Paris/France
La journée internationale de
solidarité avec les peuples
indiens des Amériques
Le
12 Octobre est, depuis 1977, la journée internationale
de solidarité avec les peuples indiens des Amériques. En effet, cette
année là, c’était la
première fois que les organisations amérindiennes étaient
réunies aux
Nations Unies, dans le cadre de la conférence des ONG
sur le racisme et
la discrimination des peuples autochtones de l’hémisphère
ouest. Elles ont
alors déclaré le 12 Octobre "Journée
Internationale de Solidarité avec les
Peuples Indiens des Amériques"... [ lire l'article en entier
]
ONU Déclaration
sur les droits des
peuples autochtones
Le
20 juin 2006, le projet de Déclaration sur les Droits
des Peuples
autochtones a été adopté par le Conseil
des Droits de l’Homme des
Nations Unies. Mais ce texte n’est pas celui de la sous-commission,
sur
lequel les représentants autochtones ont travaillé pendant
plus de 20 ans.
Le 18 novembre 2006, l'examen de ce projet de Déclaration
a été ajourné.
Vous trouverez ici exprimée la position de Kenneth Deer,mohawk,
directeur
du journal Eastern Door, favorable à l'adoption de la
Déclaration et qui
reflète l'opinion majoritaire au sein du Groupe de travail
sur l'avant-projet
de Déclaration. Suit un article de Charmaine WhiteFace,
porte-parole du
Teton Sioux Nation Treaty Council, qui exprime une autres ensibilité...
[
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Nation
navajo et ressources naturelles
Les peuples autochtones, déchets de
l’industrie minière ?
Alors
qu’à l’ouverture
du sommet autochtone sur
l’uranium, qui s’est tenu en terre navajo, le
président
Shirley réaffirmait la volonté de son gouvernement
de
maintenir l’exploitation d’uranium hors des frontières
de la réserve, il vient d’autoriser l’ouverture
d’une
nouvelle mine de charbon à Burnham, provoquant la
colère des habitants qui, depuis, bloquent l’accès
au
site grâce à un barrage permanent des routes... [ lire l'article en entier ]
Réserves
hopi et navajo
Fin du Bennett Freeze
En
1966,le gouvernement fédéral a imposé le
Bennett Freeze, interdiction de
construire et d’aménager des habitations en
terre navajo tant que les tribus
navajo et hopi n’arriveraient pas à s’entendre
au sujet de l’accès aux sites
sacrés hopi, situés sur plus de 280 000 hectares
de la réserve navajo occidentale.Pendant quatre décennies,
des milliers de Diné ont dû vivre sans
eau courante ni électricité et, surtout, sans
pouvoir réparer ou agrandir leurs
maisons.Un accord, qui met fin à ce conflit vieux
de 40 ans, a enfin été conclu...
John
Mohawk est mort
John
Mohawk – Sotsisowah – est décédé le
12 décembre à Buffalo, État de New-York,à l’âge de 61 ans. Professeur à l’Université de
cet État, il s’est fait connaître à partir
des
années 1970 comme un ardent défenseur
de la culture des Six Nations et du traditionalisme
indien en général. Seneca de la
réserve de Cattaraugus, il fut l’un des principaux
inspirateurs du militantisme iroquois
de ces trente dernières années. Auteur du
célèbre Appel à la Conscience universelle
(Basic Call to the Consciousness), il écrit en
1977, en collaboration avec des Anciens, des
mères de clan, des leaders des Six Nations
iroquoises, un ouvrage essentiel qui exprime
la capacité de la spiritualité indienne à penser
la globalité du monde. Quelques années
plus tard, il a fait paraître, avec Oren Lyons,
Onondaga, Exilés au Pays de la Liberté (Exiled
in the Land of the Free) qui traite des droits politiques
et culturels des Indiens aux
USA. De 1976 à 1984, John Mohawk a
dirigé Akwesasne Notes, le journal officiel
de la nation mohawk. Il a, jusqu’à sa mort,
collaboré au journal Indian Country Today.
Nation
lumbee / Caroline du Nord
Les Lumbee en lutte pour leur
reconnaissance fédérale
Le
12 juillet 2006,une importante délégation
de Lumbee de Caroline du Nord s'est rendue à
Washington, où la Commission Sénatoriale pour
les Affaires Indiennes devait examiner le
Lumbee Recognition Act, qui leur accorderait une pleine reconnaissance
fédérale.Malheureusement,la Commission des
Affaires Indiennes a repoussé l'examen de cette loi
et ses partisans pensent qu'il ne s'effectuera pas cette
année...
