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Guyane
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La COICA (Coordination des Organisations Indigènes du Bassin Amazonien) est une importante organisation qui regroupe les neuf associations amérindiennes des pays qui ont en partage la forêt amazonienne : Brésil, Bolivie, Équateur, Pérou, Colombie, Venezuela, Guyana, Surinam et Guyane française. Tous les quatre ans, est organisé un Congrès qui élit de nouveaux dirigeants, définit les orientations politiques et les axes de travail pour les années à venir et, enfin, désigne l’association qui organisera le Congrès suivant. C’est ainsi qu’en 2001, en Colombie, la FOAG (Fédération des Organisations Amérindiennes de Guyane) a été chargée d’accueillir cette rencontre en 2005 dans la commune amérindienne d’Awala-Yalimapo.

   Peu de temps avant le début du Congrès, le Coordinateur Général, ne respectant pas les décisions du Conseil de coordination de mars 2005, qui confirmaient le choix fait quatre ans plus tôt, a entrepris des actions de désinformation et de manipulation pour transférer le lieu de cette rencontre en Bolivie, afin de satisfaire ses intérêts privés et dissimuler des manœuvres douteuses.

   La FOAG a fait des efforts considérables, avec des ressources propres, sans le soutien financier et logistique du Bureau central de la COICA, et le Congrès s’est déroulé comme prévu, du 20 au 25 juin 2005. Un grand bravo à la FOAG ! L’hébergement à l’amérindienne était ravissant, avec les carbets traditionnels (en Amazonie, maisons de bois ouvertes avec des toits en paille, tressée d'une façon extraordinaire), les repas étonnants et délicieux, les personnes chargées de l’intendance fort aimables. Les soirées étaient conviviales et nous avons eu la chance d’être invités à des festivités en compagnie des habitants du village par Daniel William, chef coutumier de Yalimapo, dans le carbet communautaire. Je suis tombée amoureuse d’Awala et de Yalimapo !! Pour l'esthétique traditionnelle du site, l'accueil chaleureux des habitants mais également le respect qu'ils ont de leurs coutumes et de leur langue.

   Plus sérieusement, j’ai pu constater, après avoir lu les statuts, que cette rencontre s’est déroulée en bonne et due forme. Une large majorité (six) d’associations amérindiennes étaient présentes : APA (Guyana) ; CONFENIAE (Équateur) ; CONIVE (Venezuela) ; OIS (Surinam) ; OPIAC (Colombie) et FOAG (Guyane), totalisant plus d’une cinquantaine de délégués légitimement élus selon les statuts de leur propre organisation. Étaient également présents deux membres du Conseil exécutif de la COICA : le Vice-Coordinateur général et la Coordinatrice des droits humains, de l’éducation et de la culture.

   La confusion engendrée par l’ancien Coordinateur Général a eu pour conséquences des journées de travail très longues et fatigantes, où la FOAG s’est beaucoup investie, et la prolongation du Congrès d’une journée. La situation est très grave actuellement pour tous les peuples autochtones de l’Amazonie. Des lignes de travail ont été déterminées pour la nouvelle direction : assurer un relais entre les différentes associations pour coordonner leurs politiques ; exiger le respect des engagements pris par les États ; lutter contre l’exploitation des ressources naturelles dans les territoires amérindiens ; obtenir une représentation visible et reconnue dans les grandes organisations internationales. L'agenda autochtone amazonien, élaboré entre 2002 et 2004 par l'ensemble des associations, qui ont étudié chacune différents thèmes, doit être développé et mis en pratique.

   Les nouveaux dirigeants de la COICA ont été élus par consensus, dans une ambiance sereine :

  • Coordinateur Général : Jocelyn Thérèse (FOAG)
  • Vice-Coordinateur Général : Luis Vargas Canelos (CONFENIAE)
  • Coordinateur des droits humains, de l’éducation et de la culture : Kid James (APA)
  • Coordinateur de l’économie : Luis Enrique Gonzales (CONIVE)
  • Coordinateur des territoires et ressources naturelles : Gustavo de Jesus Lopez Furia (OPIAC)

   Le Congrès s’est clôturé par une fête, dans l’allégresse des participants, de nouveau confiants dans le futur de la COICA, mais avec un pincement au cœur à l’idée de se séparer après cette semaine passée ensemble.

Janine Vidal

UN ESPRIT S'EN EST ALLÉ

C’est avec quelque retard et beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès d’Étienne Couchili, père de Ti’iwan Couchili-Maurel, que nous avons eu le plaisir d’accueillir lors de la Journée d’octobre l’année dernière.

Outre le chagrin qu'elle représente pour Ti’iwan et sa famille, cette disparition est un drame pour la nation Teko (nommé Émérillon par les colonisateurs), qui n’existe qu’en Guyane. En effet, Étienne Couchili, qui vivait à Élahé sur le Haut-Maroni, était le seul pagè (chamane) de son peuple. Particulièrement réputé dans toute la région, il avait des connaissances extraordinaires qu’il n’a pas eu le temps de transmettre. L’initiation est en effet un apprentissage difficile qui demande de nombreuses années de persévérance, de longs séjours en forêt, le respect d’interdits, etc.

Ti’iwan a cependant pu recueillir de nombreux chants traditionnels et la connaissance de quelques plantes médicinales, mais c’est fort peu. Ce sont donc les savoirs essentiels à l’existence traditionnelle d’un peuple millénaire qui ont disparu à tout jamais.

Janine Vidal

 

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