Musée
quai Branly
L'impossible évolution des conscience ?
À l’heure
où nous écrivons ces lignes, le Musée
du Quai Branly n’est pas encore ouvert et pourtant
il fait déjà la une de la presse écrite
et audiovisuelle. Alors pourquoi renchérir sur une
médiatisation à outrance qui frôle la
propagande ? Parce que, décidément, une mise
en perspective militante est nécessaire... [ lire l'article en entier
]
Western
Shoshone/Nevada La
"Frappe Divine" aura-t-elle lieu ?
Le
Ministère de la Défense des États-Unis
envisage d’utiliser à nouveau le site d’essais
nucléaires du Nevada, situé au cœur du
territoire traditionnel des Western Shoshone. Il ne s’agit
pas cette fois-ci d’essais nucléaires, mais
de la mise au point d’« une arme susceptible
de percer de solides formations rocheuses sous lesquelles
un pays pourrait entreposer des têtes nucléaires
ou autres armes de destruction massive ». Cette bombe,
qui pèse 700 tonnes, est cinq fois plus puissante
que la célèbre "Mother Bomb" qui
avait été testée en 2003, peu avant
le déclenchement de la guerre en Irak. ...
Dakota
du Sud
Bear Butte profanée
Vous
avez été nombreux à suivre
la campagne initiée par la coalition intertribale
Defending Bear Butte et nous vous en remercions. Malheureusement,
la commission du comté de Meade a accordé une
licence d’exploitation pour débit de boissons à Jay
Allen, propriétaire d’un terrain situé en
bordure de Bear Butte. Les travaux de construction de son
immense complexe, s’étendant sur 300 hectares
et réunissant bars et salles de concert, avaient déjà commencé bien
avant le verdict du juge, ce qui laisse supposer que l’issue
du procès était jouée d’avance.
L’endroit est à proximité de la ville
de Sturgis où se déroule tous les ans le plus
grand rassemblement de motards du monde. Jay Allen n’a
pas l’intention d’en rester là et projette
de créer à cet endroit un centre de loisirs
pour motards, qui comprendrait une arène de rodéo.
Plusieurs nations indiennes des Plaines du Nord utilisent
Bear Butte comme un lieu de recueillement et de silence qui
favorise la recherche de visions. Les touristes, souvent
bruyants et irrespectueux, qui circulent et s’installent,
les divers aménagements de loisirs, surtout s’ils
impliquent la consommation d’alcool, mettent en péril
le caractère sacré de la montagne. Certaines
zones ont pu être rachetées par des tribus.
Ainsi, les Cheyenne du Nord possèdent 280 hectares
qu’ils utilisent pour l’éducation culturelle
et spirituelle des jeunes. Leur conseil tribal a porté plainte
pour l’atteinte portée à l’environnement
et la vente d’alcool. « J’appartiens à une
culture qui respecte les droits collectifs. Vous, vous ne
parlez que du droit de la propriété privée » dit
Rosalie Little Thunder, Lakota, en s’adressant aux
membres de la commission. Plusieurs nations indiennes ont
demandé la création d’une zone de 3 km
de large autour de Bear Butte d’où serait exclu
tout débit de boisson. On leur a répondu qu’il
faudrait alors installer la même zone d’exclusion
autour des églises, ce qui paraît impossible.
Environ 500 personnes, Amérindiens mais aussi résidents,
se sont rassemblées à Bear Butte, puis devant
le tribunal du comté de Meade, pour protester contre
la licence d’exploitation accordée à Jay
Allen. Arvol Looking Horse, gardien de la Pipe sacrée
des Lakota, y a pris la parole pour dénoncer l’agression
dont était encore une fois victime la spiritualité amérindienne.
La lutte continue à Bear Butte ! Un grand rassemblement,
réunissant – entre autres – Cheyenne,
Lakota et Arapaho, aura lieu à partir du 1er août
prochain et pour une durée d’un mois, afin d’élaborer
une stratégie pour sauver les terres sacrées.
Une délégation, à cheval, traversera
les différentes réserves des Plaines et a prévu
d’arriver à Bear Butte le 3 août, précisément
le jour où le rallye des motards de Sturgis doit commencer.
Frontière
américano-mexicaine
"C'est la frontière qui nous a traversés"
Le
10 avril dernier a été marqué, dans
de nombreuses villes américaines, par d’importantes
manifestations de citoyens américains d’origine
hispanique, pour la plupart originaires du Mexique. Ils protestaient
contre une loi votée par la Chambre des Représentants
(HB 4437) qui durcit les mesures contre les "immigrants
illégaux", estimés à près
de 11 millions sur les quelques 40 millions d’Américains
hispanophones, la plus forte minorité aux États-Unis.
