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Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques
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  L A  L E T T R E  N ° 3 3 - A V R I L   M A I   J U I N   2 0 0 6

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 SOMMAIRE  EXTRAIT
Musée quai Branly
L'impossible évolution des conscience ?
À l’heure où nous écrivons ces lignes, le Musée du Quai Branly n’est pas encore ouvert et pourtant il fait déjà la une de la presse écrite et audiovisuelle. Alors pourquoi renchérir sur une médiatisation à outrance qui frôle la propagande ? Parce que, décidément, une mise en perspective militante est nécessaire...
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Western Shoshone/Nevada
La "Frappe Divine" aura-t-elle lieu ?
Le Ministère de la Défense des États-Unis envisage d’utiliser à nouveau le site d’essais nucléaires du Nevada, situé au cœur du territoire traditionnel des Western Shoshone. Il ne s’agit pas cette fois-ci d’essais nucléaires, mais de la mise au point d’« une arme susceptible de percer de solides formations rocheuses sous lesquelles un pays pourrait entreposer des têtes nucléaires ou autres armes de destruction massive ». Cette bombe, qui pèse 700 tonnes, est cinq fois plus puissante que la célèbre "Mother Bomb" qui avait été testée en 2003, peu avant le déclenchement de la guerre en Irak. ...

 

Dakota du Sud
Bear Butte profanée
Vous avez été nombreux à suivre la campagne initiée par la coalition intertribale Defending Bear Butte et nous vous en remercions. Malheureusement, la commission du comté de Meade a accordé une licence d’exploitation pour débit de boissons à Jay Allen, propriétaire d’un terrain situé en bordure de Bear Butte. Les travaux de construction de son immense complexe, s’étendant sur 300 hectares et réunissant bars et salles de concert, avaient déjà commencé bien avant le verdict du juge, ce qui laisse supposer que l’issue du procès était jouée d’avance. L’endroit est à proximité de la ville de Sturgis où se déroule tous les ans le plus grand rassemblement de motards du monde. Jay Allen n’a pas l’intention d’en rester là et projette de créer à cet endroit un centre de loisirs pour motards, qui comprendrait une arène de rodéo.
Plusieurs nations indiennes des Plaines du Nord utilisent Bear Butte comme un lieu de recueillement et de silence qui favorise la recherche de visions. Les touristes, souvent bruyants et irrespectueux, qui circulent et s’installent, les divers aménagements de loisirs, surtout s’ils impliquent la consommation d’alcool, mettent en péril le caractère sacré de la montagne. Certaines zones ont pu être rachetées par des tribus. Ainsi, les Cheyenne du Nord possèdent 280 hectares qu’ils utilisent pour l’éducation culturelle et spirituelle des jeunes. Leur conseil tribal a porté plainte pour l’atteinte portée à l’environnement et la vente d’alcool. « J’appartiens à une culture qui respecte les droits collectifs. Vous, vous ne parlez que du droit de la propriété privée » dit Rosalie Little Thunder, Lakota, en s’adressant aux membres de la commission. Plusieurs nations indiennes ont demandé la création d’une zone de 3 km de large autour de Bear Butte d’où serait exclu tout débit de boisson. On leur a répondu qu’il faudrait alors installer la même zone d’exclusion autour des églises, ce qui paraît impossible.
Environ 500 personnes, Amérindiens mais aussi résidents, se sont rassemblées à Bear Butte, puis devant le tribunal du comté de Meade, pour protester contre la licence d’exploitation accordée à Jay Allen. Arvol Looking Horse, gardien de la Pipe sacrée des Lakota, y a pris la parole pour dénoncer l’agression dont était encore une fois victime la spiritualité amérindienne.
La lutte continue à Bear Butte ! Un grand rassemblement, réunissant – entre autres – Cheyenne, Lakota et Arapaho, aura lieu à partir du 1er août prochain et pour une durée d’un mois, afin d’élaborer une stratégie pour sauver les terres sacrées. Une délégation, à cheval, traversera les différentes réserves des Plaines et a prévu d’arriver à Bear Butte le 3 août, précisément le jour où le rallye des motards de Sturgis doit commencer.

Monique Hameau / Sophie Gergaud

Sources : Indian Country Today
Association Owe Aku : www.bringbacktheway.com
Coalition Defending Bear Butte : www.defendbearbutte.org

 

Frontière américano-mexicaine
"C'est la frontière qui nous a traversés"
Le 10 avril dernier a été marqué, dans de nombreuses villes américaines, par d’importantes manifestations de citoyens américains d’origine hispanique, pour la plupart originaires du Mexique. Ils protestaient contre une loi votée par la Chambre des Représentants (HB 4437) qui durcit les mesures contre les "immigrants illégaux", estimés à près de 11 millions sur les quelques 40 millions d’Américains hispanophones, la plus forte minorité aux États-Unis. L’essentiel des rassemblements a eu lieu à Los Angeles, mais de nombreux manifestants se sont également réunis à Tucson (Arizona) pour dénoncer la politique anti immigrés et surtout protester contre les graves incidents qui se produisent à la frontière américano-mexicaine...

