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C O M M I S S I O N   P R I O N N I E R S > PELICAN BAY
         RETOUR À LA COMMISSION PRISONNIERS

 

PELICAN BAY - PRISON D'ETAT - CALIFORNIE
(ISOLEMENT ET SANTE MENTALE)

 

   Le quartier de Haute Sécurité à Pelican Bay (Security Housing Unit ou SHU) est le pire endroit du système pénal en Californie.
   C'est dans cette unité que Vaughn Dortch, prisonnier, déficient mental de longue date, était incarcéré pour vol. Les conditions d'isolement aggravèrent sa santé mentale au point de s'enduire régulièrement de ses excréments. Un jour les gardiens décidèrent de le laver et l'emmenèrent à l'infirmerie. Vaughn, du scotch collé sur la bouche, menotté dans le dos, fut immergé dans de l'eau bouillante. Son avocat estimera plus tard que l'eau devait être à la température de 50°! Un des gardiens le maintenait par les épaules et le bain dura une quinzaine de minutes. Une fois sorti de l'eau la peau de Vaughn pelait et s'enlevait comme des épluchures. Une infirmière témoignera avoir entendu un gardien dire que ce prisonnier noir "était devenu comme un blanc". Vaughn ne reçut aucun soin, ni anesthésiant anti-douleur et fut transporté dans un service d'urgence en complet état de choc. Il survécut cependant. Le directeur de la prison attribua cet "incident" à "l'inexpérience des gardiens" et aux "difficultés dues à l'ouverture d'une nouvelle prison".

   Pendant que Vaughn Dortch se remettait de ses brûlures qui lui ont presque coûter la vie, l'ancien gouverneur de Californie George Deukmejian déclarait que cette nouvelle prison était un modèle pour la nation. Hélas, il a sans doute raison, car de plus en plus d'Etats construisent des prisons selon le modèle "supermax", comme celui de Pelican Bay, abandonnant la plupart du temps tout ce qui concerne les programmes de réhabilitation des prisonniers.

   Mais Pelican Bay n'est pas un modèle. Cette prison inflige aux prisonniers des traumatismes psychologiques incroyables. On peut affirmer que les privations sensorielles infligées aux prisonniers sont des atteintes au 8ème Amendement de la Constitution des Etats-Unis. et constituent des "châtiments cruels", par conséquent non constitutionnels...


 

  HISTORIQUE...

   Au début du XIXème siècle, les Quakers américains construisirent en Pennsylvanie des prisons dites "modernes" ou l'isolement total des prisonniers était privilégiée et instituée comme "idéal". Selon les Quakers, seul ce principe d'isolement pouvait remettre les criminels dans le "droit chemin".
   Chaque prisonnier était isolé durant toute leur peine, durant les repas et même pendant leur temps de travail. Ils pouvaient parler avec quelques gardiens et quelques visiteurs présélectionnés. Ils ne connaissaient pas le nom des autres détenus et se déplaçaient la tête cachée par une cagoule.
   En 1854, des inspecteurs du système pénitencier de l'Est des Etats-Unis déclarèrent dans un rapport: "Eloignés du monde et mis à l'écart des tentations, les prisonniers peuvent se repentir. Les seules rencontres possibles sont celles qu'ils font avec des hommes bons et qui leurs distillent dans les oreilles "l'huile de joie et la consolation".

   Cependant certains visiteurs contestèrent cette forme d'enfermement et protestèrent. Au bout de quelques années, sur les 83 prisonniers, 5 étaient morts et les autres étaient devenus fous.
   Au lieu de se purifier en communiant avec Dieu, ils moururent, se suicidèrent ou devinrent fous.
   Les idées ayant généré les anciens systèmes d'emprisonnement survivent et se retrouvent dans les nouvelles conceptions de prisons telles que Pelican Bay aujourd'hui.. L'isolement total et les dures conditions d'enfermement sont encore à l'ordre du jour.

