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 SOMMAIRE  EXTRAIT
ONU 24ème session / Genève
Groupe de Travail sur les Populations Autochtones
Cette 24ème session, qui a eu lieu du 31 juillet au 04 août 2006, prend une importance particulière du fait des réformes intervenues au sein des Nations Unies. La Commission des Droits de l’Homme, qui existait depuis soixante ans, a disparu en quatre mois pour laisser place au Conseil des Droits de l’Homme, créé le 15 mars dernier. Dans ce cadre, se posé la question du devenir du Groupe de Travail sur les Populations Autochtones (GTPA). Nous sommes donc à un moment clé où tous les mandats sont remis au Conseil des Droits de l’Homme...
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FIPAU / Pau
Le Forum International des Peuples Autochtones Unis
C’est du 19 au 25 juin dernier que s’est déroulé le FIPAU dans le parc Beaumont de Pau ; qui aura accueilli entre 300 et 400 personnes par jour, autour de concerts, tables rondes et ateliers, sur l’initiative de Véronique et Frédéric Hadengue (fondateurs du projet) et avec le soutien de la municipalité de Pau et de feu M. le Sénateur-Maire André Labarère, récemment disparu...

 

Violation des Droits de L’Homme aux États-Unis
International Indian Treaty Council
Communiqué de presse
San Francisco, Californie, 28 juillet 2006
La Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies a publié aujourd'hui ses conclusions et ses recommandations à l'adresse des États-Unis, relatives à leurs obligations par rapport à la Convention Internationale sur les Droits Civils et Politiques.
La Commission a pris note des préoccupations exprimées par l'International Indian Treaty Council et plusieurs autres Organisations Non Gouvernementales par rapport aux peuples indigènes. Ces préoccupations concernent le refus des titres aborigènes aux indigènes américains, en application du principe constitutionnel des États-Unis que la commission a rappelé : "les droits tribaux de propriété peuvent être abolis par la pleine autorité du Congrès, sans procès ni compensations équitables."
Rappelant les précédentes recommandations adressées aux États-Unis relatives aux aspects du nommé "Principe de Gestion des Terres Indiennes" (Trust Doctrine), qui ont toutes été ignorées, la Commission rappelle une nouvelle fois aux États-Unis "qu'ils doivent revoir leur politique concernant les peuples indigènes, telle l'abolition des droits indigènes sur la base des pleins pouvoirs du Congrès, et qu'ils doivent leur accorder le même degré de protection juridique qu'à la population non-indigène." Cela doit garantir les droits de tous les peuples indigènes en application des articles 1 et 17 de la Convention, qui leur donnent un plus grand pouvoir de décision concernant leur environnement naturel et leurs moyens de subsistance ainsi que le respect de leur propre culture.
L'article 1 reconnaît le droit à l'autodétermination de tous les peuples, y compris les peuples indigènes. Il interdit le refus de moyens de subsistance et leur accorde le droit de contrôler leurs propres affaires. L'article 27 leur garantit le droit de pratiquer leurs propres langue, culture et religion et inclut l'usage et le contrôle de leur terre par les peuples indigènes. […]
La Commission a également noté avec intérêt l'interprétation unilatérale de l'administration américaine, qui limite ces obligations de respecter les Droits de l'Homme uniquement à l'intérieur du territoire des États-Unis. La Cour Internationale de Justice a rappelé que ces obligations s'appliquent à tous les endroits sous sa juridiction. Les États-Unis ont signé et ratifié cet important traité multilatéral sur les Droits de l'Homme en 1992, s’engageant ainsi à le respecter tel que défini dans la Convention et placé sous la supervision de la Commission de Droits de l'Homme pour son interprétation et son application.