 

Etats Unis
Vers une diminution des budgets indiens

D'après un récent rapport de la Maison Blanche, les Indiens vont perdre plus de 160 millions de dollars dans leurs budgets de santé et d'éducation avec le nouveau plan de dépenses du Président Bush. Quelques jours après avoir annoncé le projet de l'année fiscale 2007, le Bureau de l'Administration et du Budget (OMB) a proposé une liste de 141 programmes pouvant être diminués ou supprimés. Six d’entre eux concernent les Indiens...

 

Réserve des Six Nations/Ontario Canada
Un combat pour la terre

À l’aube du 20 avril 2006, un raid de la police canadienne a été lancé contre un groupe de citoyens des Six Nations iroquoises, qui occupait depuis près de deux mois un site contesté près d’Ohsweken. Une dizaine d’arrestations a eu lieu et plusieurs blessés ont été hospitalisés. La nouvelle s’est rapidement répandue, par radio et par Internet, dans la communauté de 22 000 personnes qui vit sur la réserve. Deux heures plus tard, un millier d’Iroquois a repoussé les policiers, qui se sont alors regroupés à distance, avec des effectifs renforcés.
Un conflit territorial est à l’origine de cette action. Les Iroquois protestent contre la vente d’un terrain de 2 500 hectares appelé Douglas Creek Estate, près de la ville de Caledonia, à Henco Industries, un promoteur privé qui compte réaliser une vaste opération mobilière...
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Canada
Les victimes des Residential Schools indemnisées

Après de nombreux ajournements, le conflit des Residential Schools, sombre chapitre de l'histoire du Canada, a enfin trouvé une conclusion : des indemnités vont être allouées aux 80 000 Indiens qui ont été contraints d'étudier dans le système national d'écoles financé par le gouvernement. Le but de ces écoles était de faire perdre leur culture aux enfants autochtones en les privant de leurs racines. Ils ne pouvaient garder les cheveux longs et étaient sévèrement punis s'ils parlaient leur langue ou pratiquaient leur religion. Beaucoup d'entre eux y ont subi des sévices physiques et sexuels. Cette entreprise d'assimilation forcée a duré plus d'un siècle, jusqu'aux années 19801.
Les négociateurs du gouvernement canadien, des peuples autochtones et des Églises qui ont administré ces Residential Schools se sont mis d'accord pour qu’1,9 milliard de dollars canadiens (soit 1,7 milliard de dollars américains) soient payés à titre de dédommagement aux victimes de ces écoles. Les paiements débuteront l'année prochaine mais ils pourraient être accélérés pour les vieillards et les malades.
L'accord octroie une moyenne de 21 000 dollars à chaque survivant de ces écoles. Il prévoit aussi le versement d’environ 111 millions de dollars pour financer, d’une part une fondation qui favoriserait les thérapies traditionnelles indiennes, d’autre part une commission, Truth and reconciliation, qui recueillera les témoignages des victimes. Si le Cabinet Fédéral canadien et les Cours doivent encore approuver cet accord, cette validation est considérée comme une formalité.

Robert Pac

1) Voir le film de Jo Béranger et Doris Buttignol, Voyage en mémoires indiennes

Source : New York Times in International Herald Tribune, 28 avril 2006

 

Alaska
Le Refuge National Arctique pour la Vie Sauvage à nouveau menacé

Devant la pression de l'opinion publique américaine face au prix de l'essence (3 dollars le gallon) et à la dépendance aux pays exportateurs, la Chambre des Représentants a voté pour ouvrir le Refuge National Arctique pour la Vie Sauvage aux forages pétroliers. On sait que le soutien du Sénat à la préservation de ce territoire est très aléatoire (cf Lettre de Nitassinan n° 31).
Les partisans des forages avancent que le Refuge produirait un million de barils de pétrole domestique par jour, ce qui réduirait les importations. Les opposants affirment que les forages seraient néfastes pour les caribous, les ours polaires et les oiseaux migrateurs (mais ne parlent pas beaucoup des hommes, les autochtones qui y vivent). Ils soutiennent que le Congrès doit rechercher des sources d'énergie alternatives qui permettraient d’économiser plus de pétrole que le Refuge n'en produirait.
Par 225 voix contre 201, la Chambre des Représentants a adopté une requête à l'adresse du Département de l'Intérieur, lui demandant d'accorder des concessions pour des forages dans la bande côtière du Refuge. On escompte y produire environ 11 milliards de barils de pétrole.
L'exploitation du Refuge, approuvée à cinq reprises par la Chambre des Représentants, a été repoussée à chaque fois grâce au Sénat. Les membres de ce dernier qui sont partisans des forages n'ont jamais pu rassembler les 60 votes dont ils ont besoin pour que le Refuge s’ouvre à l’exploitation pétrolière. Il y a toujours danger !

