Biographie
LUIS VALENZUELA RODRIGUEZ Indien Apache/Xicano Prison
de Mule Creek - Californie
Incaréré à vie
Luis
V. Rodriguez
# C-33000
PO box 409000
Ione - CA 95640 USA
Il
est né en 1955 en Californie, d'un père xicano et d'une
mère apache mescalero. Il a été arrêté
en 1978 pour le meurtre de deux policiers. Bien qu'il n'ait pas commis
ce crime et qu'il existait des preuves incriminant une autre personne,
il a été condamné à mort à l'issue
d'un procès inique en 1981. Son inculpation reposait sur de faux
témoignages et des preuves physiques indirectes qui ne prouvaient
en rien sa présence sur les lieux du crime, où l'on avait
d'ailleurs pu relever ses empreintes nulle part. Aucune trace sur le corps
de Luis, pourtant arrêté 48 heures après les faits,
ni sur ses vêtements n'indiquait qu'il avait pris part à
l'altercation violente avec les policiers. Le seul argument du procureur
pour l'inculper était le témoignage de sa petite amie de
l'époque, Margaret Klaess qui n'a reçu qu'une inculpation
mineure en échange de son faux témoignage.
PROCÈS
TRUQUÉ DANS UN CONTEXTE DE RACISME
Il est clair que
Luis V. Rodriguez a été victime d'un lynchage. Il
fallait un bouc émissaire pour le meurtre des deux policiers
blancs..... Un jeune homme à la peau brune faisait bien l'affaire!
C'est dans cette ambiance raciste que s'est déroulé
le procès, mais aussi toutes les démarches judiciaires
qui ont suivi, jusqu'à aujourd'hui. Son appel direct a été
rejeté pour des raisons politiques. Il a été
présenté devant la Cour Suprême de Californie
juste avant l'élection des juges! Certains d'entre-eux qui
auraient, en temps normal, voté pour un nouveau procès,
se sont prononcés contre afin de préserver leur carrière... Luis a aussi été
victime de ses avocats. Il a dû renvoyer l'avocat commis d'office
qui voulait plaider coupable. Ses parents ont ensuite été
contraints de vendre leur maison pour pouvoir engager un autre avocat.
Ils ne pouvaient prévoir que celui-ci leur mentait en prétendant
qu'il avait de l'expérience... En fait, il était à
peine sorti de l'école de droit et n'avait jamais défendu
un cas passible de la peine capitale. Il n'a fait aucune enquête,
n'a pas pris la peine de contacter les témoins à décharge
que Luis lui avait indiqués ni d'engager des experts qui
auraient pu facilement prouver les malversations du procureur et
établir l'innocence de son client. Plus tard, l'avocat
d'appel a négligé de rechercher les témoins
de l'accusation qui avaient fourni des faux témoignages.
Sa stratégie, basée sur les irrégularités
qui ont entaché le procès, a au moins permis d'obtenir
en 1991, une commutation de peine. Mais Luis n'a aucunement l'intention
de vivre le restant de ses jours en prison pour un crime qu'il n'a
pas commis! C'est pourquoi, il y a 3 ans, il a déposé
seul un nouvel appel devant les Cours californiennes, qui a été
rejeté en septembre 1999.
Aujourd'hui,
il a déposé seul, un nouvel appel au niveau fédéral.
Cette procédure est basée sur de nouvelles preuves
et sur le préjudice résultant de l'incompétence
de ses avocats. C'est selon lui sa dernière chance de pouvoir
un jour obtenir justice. Il recherche un nouvel avocat depuis plusieurs
années, sans succès. Le CSIA l'aide en établissant des contacts
avec des cabinets juridiques en Californie et en essayant de rassembler
les fonds nécessaires*.
AVANT
SON INCARCÉRATION
Luis V. Rodriguez,
travaillait avec plusieurs programmes d'aide aux jeunes délinquants.
Désirant promouvoir un changement social dans la communauté
autochtone, il avait créé le journal "Aztlan",
qui proposait une réflexion sur les problématiques
socioculturelles des minorités ethniques de Californie. Bien
qu'il s'adressait essentiellement aux Indiens et aux Xicanos, ce
journal était également ouvert aux Afro-américains
et aux Hispaniques. Luis était rédacteur en chef,
auteur et illustrateur. Mais ce n'est qu'après son incarcération,
alors qu'il était dans le couloir de la mort de la prison
de San Quentin, que Luis a développé ses talents de
peintre.
PEINTRE
ET DESSINATEUR DE TALENT
La
peinture lui a permis de supporter sa condition et de ne pas basculer
dans la folie..... Elle l'a aussi aidé à renforcer
son lien avec la culture apache de sa mère et à puiser
en elle la force de se battre et de garder espoir. Ses portraits
de Geronimo* et de guerriers indiens, ses paysages
désertiques, affirment son identité, chaque jour menacée
par un univers carcéral normatif, et le rapprochent des traditions
et de la spiritualité de son peuple.
Luis
a deux enfants qu'il n'a vu que quelques rares fois durant ces 20
dernières années. Pour lui, ses tableaux constituent
aussi un héritage qu'il peut leur transmettre, une partie
de lui-même qu'il peut partager avec eux, malgré l'enfermement.
Pendant les 10 années qu'il a passé dans le couloir
de la mort de San Quentin, Luis V. Rodriguez a peint plus de 100
tableaux et fait de nombreux dessins. Il les a fait pour sa famille
et n'a consenti à en vendre quelque uns que par
nécessité, pour engager un avocat... Pendant son incarcération
au pénitencier de Pelican Bay*, de 1992
à 2000, Luis n'a pas été autorisé à
peindre. Cette interdiction et l'éloignement encore accru
de sa famille l'ont terriblement affecté. A ce jour, transféré
dans la prison de Mule Creek, il n'a pas encore pu recommencer à
peindre. Il peut cependant dessiner, écrire des poèmes
ou des articles qu'il parvient à faire publier à l'extérieur
de la prison et recevoir des visites de sa famille et de ses amis.
Ses
oeuvres s'inspirent de ses racines apaches (Géronimo,
The Chief, Sundancer, Indian Male) mais aussi de ses origines
aztèques (Xicano) dont la symbolique est moins connue
du grand public (Spirit of Resistance, Azteca Female Fighter)
Il produit également des dessins inspirés par la "culture
carcérale" comme Smile Now, Cry Later qui sont des exemples
typiques non seulement par le thème mais aussi par le support
(drap déchiré).
* Pour aider financièrement Luis, vous pouvez
vous procurer en contactant le CSIA: T-shirt
de soutien "Free Luis V. Rodriguez"
Pur coton blanc, impression du dessin original
de Luis en noir et blanc, texte rouge
taille S/M/L/XL 11,13 Euros Cartes
double format carte postale:
dessins et extraits de poésie de
Luis en noir sur papier sable, orange, blanc et jeune
Les 4 modèles: 3,69 Euros [ retour
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* L'expo "Art Enchaîné" présente
des tableaux et des dessins de Luis [ retour
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* Pelican Bay: sur les terribles conditions de détention
à Pelican Bay, voir l'article "Isolement
et santé mentale" d'après un rapport de Sally Mann
Romano sur Pelican Bay. [ retour
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