Traduction : Robert Pac

Hawaï
Refus d'un statut spécial par le Sénat américain
Le jeudi 8 juin, jour anniversaire de Kamechameha, le roi qui a réalisé l'unité des îles il y a près de 200 ans, le peuple indigène hawaïen demeurait dans l'attente de savoir si le gouvernement fédéral allait prononcer sa reconnaissance. La fête a été assombrie par l'annonce que le Sénat avait repoussé le projet de loi qui leur aurait accordé le même statut légal qu'aux Indiens des États-Unis et aux indigènes d'Alaska. Ce projet n'a pas obtenu les 60 suffrages requis pour en permettre la discussion. Il a été repoussé par 56 voix contre 41, émanant des Républicains.
Cela fait près de six ans que le sénateur démocrate d’Hawaï, Daniel Akaka, a présenté pour la première fois ce projet de loi connu dans les îles comme la loi Akaka. Modifié en juillet 2000, sous le nom de Réorganisation du Gouvernement Indigène Hawaïen, il propose la création d'un corps gouvernemental pour les indigènes hawaïens, qui sont estimés à 400 000 dans tous les États-Unis. Ce nouveau gouvernement aurait le pouvoir de négocier, avec les autorités fédérales et d'État, la mise à disposition de milliers d'acres de terres et d'autres ressources que le gouvernement fédéral s'est appropriés quand il a annexé les îles en 1898.
Les partisans de cette loi avancent qu'elle est nécessaire pour protéger la culture indigène et mettre en œuvre des programmes en faveur des indigènes. Les adversaires du projet, par ailleurs majoritairement des gros propriétaires fonciers, soutiennent qu'il est fondé sur des bases raciales et qu'il pourrait conduire à la sécession. Partisans et adversaires du projet sont en désaccord pour demander qu'il soit rediscuté lors de la session actuelle du Sénat ou lors de la suivante.

Robert Pac
Source : New York Times in International Herald Tribune, 12 juin 2006.

 

Bear Butte / Dakota du Sud
Sommet des Nations Autochtones

Le Sommet des Nations Autochtones, à Bear Butte, dans les Black Hills (Dakota du Sud), organisé en réponse à plusieurs rallyes de moto se déroulant chaque année à Sturgis, a réuni début août des représentants autochtones des trois Amériques ainsi que de nombreuses ONG...
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Sud Dakota
Des leaders tribaux rencontrent le Secrétaire d'État à l'Intérieur

Alex White Plume, président du Conseil tribal oglala sioux depuis le renvoi, en juin, de Cecilia Fire Thunder (première femme à avoir occupé cette charge), a obtenu ce qu'il voulait, le 6 août dernier : une rencontre avec le nouveau Secrétaire d'État à l'Intérieur pour discuter des problèmes auxquels les réserves indiennes sont confrontées. Le Secrétaire, Dick Kempthorne, a convoqué les représentants indiens par une courte note, la veille seulement de la rencontre, pressé qu'il était d'assister le lendemain au rallye moto de Sturgis (Bear Butte, voir Lettre de Nitassinan n° 33) dont il est, en tant que "fana" de moto, un fervent supporter.
Kempthorne, ancien sénateur et gouverneur de l'Idaho, a été nommé au poste de Secrétaire d'État à l'Intérieur en mai dernier. White Plume lui a annoncé qu'il avait 2 000 questions à lui poser, mais qu'il ne lui en poserait que quatre, la plus importante étant celle de la pauvreté dans les réserves. « Sans vous manquer de respect, a-t-il dit à Kempthorne, votre Bureau des Affaires Indiennes (BIA) est une organisation inefficace qui pompe seulement l'argent des tribus. »
White Plume, qui a participé aux actions de protestation contre l'invasion des motos près de Bear Butte (voir p. 7), a demandé au Secrétaire d’agir au niveau fédéral pour la protection des sites sacrés indiens. Kempthorne a écouté attentivement White Plume et les autres leaders indiens et déclaré que certaines des questions évoquées étaient trop importantes pour pouvoir être résolues durant son mandat (deux ans) ! Mais qu'il ferait ce qu'il pourrait ! Il a annoncé qu'il projetait de faire un voyage à travers le comté le mois suivant. Les autres problèmes évoqués comprenaient l'insuffisance des effectifs de police, les budgets d'éducation et la prolifération des drogues. Un autre problème est la sécheresse actuelle dans les Grandes Plaines.

Robert Pac
Source : Rapid City Journal, 07 août 2006

 

Réserve de Pine Ridge / Dakota du Sud
Kili Radio : de retour sur les ondes !

Le 15 août dernier, Kili Radio recevait 123 791 $ de la part du Congrès américain. Le même jour, le Sénateur Tim Johnson apportait également une bonne nouvelle : le programme de communication publique (PTFP) du Ministère de l’Économie et du Commerce faisait un don de 138 653 $ pour que Kili Radio puisse s’équiper en matériel (antenne, lignes de transmission…).
Née en 1983 et émettant depuis Porcupine sur la réserve de Pine Ridge, cette radio lakota indépendante n’avait jamais interrompu ses programmes plus de deux jours consécutifs. En avril dernier, son antenne avait été détruite par un violent orage. Depuis juin, la station n’émettait plus qu’en basses ondes grâce à un transmetteur de 300 watts, au lieu des 100 000 watts habituels. « Les gens nous disent qu’ils n’avaient jamais réalisé à quel point Kili faisait partie de leur vie quotidienne. Ils se sentent isolés de l’actualité locale, la musique leur manque et même les réunions du Conseil tribal ! » expliquait Melanie Janis, directrice de la station de radio.
Afin d’être éligible pour les différentes subventions, Kili Radio a dû récolter 25 % du montant total de la donation du PTFP et 15 % de celle du Congrès. Des associations locales, telles que Empowerment Zone, Oglala Nation Education Coalition et All Tribes Foundation, ainsi que l’État du Dakota du Sud, ont apporté leur contribution. À toute chose malheur est bon : grâce à cette infortune, Kili Radio peut enfin moderniser ses équipements et, une fois l’antenne en place, la diffusion sera à la fois analogique et numérique, garantissant une transmission de meilleure qualité.
Depuis décembre 2005, Kili Radio est disponible à l’échelle internationale grâce à internet.