L’essentiel des rassemblements a eu lieu à Los
Angeles, mais de nombreux manifestants se sont également
réunis à Tucson (Arizona) pour dénoncer
la politique anti immigrés et surtout protester contre
les graves incidents qui se produisent à la frontière
américano-mexicaine...
Etats
Unis
Vers une diminution des budgets indiens
D'après
un récent rapport de la Maison Blanche, les Indiens
vont perdre plus de 160 millions de dollars dans leurs
budgets de santé et d'éducation avec le
nouveau plan de dépenses du Président Bush.
Quelques jours après avoir annoncé le projet
de l'année fiscale 2007, le Bureau de l'Administration
et du Budget (OMB) a proposé une liste de 141
programmes pouvant être diminués ou supprimés.
Six d’entre eux concernent les Indiens...
Réserve
des Six Nations/Ontario Canada
Un combat pour la terre
À l’aube du 20 avril 2006, un raid de la police canadienne a été lancé contre
un groupe de citoyens des Six Nations iroquoises, qui occupait depuis près
de deux mois un site contesté près d’Ohsweken. Une dizaine
d’arrestations a eu lieu et plusieurs blessés ont été hospitalisés.
La nouvelle s’est rapidement répandue, par radio et par Internet,
dans la communauté de 22 000 personnes qui vit sur la réserve.
Deux heures plus tard, un millier d’Iroquois a repoussé les policiers,
qui se sont alors regroupés à distance, avec des effectifs renforcés.
Un conflit territorial est à l’origine de cette action. Les Iroquois
protestent contre la vente d’un terrain de 2 500 hectares appelé Douglas
Creek Estate, près de la ville de Caledonia, à Henco Industries,
un promoteur privé qui compte réaliser une vaste opération
mobilière... [ lire l'article en entier ]
Canada
Les victimes des Residential Schools indemnisées
Après de nombreux ajournements, le conflit des Residential
Schools, sombre chapitre de l'histoire du Canada, a enfin trouvé une conclusion
: des indemnités vont être allouées aux 80 000 Indiens qui
ont été contraints d'étudier dans le système national
d'écoles financé par le gouvernement. Le but de ces écoles était
de faire perdre leur culture aux enfants autochtones en les privant de leurs
racines. Ils ne pouvaient garder les cheveux longs et étaient sévèrement
punis s'ils parlaient leur langue ou pratiquaient leur religion. Beaucoup d'entre
eux y ont subi des sévices physiques et sexuels. Cette entreprise d'assimilation
forcée a duré plus d'un siècle, jusqu'aux années
19801.
Les négociateurs du gouvernement canadien, des peuples autochtones et
des Églises qui ont administré ces Residential Schools se sont
mis d'accord pour qu’1,9 milliard de dollars canadiens (soit 1,7 milliard
de dollars américains) soient payés à titre de dédommagement
aux victimes de ces écoles. Les paiements débuteront l'année
prochaine mais ils pourraient être accélérés pour
les vieillards et les malades.
L'accord octroie une moyenne de 21 000 dollars à chaque survivant de ces écoles.
Il prévoit aussi le versement d’environ 111 millions de dollars
pour financer, d’une part une fondation qui favoriserait les thérapies
traditionnelles indiennes, d’autre part une commission, Truth and reconciliation,
qui recueillera les témoignages des victimes. Si le Cabinet Fédéral
canadien et les Cours doivent encore approuver cet accord, cette validation est
considérée comme une formalité.
Robert Pac
1) Voir le film de Jo Béranger et Doris Buttignol, Voyage en mémoires
indiennes
Source : New York Times in International Herald Tribune, 28 avril 2006
Alaska
Le Refuge National Arctique pour la Vie Sauvage à nouveau menacé
Devant
la pression de l'opinion publique américaine face
au prix de l'essence (3 dollars le gallon) et à la
dépendance aux pays exportateurs, la Chambre des
Représentants a voté pour ouvrir le Refuge
National Arctique pour la Vie Sauvage aux forages pétroliers.
On sait que le soutien du Sénat à la préservation
de ce territoire est très aléatoire (cf Lettre
de Nitassinan n° 31).
Les partisans des forages avancent que le Refuge produirait
un million de barils de pétrole domestique par jour,
ce qui réduirait les importations. Les opposants affirment
que les forages seraient néfastes pour les caribous,
les ours polaires et les oiseaux migrateurs (mais ne parlent
pas beaucoup des hommes, les autochtones qui y vivent). Ils
soutiennent que le Congrès doit rechercher des sources
d'énergie alternatives qui permettraient d’économiser
plus de pétrole que le Refuge n'en produirait.
Par 225 voix contre 201, la Chambre des Représentants
a adopté une requête à l'adresse du Département
de l'Intérieur, lui demandant d'accorder des concessions
pour des forages dans la bande côtière du Refuge.
On escompte y produire environ 11 milliards de barils de pétrole.
