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RETOUR AU BULLETIN | COMMISSION GUYANE Par un courrier adressé à l’administration et daté du 24 janvier 2005, les Chefs coutumiers du Sud, Joseph Joachim et Amaïpoti Twenke ont annoncé leur opposition à la création du Parc national au sud de la Guyane. Les raisons profondes qui expliquent cette prise de position - au-delà des motifs indiqués - sont certainement très complexes. Elles dépassent sans doute le champ de compétence du Comité de pilotage : aussi peut-on s’interroger sur la façon dont la Mission parc de Guyane va donner suite au projet dans les prochaines semaines. Sa directrice, Patricia Caristan a cependant déclaré que « les discussions avec les populations vont se poursuivre normalement comme prévu jusqu’en septembre prochain ». Dans l’immédiat, c’est le ministre du tourisme qui est intervenu. Léon Bertrand, qui est pourtant membre du Comité de pilotage depuis sa création (voici donc un mandat de plus), se prend soudain à constater les contraintes qu’exerceront les mesures de protection de l’environnement sur les modes de vie des "populations concernées" : les activités de chasse, de pêche et d’abattis seront en effet réglementées. Sans vergogne il propose à titre de compensation que l’Europe leur fournisse l’eau potable, l’électricité et autres "commodités" qui leur font défaut ! La chose est doublement choquante : Il est choquant de constater que des droits élémentaires qui ont été déniés depuis longtemps à ces citoyens de la République sont brandis à seule fin de marchandage, et pour tirer l’administration de l’embarras. Le souci du gouvernement est de mener à bien l’engagement que la France a pris au sommet de Rio en 1992. Quant à Léon Bertrand, qui a été député de la circonscription pendant plus de seize années, s’est-t-il une seule fois inquiété de la détresse des Communautés isolées ? Il est choquant (et très inquiétant) d’entendre que la France n’a pas les moyens de résoudre les difficultés matérielles de ses administrés du Sud (de l’aveu du ministre lui-même) et doit s’en remettre à l’Europe dont elle est déjà si largement redevable (400 millions d’euros pour l’actuel Contrat de plan attribués à la Guyane au titre, précisément, de la solidarité). On apprend dans France Guyane (13/04/2005) que « Paris est en train de présenter un dossier de demande d’aide à Bruxelles ». Inattendu, et surtout : invérifiable ! Les amérindiens de Twenke, Taluwhen n’avaient pas d’eau potable depuis deux ans car les pouvoirs publics ne faisaient pas leur devoir. C’est l’intervention de quelques enseignants, de certains personnels de santé et finalement la mobilisation des Verts et de l’association Attac qui les ont forcés à réagir. Mais les sociétés traditionnelles (amérindiennes ou noirs-marronnes) vivent des difficultés dans mille autres domaines, difficultés qui laissent les décideurs publics indifférents. Qu’un petit grain de sable s’insère dans un grand projet d’état, et le gouvernement dépêche immédiatement le premier de ses illusionnistes qui, entré en scène, sort de son chapeau la solution miracle : puisque la France est trop pauvre, c’est l’Europe qui viendra au secours des déshérités. Les amérindiens se méfient-ils du parc ? La manœuvre de Léon Bertrand est évidemment destinée à faire croire que le gouvernement se préoccupe de la vie matérielle de ces citoyens du grand Sud, à les amadouer une fois encore pour espérer infléchir cette prise de position bien embarrassante. Encore une fois nos décideurs, que ce soit au niveau national ou local naviguent à vue, sans réflexion, sans projets, sans tenir compte d’aucune observation ni d’aucun enseignement. Qu’ils s’inquiètent : les amérindiens sont repus des promesses stériles. Brigitte Wyngaarde, Porte Parole de la fédération Tamanoir les Verts Guyane |
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