Paris/12octobre 2006
Trudell
Le 12 octobre dernier, à l’occasion de la
Journée
de solidarité avec les Peuples autochtones des
Amériques, le CSIA-Nitassinan a organisé la
première sortie en salle du film Trudell. La présence
de la réalisatrice, Heather Rae (Cherokee), amorçait
ainsi un partenariat sur le long terme grâce à la
sortie du film en DVD, dont le CSIA-Nitassinan a
réalisé et diffuse la version française.
Retour sur la
genèse d’une rencontre passionnante. [ lire l'article en entier ]
Dènè /
Canada
Nouvelle rencontre avec
Adelard Blackman
La
venue imprévue à Paris, au mois d’octobre,
d’Adelard Blackman,
représentant dènè du Canada, a été l’occasion
d’un entretien informel avec
cet orateur hors pair, que nous avions déjà rencontré il
y a un an et demi
et dont le discours a ému chacun de ceux qui assistaient à la
rencontre [
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Nitassinan : décès de Ben Michel
Ben
Michel, président de la nation innu du Labrador,
est mort à l’âge de 53 ans en août
dernier.
Le ministre Prentice a déclaré que les membres
de la nation innu ont perdu un dirigeant
qui parlait avec passion de leur droit à l'autodétermination
et de leurs droits à maîtriser leur
vie et contrôler leurs terres. Le premier ministre de
Terre Neuve et du Labrador, Danny
Williams, a quant à lui souligné ses grandes
qualités de chef. Ben Michel avait été élu
président
de la nation innu, forte de 2 000 membres, en octobre 2004.
On lui attribue les progrès
accomplis, au cours de son mandat, dans le règlement
des revendications territoriales
des Innu. Il a aussi travaillé à assurer leur
participation à la croissance des industries issues
des ressources naturelles. Courant 2006, il s'est rendu à Saint-Jean,
en compagnie de Danny
Williams,pour annoncer l'intention de la province d'accorder
aux Innu une participation financière
dans le projet d'aménagement hydro-électrique
du cours inférieur du fleuve Churchill.
Ben Michel laisse dans le deuil son épouse, Janet, et
quatre enfants.
Leonard
Peltier « Les renseignements détenus par le gouvernement
pourraient me donner la liberté »
[…] Le gouvernement
des États Unis me garde en prison afin de justifier
les abus non seulement contre les
Natifs américains, mais contre quiconque cherche à combattre
les abus criminels tels que ceux commis et/ou
provoqués par le FBI sur la réserve de Pine
Ridge entre 1973 et 1976. Ce pays a lutté et continue à lutter,
non
seulement contre les Natifs américains, mais aussi
contre toute forme de protestation politique intérieure,
au
moyen de programmes […] tels que le bien documenté COINTELPRO
et le Patriot Act, qui ont réduit et
détruit les droits constitutionnels et les libertés
de tous les peuples de ce pays... [
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Oaxaca
/ Mexique La commune libre d’Oaxaca n'est pas morte
Durant
plus de cinq mois, la ville d'Oaxaca, capitale de l’État
du même nom, et, au-delà d'elle, de nombreuses
communes et villes de cet État ont connu une situation
insurrectionnelle, parvenant à remplacer le pouvoir
officiel
par une autogestion portée par l’ensemble des
nombreux participants du mouvement... [
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Bolivie De l’espoir au drame
Du
8 au 12 octobre dernier, s’est tenu à La Paz
le Congrès indigène
continental durant lequel un millier de délégués
indiens venant de tout
le continent américain ont confronté leurs expériences,
leurs projets et
affirmé leur soutien à Evo Morales, élu
président de la république de
Bolivie en décembre 2005. Mais l’optimisme, qui
prévalait durant cette
rencontre quant à l’avenir des peuples indigènes
d’Amérique, a été assombri
par des mouvements sociaux, en particulier le conflit qui a
fait de nombreuses victimes dans une ville minière de
l’Altiplano...
Kankuamo
/ Colombie
Les déplacés de la Sierra Nevada
Depuis
1986, plus de 250 personnes du peuple kankuamo ont été assassinées,
pour l’essentiel au cours de
massacres perpétrés entre 2000 et 2006 par les
paramilitaires colombiens (AUC,Autodéfense Unie de Colombie).