 

Bolivie
L'ère du pillage révolue ?

Le premier mai, de retour d'un week-end à la Havane où il a rencontré Fidel Castro, Evo Morales a décrété la nationalisation des hydrocarbures en Bolivie, honorant ainsi de manière spectaculaire la promesse essentielle de sa campagne électorale. Lors d'une cérémonie à Carapari, dans le sud du pays, le président bolivien a annoncé que les gisements d'hydrocarbures étaient restitués à la compagnie publique nationale YPFB...

 

Big Mountain
L’étau se resserre sur Big Mountain

Le projet de loi S.10003 (cf Lettre n° 32) a été voté à l’unanimité par le Sénat le 2 mai dernier. C’est maintenant à la commission aux ressources énergétiques de la Chambre des représentants de se prononcer, avant octobre 2006. Passé ce délai, le projet de loi sera annulé.
Si la commission promulgue la loi, les conséquences seront dramatiques pour les dernières familles résistantes de Big Mountain qui devront quitter leur territoire ancestral sans proposition de relogement. Mais le projet de loi est également catastrophique pour les familles qui ont déjà signé un accord et qui attendent depuis plusieurs années d’être relogées ou indemnisées, puisqu’il met fin à toute responsabilité fédérale dans cette affaire et annule ainsi tous les engagements préalables.
Les membres du Congrès ont déjà reçu plus de 180 000 plaintes de la part de plus de 4 000 individus et associations qui contestent ce projet de loi, pure violation des droits de l’homme et menace sérieuse pour l’environnement.
Un DVD a été réalisé, qui réunit les témoignages de plusieurs résidents de Big Mountain directement menacés par le projet de loi S.10003, afin que leur voix soit entendue par le Sénat et la Chambre des Représentants.

 

Mapuche /Chili
Une grève de la faim de 63 jours

Le lundi 13 mars 2006, six prisonniers politiques mapuche incarcérés à la prison d’Angol, au Sud du Chili, ont entamé une grève de la faim pour une durée indéterminée, afin de dénoncer le caractère arbitraire et raciste de la condamnation que le tribunal a prononcée à leur encontre et exiger la révision de leur procès. Si deux d'entre eux, libérés, ont mis fin à leur action le 31 mars, les quatre autres l'ont poursuivie pendant 63 jours, stoppée quelques jours puis reprise jusqu'au 26 mai...
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Prisonniers Amérindiens 
Manuel Redwoman

Manuel Redwoman, Indien de 38 ans (½ Cheyenne du Nord, ¼ Lakota et ¼ Arapaho) incarcéré depuis 1998, a été constamment victime de discrimination de la part du DOC (Department of Corrections) du Montana. Sa peine se terminera en 2022 mais, selon la loi de cet État, il pouvait être libéré sur parole en 2003 ; cependant, il est encore en prison et considéré comme prisonnier politique par ceux qui le soutiennent dans le monde entier. Manuel Redwoman a subi à plusieurs reprises des représailles en raison de son combat pour les droits fondamentaux de son peuple, dans un environnement déjà célèbre pour sa discrimination raciale envers les Amérindiens.
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Prisonniers Amérindiens 
Rencontre avec Manuel Tomas Lujan
 

Manuel Tomas Lujan, âgé de 46 ans, est incarcéré depuis 27 ans à Florence, dans la prison d'État d'Arizona. En 1980, devenu aux yeux du DOC (Department of Correction) un activiste dérangeant au sein de la population générale, il est placé en sécurité maximum. Depuis, totalement isolé du monde extérieur, il est soumis à des conditions d'incarcération inhumaines qui, en 1996, ont menacé sa santé physique et mentale. Il fait à cette époque une tentative de suicide, dont il a dû gérer seul les conséquences. Je rentre d'un voyage aux États-Unis, pendant lequel j'ai pu lui rendre visite, en quartier de Haute Sécurité...
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Guyane
Cambior versus Parc Naturel Régional
Comme nous l’écrivions dans la dernière Lettre, depuis le début du mois de janvier, les Amérindiens de Guyane, et la communauté palikur principalement, sont mobilisés contre l’exploitation industrielle aurifère d’une mine à ciel ouvert sur la commune de Roura, par la société CBJ-Caïman, filiale de la multinationale canadienne Cambior...
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