Sophie Gergaud
Source : The Lakota Country Times, Vol. II Issue 46, 17-23 Août 2006

 

Innu de Pessamit (Québec)
Rencontre avec Raphaël Picard

Le 23 juin dernier, nous avons reçu Raphaël Picard, chef des Innu de Pessamit (côte nord du Québec), qui mènent actuellement un ardent combat juridique contre le gouvernement québécois et l’entreprise Kruger afin que cesse la déforestation de l’île René Levasseur. Par le biais de cette lutte, c’est bien sûr la question essentielle du respect des droits autochtones, tant territoriaux qu’humains, qu'a abordée Raphaël Picard.
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Continent américain
Un "génocide énergétique"

L’exploitation destructrice des terres indigènes, de leurs mines, de leurs forêts, de leurs ressources en eau, conduit à une sorte de "génocide environnemental". Les peuples qui en sont les victimes demandent maintenant des comptes aux compagnies qui ont conduit cette exploitation, aussi bien qu’aux gouvernements qui l’ont encouragée. L’association écologiste indienne Indigenous Environmental Network (IEN) dénonce l’exploitation des territoires indigènes d’Amérique centrale et du Sud par les nations industrialisées, en particulier les USA...

 

Bolivie
Evo Morales lance une réforme constitutionnelle

Les Indiens se sont déplacés en masse à Sucre, le 30 juillet, pour assister à l'inauguration de l'Assemblée Constituante, élue le 2 juillet dernier en vue de rédiger une nouvelle Constitution. Le peuple bolivien, composé en majorité d'autochtones, place tous ses espoirs dans cette nouvelle Constitution...

 

Cusco / Pérou
Premier Congrès de Coordination des Organisations Indigènes

Cinq cents délégués des peuples quechua, aymara, kichwa, mapuche et autres nations indigènes des Andes se sont réunis du 15 au 17 juillet dernier à Cusco (Pérou), l’ancienne capitale de l’Empire inca, pour le premier Congrès de Coordination des Organisations Indigènes. Ils venaient du Pérou, de Colombie, d’Équateur, du Guatemala, d’Argentine et du Chili. L’idée d’une union politique, mais surtout culturelle et spirituelle, entre les divers peuples andins vivant sur le territoire de l’ancien Empire inca, a été longuement discutée...

 

Brésil 
La FUNAÏ officiellement contre les Indiens

La FUNAÏ (Fondation Nationale de l’Indien), qui n’a de fondation que le nom, est un organisme qui relève du Ministère de la justice et dont l’objectif premier est de défendre les droits des Indiens, principalement le droit à la santé et à une éducation différenciée, et tout spécialement la démarcation et la protection de leurs terres. Le mécanisme de délimitation des réserves lui incombe donc, à travers divers processus dont des recherches effectuées par des anthropologues, sur la base notamment de l’occupation ancestrale des territoires). Son président a récemment tenu des propos qui en disent long sur ses véritables intentions.
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Brésil /Yanomami 
Un jugement exceptionnel
 

La plus haute instance du Brésil, le tribunal supérieur fédéral, a confirmé à l’unanimité, le 3 août dernier, la condamnation pour génocide de quatre chercheurs d’or qui avaient assassiné seize Yanomami en 1993.
Lors d’une brutale attaque du village de Haximu, au Venezuela, le long de la frontière avec le Brésil, vingt-deux chercheurs d’or clandestins avaient abattu à coups de machettes des vieillards, des femmes et des enfants.
Les avocats des coupables avaient saisi cette haute cour après des jugements d’inculpation des quatre chefs des orpailleurs à vingt ans de prison pour génocide (sur la base de la Convention des Nations Unies sur le génocide).
C’est une belle victoire pour les Indiens du Brésil qui sont actuellement dans une période difficile.