Conséquence directe, environ 400 familles ont fui leur
région d’origine, la Sierra Nevada de Santa Marta,
située
dans le nord-est de la Colombie. Elles ont ainsi dû se
séparer de leur communauté locale, de leur environnement
et
d’une partie de leurs coutumes pour tenter de survivre...
Amazonie
péruvienne Des communautés indiennes
réfugiées dans la forêt
Tentant
d’échapper aux malheurs que leur apporte la "civilisation",
des
peuples indiens vivent cachés dans les forêts
de l’Amazonie péruvienne,
en particulier dans la région de Madre de Dios au sud-est
du Pérou,
près de la frontière bolivienne. Leur retrait
volontaire loin de la société dominante ne les met pas à l’abri
des menaces, voire des agressions,
des "développeurs" de toutes sortes, notamment
pétroliers, exploitants
forestiers. Le journal indien Indian CountryToday a enquêté sur
place...
Hawaï Courrier d’une adhérente
Bonjour à toute l'équipe
de la Lettre de Nitassinan.
Je viens de lire l’entrefilet "Hawaï, refus
d’un statut spécial par le Sénat américain" paru
dans
Nitassinan n° 34. […] J’aimerais rectifier
un peu les choses. En lisant ce texte, on a l’impression
que le rejet de ce projet de loi, connu à Hawaï comme
le Akaka Bill, était une mauvaise
nouvelle, et que le peuple hawaïen le soutenait car il
aurait été une avancée, un pas vers l’autonomie
et la reconnaissance des droits territoriaux et culturels,
pour ce peuple indigène qui, il
est vrai, est le seul vivant à l’intérieur
des frontières des États-Unis à ne pas
avoir un statut légal
et "reconnu" par le gouvernement fédéral.
De même, on a l’impression que les adversaires étaient "majoritairement" des
Républicains et
des propriétaires fonciers, bref, toujours les mêmes
forces conservatrices de droite, qui,
comme on pouvait s’y attendre, se sont battues contre
les droits fondamentaux des peuples
autochtones. C’est-à-dire, un schéma assez
classique. Mais les choses sont beaucoup plus
complexes. […] Sur ce projet, les Kanaka maoli (indigènes
hawaïens) sont eux-mêmes divisés
et beaucoup ont milité contre, y compris les groupes
les plus "radicaux", dont celui de Mililani
Trask que certains d’entre vous connaissent.
D’ailleurs, (un peu comme pour le référendum
en France) les deux extrêmes se sont trouvés
du même côté : les indépendantistes
les plus purs et durs, qui sont pour la décolonisation,
et les propriétaires fonciers et les descendants des
missionnaires qui, eux, veulentà tout prix garder leurs privilèges et leurs terres -
deux groupes donc qui ne s’apprécient guère–
luttaient pour la même cause : la mort de ce projet de
loi.
Bien sûr, leurs raisons sont différentes : les
uns ont peur de la sécession", pour eux ce
projet
serait un pas vers l’indépendance ; les autres,
au contraire, voient ce projet comme un obstacleà
l’indépendance. Si le peuple hawaïen est "reconnu" légalement
par le gouvernement fédéral,
il ne pourrait plus revendiquer le statut de nation occupée,
annexée illégalement par les USA.
Comme le disait Anne Keala Kelly au Akaka Bill Forum : « Les
Hawaïens sont contre ce projet
parce que nous savons que c’est un moyen de nous faire
accepter le coup d’État. » […]
Cette loi, en fin de compte, préserverait le statu quo
: Hawaï comme un État américain,
dépendant des USA. En outre, le soi-disant "corps
gouvernemental" hawaïen prévu par cette
loi ne serait qu’un gouvernement fantoche, sous la tutelle
du Ministère de l'intérieur, avec des
pouvoirs très limités. […]
Plus intégrationniste qu’autonomiste, ce projet,
en leur donnant un statut "spécial", régulariserait,
en quelque sorte, la situation de ce peuple "sans papiers".
Mais tout le monde ne veut
pas des papiers "made in USA" ! Pour beaucoup, la
loi Akaka sonnerait le glas d’un vrai projet d’autodétermination.[…]
Solidairement,
Jennifer Kaku