 

  PELICAN BAY "SECURITY HOUSING UNIT"

   Pelican Bay est une prison ultra moderne (1). Rien de commun avec les anciennes prisons sales, délabrées, infestées de rats et de vermine. Sa conception est à la pointe de la technologie. Mais derrière ses murs impeccables, ses équipements étincelants se trouve le pire du pire, là où sont bafoués les droits de l'homme de la pire façon tous les jours.

   Le nom de "Pelican Bay" pourrait évoquer un joli petit village pittoresque et touristique où il ferait bon vivre. Il n'y a rien de pittoresque à Pelican Bay et seul un séjour dans la terrible unité "Security Housing Unit" peut être proposé aux détenus.

   Environ 3680 prisonniers (2) sont incarcérés à Pelican Bay, ce chiffre varie tous les jours. 1580 d'entre eux sont enfermés dans le SHU, qui est supposé détenir les prisonniers les plus difficiles, comme ceux soupçonnés de faire partie de gangs. Régulièrement, les gardiens disent aux détenus que la seule façon d'échapper au SHU, c'est de moucharder, d'être libéré sur parole ou de mourir. A l'intérieur même du SHU, il existe un lieu appelé Violence Control Unit (Unité de contrôle de la violence-VCU) où vivent 40 à 50 détenus.

   De l'extérieur, le SHU ressemble à un bunker massif. A l'intérieur cela ressemble à un labyrinthe de cellules et de grandes salles sans fenêtre, isolé de l'extérieur par de grands murs, des portes et des gardiens. Cet environnement renforce l'impression d'isolement et de coupure totale avec le monde extérieur.

   Les prisonniers du SHU sont enfermés dans de petites cellules 22 heures 30 par jour. Les portes sont fermées par 3 serrures et surveillées par un pool de gardiens armés. Ils ne peuvent pas voir les autres prisonniers ni ce qu'il se passe à l'extérieur. Tous leurs mouvements sont constamment surveillés par des caméras vidéo reliées à une salle de contrôle. Les portes sont ouvertes et fermées electroniquement. La lumière du jour est fortement filtrée par des écrans en plastic épais. La cellule, mais aussi le lit, la table, le tabouret sont en béton. La cuvette des toilettes et l'évier sont en acier. Interdiction d'accrocher quelque chose sur les murs. Les fenêtres sont fermées avec un matériel opaque afin que les prisonniers ne puissent rien voir dehors. Dès qu'ils sortent de la cellule, ils sont menottés et enchaînés. Lorsqu'ils sont à la bibliothèque, ils sont enchaînés les uns les autres par les chevilles. Le dentifrice est sorti de son tube... Tout le courrier est lu.

   Les cellules sont ainsi faites pour qu'aucun prisonnier ne puisse jeter quelque chose hors de la cellule. Le mobilier en acier ou en béton, la lumière particulière, accentuent l'effet d'isolement du SHU. Tout est fait pour réduire les stimulations visuelles.

   Des unités de 8 cellules sont toutes surveillées par des systèmes vidéo et par des micro. Beaucoup de prisonniers pensent que leurs conversations sont enregistrées. Contrairement à la plupart des autres prisonniers, ceux du SHU prennent leur repas servis sur un plateau dans leur cellule. Ils ont droit à 3 douches par semaine, ils ne peuvent ni suivre aucun cours, ni travailler. Ils n'ont pas le droit de fumer.

   Ils peuvent faire de l'exercice pendant 90 minutes par jour, non enchaînés dans un endroit appelé "dog-walk" qui mesure 8,5 m/ 3,5 m entouré d'un mur haut de 6 mètres. Pour toute autre sortie, ils sont toujours menottés et escortés par deux gardiens armés. Avant et après les exercices, ils peuvent être fouillés, mis à nu et placés devant le contrôle vidéo.

