la direction spirituelle d’Arvol Looking Horse, le monde entier devra-t-il aller prier dans les églises, les temples, les synagogues et les mosquées, tous ensemble au même moment, pour que l’aura de l’énergie humaine puisse réparer la couche d’ozone et sauver la planète. C’est sur cette exhortation que le 19 ème gardien de la pipe a terminé sa conférence, nous laissant face à une question : l’énergie spirituelle peut-elle vraiment accomplir des miracles et rétablir l’harmonie que des siècles de civilisation occidentale ont détruite ? Le seul message à retenir est celui de la terre Après nous avoir rappelé que, contrairement à un homme politique, il n’a pas été élu pour le temps d’un mandat et que sa mission lui a été transmise par le sang et pour la vie entière, Arvol Looking Horse a demandé aux personnes de l’assistance, qui avaient lu Le National Geographic de septembre dernier, de lever la main. Il a précisé qu’une photo de lui avec toute sa famille y figure, ce qui montre bien l’importance du gardien de la pipe. Puis il a répondu à quelques questions et Paula Horn est intervenue pour ajouter qu’elle croit fermement à l’action de la nouvelle génération. Prenant sa fille pour exemple, elle a affirmé l’importance des projets de la jeunesse indienne. Puis elle a remercié l'assistance d’être venue et s’est excusée de devoir déjà s’en aller, car Arvol Looking Horse avait des obligations de la plus haute importance. Elle a malgré tout répondu rapidement aux dernières questions, affirmant, pour clore le débat, que le seul message à retenir est celui de la terre. Après un ultime chant lakota, ils ont tous deux offert une séance de vente dédicacée du livre White Buffalo teaching , donné l’adresse de leur site Internet et accepté la recette intégrale de la soirée que la CSIA avait récoltée. Celle-ci aidera à organiser la grande célébration du solstice d’été du 21 juin prochain. Car, même si la force de la prière universelle peut, selon Arvol Looking Horse, sauver la terre, le poids de mazaska (le métal blanc) n’est pas à négliger, même pour le saint homme qu’est le gardien de la pipe sacrée de Ptêsawin. Nous tenons encore à le remercier d’avoir accepté la modeste contribution des 130 personnes venues du pays entier, pour entendre un discours si plein de bonnes intentions. Ericka Maury-Lascoux
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