Logo CSIA
Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques
Boutique   Contact    Liste de diffusion               
 
 C A L E N D R I E R
 - Actions Urgentes -
 - Événements -
 
 L E  C. S. I. A.
 - Historique -
 - Adhérez ! -
 - Bulletin -
 - On y était... -
 
 L E  1 2  O C T O B R E
 - Historique -
 
 C O M M I S S I O N S
 - LPSG France-
 - AIRR -
 - Commission Prisonniers -
 - Guyane -
 - Amérique Latine -
 - Trudell -
 
 R E S S O U R C E S
 - Liens -
 - Nitassinan -
 - Terres Indiennes -


C O M M I S S I O N   P R I O N N I E R S > LUIS VALENZUELA RODRIGUEZ
         RETOUR À LA COMMISSION PRISONNIERS

LUIS VALENZUELA RODRIGUEZ
Biographie
LUIS VALENZUELA RODRIGUEZ

Indien Apache/Xicano
Prison de Mule Creek - Californie
Incaréré à vie

 

  SOUTENEZ LE, ÉCRIVEZ LUI !
Luis V. Rodriguez
# C-33000
PO box 409000
Ione - CA 95640 USA

   Il est né en 1955 en Californie, d'un père xicano et d'une mère apache mescalero. Il a été arrêté en 1978 pour le meurtre de deux policiers. Bien qu'il n'ait pas commis ce crime et qu'il existait des preuves incriminant une autre personne, il a été condamné à mort à l'issue d'un procès inique en 1981. Son inculpation reposait sur de faux témoignages et des preuves physiques indirectes qui ne prouvaient en rien sa présence sur les lieux du crime, où l'on avait d'ailleurs pu relever ses empreintes nulle part. Aucune trace sur le corps de Luis, pourtant arrêté 48 heures après les faits, ni sur ses vêtements n'indiquait qu'il avait pris part à l'altercation violente avec les policiers. Le seul argument du procureur pour l'inculper était le témoignage de sa petite amie de l'époque, Margaret Klaess qui n'a reçu qu'une inculpation mineure en échange de son faux témoignage.

  PROCÈS TRUQUÉ DANS UN CONTEXTE DE RACISME

   Il est clair que Luis V. Rodriguez a été victime d'un lynchage. Il fallait un bouc émissaire pour le meurtre des deux policiers blancs..... Un jeune homme à la peau brune faisait bien l'affaire! C'est dans cette ambiance raciste que s'est déroulé le procès, mais aussi toutes les démarches judiciaires qui ont suivi, jusqu'à aujourd'hui. Son appel direct a été rejeté pour des raisons politiques. Il a été présenté devant la Cour Suprême de Californie juste avant l'élection des juges! Certains d'entre-eux qui auraient, en temps normal, voté pour un nouveau procès, se sont prononcés contre afin de préserver leur carrière...
   Luis a aussi été victime de ses avocats. Il a dû renvoyer l'avocat commis d'office qui voulait plaider coupable. Ses parents ont ensuite été contraints de vendre leur maison pour pouvoir engager un autre avocat. Ils ne pouvaient prévoir que celui-ci leur mentait en prétendant qu'il avait de l'expérience... En fait, il était à peine sorti de l'école de droit et n'avait jamais défendu un cas passible de la peine capitale. Il n'a fait aucune enquête, n'a pas pris la peine de contacter les témoins à décharge que Luis lui avait indiqués ni d'engager des experts qui auraient pu facilement prouver les malversations du procureur et établir l'innocence de son client.
   Plus tard, l'avocat d'appel a négligé de rechercher les témoins de l'accusation qui avaient fourni des faux témoignages. Sa stratégie, basée sur les irrégularités qui ont entaché le procès, a au moins permis d'obtenir en 1991, une commutation de peine. Mais Luis n'a aucunement l'intention de vivre le restant de ses jours en prison pour un crime qu'il n'a pas commis! C'est pourquoi, il y a 3 ans, il a déposé seul un nouvel appel devant les Cours californiennes, qui a été rejeté en septembre 1999.