L'exploitation du Refuge, approuvée à cinq reprises
par la Chambre des Représentants, a été repoussée à chaque
fois grâce au Sénat. Les membres de ce dernier
qui sont partisans des forages n'ont jamais pu rassembler les
60 votes dont ils ont besoin pour que le Refuge s’ouvre à l’exploitation
pétrolière. Il y a toujours danger !
Bolivie
L'ère du pillage révolue ?
Le
premier mai, de retour d'un week-end à la Havane
où il a rencontré Fidel Castro, Evo Morales
a décrété la nationalisation des hydrocarbures
en Bolivie, honorant ainsi de manière spectaculaire
la promesse essentielle de sa campagne électorale.
Lors d'une cérémonie à Carapari, dans
le sud du pays, le président bolivien a annoncé que
les gisements d'hydrocarbures étaient restitués à la
compagnie publique nationale YPFB...
Big
Mountain L’étau se resserre sur Big Mountain
Le
projet de loi S.10003 (cf Lettre
n° 32) a été voté à l’unanimité par
le Sénat le 2 mai dernier. C’est maintenant à la
commission aux ressources énergétiques de
la Chambre des représentants de se prononcer, avant
octobre 2006. Passé ce délai, le projet de
loi sera annulé.
Si la commission promulgue la loi, les conséquences
seront dramatiques pour les dernières familles résistantes
de Big Mountain qui devront quitter leur territoire ancestral
sans proposition de relogement. Mais le projet de loi est également
catastrophique pour les familles qui ont déjà signé un
accord et qui attendent depuis plusieurs années d’être
relogées ou indemnisées, puisqu’il met
fin à toute responsabilité fédérale
dans cette affaire et annule ainsi tous les engagements préalables.
Les membres du Congrès ont déjà reçu
plus de 180 000 plaintes de la part de plus de 4 000 individus
et associations qui contestent ce projet de loi, pure violation
des droits de l’homme et menace sérieuse pour
l’environnement.
Un DVD a été réalisé, qui réunit
les témoignages de plusieurs résidents de Big
Mountain directement menacés par le projet de loi S.10003,
afin que leur voix soit entendue par le Sénat et la
Chambre des Représentants.
Mapuche
/Chili Une grève de la faim de 63 jours
Le
lundi 13 mars 2006, six prisonniers politiques mapuche
incarcérés à la prison d’Angol,
au Sud du Chili, ont entamé une grève de
la faim pour une durée indéterminée,
afin de dénoncer le caractère arbitraire
et raciste de la condamnation que le tribunal a prononcée à leur
encontre et exiger la révision de leur procès.
Si deux d'entre eux, libérés, ont mis fin à leur
action le 31 mars, les quatre autres l'ont poursuivie pendant
63 jours, stoppée quelques jours puis reprise jusqu'au
26 mai... [ lire l'article en entier ]
Prisonniers
Amérindiens Manuel Redwoman
Manuel
Redwoman, Indien de 38 ans (½ Cheyenne du Nord, ¼ Lakota
et ¼ Arapaho) incarcéré depuis 1998,
a été constamment victime de discrimination
de la part du DOC (Department of Corrections) du Montana.
Sa peine se terminera en 2022 mais, selon la loi de cet État,
il pouvait être libéré sur parole en
2003 ; cependant, il est encore en prison et considéré comme
prisonnier politique par ceux qui le soutiennent dans le
monde entier. Manuel Redwoman a subi à plusieurs
reprises des représailles en raison de son combat
pour les droits fondamentaux de son peuple, dans un environnement
déjà célèbre pour sa discrimination
raciale envers les Amérindiens. [ lire l'article en entier
]
Prisonniers
Amérindiens
Rencontre avec Manuel Tomas Lujan
Manuel
Tomas Lujan, âgé de 46 ans, est incarcéré depuis
27 ans à Florence, dans la prison d'État
d'Arizona. En 1980, devenu aux yeux du DOC (Department
of Correction) un activiste dérangeant au sein de
la population générale, il est placé en
sécurité maximum. Depuis, totalement isolé du
monde extérieur, il est soumis à des conditions
d'incarcération inhumaines qui, en 1996, ont menacé sa
santé physique et mentale. Il fait à cette époque
une tentative de suicide, dont il a dû gérer
seul les conséquences. Je rentre d'un voyage aux États-Unis,
pendant lequel j'ai pu lui rendre visite, en quartier de
Haute Sécurité... [ lire l'article en entier ]
Guyane
Cambior versus Parc Naturel Régional
Comme
nous l’écrivions dans la dernière Lettre,
depuis le début du mois de janvier, les Amérindiens
de Guyane, et la communauté palikur principalement,
sont mobilisés contre l’exploitation industrielle
aurifère d’une mine à ciel ouvert sur
la commune de Roura, par la société CBJ-Caïman,
filiale de la multinationale canadienne Cambior... [ lire l'article en entier ]