Le
12 Octobre est, depuis 1977, la journée internationale de
solidarité
avec les peuples indiens des Amériques. En effet, cette année
là, c’était la
première fois que les organisations amérindiennes étaient
réunies aux
Nations Unies, dans le cadre de la conférence des ONG sur le racisme
et
la discrimination des peuples autochtones de l’hémisphère
ouest. Elles ont
alors déclaré le 12 Octobre "Journée Internationale
de Solidarité avec les
Peuples Indiens des Amériques".
À cette
occasion, et comme à son habitude
depuis 1981, le CSIA-Nitassinan
(Comité de Solidarité avec les Indiens des
Amériques) a organisé une grande soirée
d’échanges et de rencontres autour de
délégués amérindiens. Ce forum accueille
des représentants de communautés qui
viennent témoigner de la réalité autochtone
dans les Amériques. Ces porteparole
se font l’écho des luttes de leur
peuple pour la survie de leur identité et
pour la reconnaissance de leurs droits. Ils
viennent aussi partager leurs espoirs et
leurs projets. Cette année,
la manifestation fut ouverte par Heather Rae, ravissante réalisatrice
et productrice cherokee des États-Unis, qui présentait
son film Trudell. John Trudell,
poète et activiste amérindien, a été le président
de l’AIM (American Indian Movement)
de 1973 à 1979. Ce fut ensuite au tour d’Alexis
Tiouka, Kali’na de Guyane Française et un des
porte-parole de la FOAG (Fédération des
Organisations Autochtones de Guyane)
de présenter la situation particulièrement
inquiétante des communautés amérindiennes
de Guyane française et de parler
de leurs droits territoriaux. Pour cela, il a
présenté les peuples autochtones de
Guyane, puis il a évoqué la question du
foncier, sujet difficile qui depuis des
années évolue, lentement… Ce problème
du foncier a d’abord été abordé du point de
vue historique, depuis le territoire de
l’Inini, jusqu’au gel des attributions de
zones de droits d’usage depuis 1996.
Deux exemples d’actualité sont venus
ensuite appuyer cette démonstration : le
cas Cambior et le cas du Parc national.
Cette présentation a été suivie d’un débat
avec le public. Philippe Aquila, rédacteur
en chef du magazine autochtone
Oka.Mag’, a alors rejoint Alexis Tiouka,
afin de faire face à l’afflux de questions du
public parisien. En effet, les questions ont été nombreuses. Dues, d’une part à l’ignorance
de la situation de ce département
pourtant français, et d’autre part à l’effarement
face à cette situation et aux exactions
commises sur les Amérindiens de Guyane.
Si l’orpaillage était un sujet connu par la
plupart des personnes présentes, peu
savaient à quel point celui-ci est dévastateur
pour les populations autochtones, du
point de vue des droits et savoirs traditionnels,
comme du point de vue de leur
santé. La question du Parc national est-elle
tout bonnement inconnue pour le public
parisien ? Mais, avide de comprendre la
situation, il n’a pas hésité à interpeller
les
représentants amérindiens ! Preuve de l’intérêt
de ce public envers les questions autochtones, Oka.Mag’ a réalisé des ventes record en une soirée
; Celle-ci s’est terminée par une prestation
musicale d’une formation bolivienne.
Une visite surprise est à noter : celle
d’Adelard Blackman, un des leaders de la
nation dènè du nord du Saskatchewan au
Canada. Il oeuvre activement pour faire
reconnaître les droits d’usage des territoires
ancestraux et pour porter ce sujet devant le
tribunal international de la Haye.
Oka
de « Polomiki »
Source : Oka.Mag' n° 31 (magazine bimestriel des
actualités amérindiennes de Guyane française–"
Oka" signifie "écoute… la nouvelle, la parole
qui
vient de loin…").