   Aujourd'hui, il a déposé seul, un nouvel appel au niveau fédéral. Cette procédure est basée sur de nouvelles preuves et sur le préjudice résultant de l'incompétence de ses avocats. C'est selon lui sa dernière chance de pouvoir un jour obtenir justice. Il recherche un nouvel avocat depuis plusieurs années, sans succès.
Le CSIA l'aide en établissant des contacts avec des cabinets juridiques en Californie et en essayant de rassembler les fonds nécessaires*.

 

  AVANT SON INCARCÉRATION

   Luis V. Rodriguez, travaillait avec plusieurs programmes d'aide aux jeunes délinquants. Désirant promouvoir un changement social dans la communauté autochtone, il avait créé le journal "Aztlan", qui proposait une réflexion sur les problématiques socioculturelles des minorités ethniques de Californie. Bien qu'il s'adressait essentiellement aux Indiens et aux Xicanos, ce journal était également ouvert aux Afro-américains et aux Hispaniques. Luis était rédacteur en chef, auteur et illustrateur. Mais ce n'est qu'après son incarcération, alors qu'il était dans le couloir de la mort de la prison de San Quentin, que Luis a développé ses talents de peintre.

 

  PEINTRE ET DESSINATEUR DE TALENT

   La peinture lui a permis de supporter sa condition et de ne pas basculer dans la folie..... Elle l'a aussi aidé à renforcer son lien avec la culture apache de sa mère et à puiser en elle la force de se battre et de garder espoir. Ses portraits de Geronimo* et de guerriers indiens, ses paysages désertiques, affirment son identité, chaque jour menacée par un univers carcéral normatif, et le rapprochent des traditions et de la spiritualité de son peuple.

   Luis a deux enfants qu'il n'a vu que quelques rares fois durant ces 20 dernières années. Pour lui, ses tableaux constituent aussi un héritage qu'il peut leur transmettre, une partie de lui-même qu'il peut partager avec eux, malgré l'enfermement. Pendant les 10 années qu'il a passé dans le couloir de la mort de San Quentin, Luis V. Rodriguez a peint plus de 100 tableaux et fait de nombreux dessins. Il les a fait pour sa famille et n'a consenti à en vendre quelque uns que par nécessité, pour engager un avocat... Pendant son incarcération au pénitencier de Pelican Bay*, de 1992 à 2000, Luis n'a pas été autorisé à peindre. Cette interdiction et l'éloignement encore accru de sa famille l'ont terriblement affecté. A ce jour, transféré dans la prison de Mule Creek, il n'a pas encore pu recommencer à peindre. Il peut cependant dessiner, écrire des poèmes ou des articles qu'il parvient à faire publier à l'extérieur de la prison et recevoir des visites de sa famille et de ses amis.

   Ses oeuvres s'inspirent de ses racines apaches (Géronimo, The Chief, Sundancer, Indian Male) mais aussi de ses origines aztèques (Xicano) dont la symbolique est moins connue du grand public (Spirit of Resistance, Azteca Female Fighter) Il produit également des dessins inspirés par la "culture carcérale" comme Smile Now, Cry Later qui sont des exemples typiques non seulement par le thème mais aussi par le support (drap déchiré).

* Pour aider financièrement Luis, vous pouvez vous procurer en contactant le CSIA:
    T-shirt de soutien "Free Luis V. Rodriguez"
     Pur coton blanc, impression du dessin original de Luis en noir et blanc, texte rouge
     taille S/M/L/XL 11,13 Euros
    Cartes double format carte postale:
     dessins et extraits de poésie de Luis en noir sur papier sable, orange, blanc et jeune
      Les 4 modèles: 3,69 Euros
[ retour au texte ]

* L'expo "Art Enchaîné" présente des tableaux et des dessins de Luis
[ retour au texte ]

* Pelican Bay: sur les terribles conditions de détention à Pelican Bay, voir l'article "Isolement et santé mentale" d'après un rapport de Sally Mann Romano sur Pelican Bay.
[ retour au texte ]