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RETOUR AU BULLETIN | COMMISSION PRISONNIERS AMÉRINDIENS Le 29 avril 2005, Paul Not Afraid et dix autres détenus amérindiens ont été transférés dans l’unité de haute sécurité de la prison d’État de Deer Lodge au Montana (MSP). Ce placement a été décidé par l’administration pénitentiaire et restera effectif tant qu’une enquête pour "activités liées à un gang" sera en cours d’investigation. Voici les faits tels que Paul les a vécus.
Il semblerait que les événements se soient produits à la fin de la dernière cérémonie religieuse, durant laquelle une sweat lodge était organisée. Certains membres du cercle de prière amérindien du MSP, les "Prayer Warriors", ont remis en question la légitimité des responsables siégeant au conseil indien de la prison. En l’occurrence, son président, petit caïd protégé par l’administration et délinquant sexuel notoire ; le secrétaire exécutif, qui n’a aucune connexion avec les croyances amérindiennes puisque c'est un noir américain de confession musulmane ; et enfin le porteur de la pipe sacrée, qui a été condamné lui aussi pour délinquance sexuelle. Ces individus ont été installés à leur poste respectif avec l’appui de la direction de Deer Lodge elle-même. Il y a également une controverse relative au nombre de non Indiens (blancs et noirs) autorisés à participer aux rassemblements religieux indiens. Au MSP, les programmes culturels et spirituels hebdomadaires accordés aux prisonniers amérindiens, incarcérés en unité de sécurité minimum, sont les suivants : un cercle de parole le mardi ; une cérémonie de la pipe sacrée le jeudi et une sweat lodge le samedi. Les détenus internés en sécurité maximum ne sont autorisés qu’à une séance de fumigation cérémonielle toutes les deux semaines et à une cérémonie de la chanupa deux fois par an seulement. Pour ceux confinés en lockdown dans l’unité C-III, aucune pratique religieuse n’est accordée. Ces programmes sont supervisés par un officier de liaison choisi pour son impartialité et son respect envers les croyances individuelles des détenus. Mais, d’une manière ou d’une autre, cette personne, membre du personnel pénitentiaire, sera détourné de son objectif initial par sa propre Direction pour devenir en quelque sorte un agent de renseignement. Les Prayer Warriors ont le droit de le révoquer, ce qui entraîne la suspension de toute activité religieuse. Selon la loi fédérale et conformément au règlement du DOC (Department of Corrections), un coordinateur extérieur, ou conseiller spirituel, doit être engagé par le DOC pour chaque groupe ethnique et chaque confession exercée au sein de la prison d’État. Malgré cela, aucune personne n’a été embauchée pour représenter la population indienne, pourtant majoritaire à Deer Lodge. Un précédent conflit opposant les Prayer Warriors à la Direction avait, en 2003, conduit à l’application d’un arrangement amiable (settlement agreement) entre les protagonistes, et cela sans l’arbitrage d’une cour de justice. Par cet accord bipartite supervisé par le Human Rights Bureau, les autorités carcérales s’engageaient à mettre fin aux discriminations religieuses et raciales à l’encontre des détenus indiens. Il semble que cet accord soit désormais remis en question. Les Prayer Warriors sont les garants des traditions, des coutumes et des cérémonies sacrées de leur peuple. Ils sont autorisés à se réunir en conseil, protégé par un ensemble de statuts approuvés par l’Administration Pénitentiaire du Montana, et qui établissent la position et le degré d’autorité de chaque conseiller. Il est aussi décrété que ces dits conseillers, représentant la communauté indienne dans son ensemble, doivent être choisis par celle-ci. Au vu de la situation actuelle et au su des derniers évènements, cela n’est absolument pas le cas. C'est choquant pour les Indiens traditionnels de voir des responsabilités aussi importantes placées entre les mains de tels individus aussi peu scrupuleux. Cette façon de procéder va à l'encontre de leur système de valeurs. Depuis les incidents survenus lors du dernier rassemblement, tous les programmes religieux indiens ont été suspendus. Les opposants ont demandé le vote d’une motion de censure à l’encontre de ces trois détenus et l’organisation d’une élection égalitaire, au sein même de la population amérindienne, pour désigner de nouveaux représentants au conseil, et cela sans aucune ingérence de la direction et sans "parachutage" d’éléments parasites à la solde de cette même direction. Le 29 Avril, entre trente et quarante Prayer Warriors ont donc sollicité la tenue d’une réunion extraordinaire pour discuter de ces revendications. Ces doléances, aussi légitimes soient-elle, ont été interprétées comme un acte subversif en bande organisée ; d’où le placement de Paul Not Afraid et de dix de ses frères au mitard, et l'enquête dont ils font l’objet. Soutenez les Prayer Warriors en envoyant la lettre aux adresses indiquées. Nous devons faire savoir aux autorités de la prison d’État du Montana que leurs agissements sont connus et condamnés par l’opinion publique. Jean-Luc Péron (Thunder Hearts Association) |
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