   Mis à part ceux qui sont placés dans des cellules doubles, ils ne peuvent être en présence d'une autre personne. Ils sont enchaînés à la fois par la taille et par les chevilles.

   Ces conditions extrêmes d'isolement entraînent des risques évidents de dégradation de la santé mentale.

 

 

  LES EFFETS DE LA PRIVATION DES FACULTES SENSORIELLES SUR LES PRISONNIERS EN ISOLEMENT.

 

   Déjà, il y a plus d'un siècle et demi, des observateurs comme Dickens et Tocqueville avaient remarqué et compris que les effets de l'isolement total sur les détenus avaient un impact néfaste sur la réinsertion après l'emprisonnement.    "Après un isolement total, un nombre important de prisonniers sombre dans une semi-débilité dont il est quasiment impossible de les sortir, d'autres deviennent carrément débiles, d'autres tentent de se suicider, et dans la plupart des cas ils ne retrouvent jamais après leur sortie une santé mentale digne de ce nom".


Généralités sur la privation des facultés sensorielles.

   Il est clair que la privation des facultés sensorielles provoque de graves conséquences.
   Des expériences cliniques dans les années 50 aboutirent à la mise en évidence de graves symptômes comme le développement de l'anxiété, l'apparition de l'agressivité souvent accompagné d'hallucinations, une diminution notable de la concentration et de l'ego. Dans certains cas, on a même constaté des psychoses allant jusqu'au syndrome de persécution conduisant à la stupeur et au mutisme.

Conséquences de la privation sensorielle dans l'environnement carcéral.

   Quand il s'agit de personnes incarcérées dans des conditions d'isolement profond, les conséquences de détérioration mentale sont à peu près identiques.
Dans le rapport Walpole (3) sur 12 prisonniers interrogés, 6 d'entre eux décrirent l'apparition d' idées agressives et primaires de vengeance, de torture et de mutilation à l'égard des gardiens. Tous ont dit que ces impulsions étaient "effrayantes" et "incontrôlables" . L'intérêt de ce rapport réside aussi dans le fait que ces prisonniers étaient avant l'enfermement des individus à peu près sains d'esprit. Il démontre également que la durée de l'isolement est un facteur variable à prendre en compte mais il arrive que quelques jours d'isolement profond suffisent pour mettre en cause la santé mentale des individus.

Conséquences de l'enfermement dans le SHU de Pelican Bay.

   Le Docteur Haney a observé que "les hommes des Unités SHU et VCU de Pelican Bay sont privés de tout contact humain (y compris dans le sens tactile) et d'affection pendant des années. Le courrier est tellement mal desservi que cela peut prendre plusieurs semaines avant d'apprendre la mort d'un proche. L'isolement du monde social ne peut être plus total."
   Les relations entre les prisonniers et les personnels de la prison sont réduites au minimum. Il s'agit ici d'une véritable volonté de la part des autorités de la prison. Le Dr Haney note encore que "les gens sont tellement désorientés par l'absence de contact social qu'ils deviennent facilement malléables et vulnérables, tombant facilement sous l'influence de ceux qui contrôlent l'environnement".
   Tous les prisonniers ne présentent pas le même degré d'atteinte du comportement, on ne peut jamais déterminer exactement à quel moment les conséquences vont apparaître. Le Dr Haney décrit que beaucoup de prisonniers deviennent dépendants de leur environnement mais certains ont une capacité de résistance. Les dépendants perdent toute capacité d'initiative de toute sorte et sombrent dans un profond désespoir. "Vous serez ce que le lieu veut que vous soyez ou vous ne serez rien", déclare un détenu.
   Sans contacts et sans repères sociaux, les détenus développent un sentiment d'irréalité et tentent d'exister à travers des actes violents cherchant par là une réponse à leur angoisse de non-vie, se prouvant à eux-même qu'ils existent encore puisqu'ils sont capables de solliciter une réponse même hostile.
   Certains se créent leur propre réalité proche de la folie, mais c'est aussi une façon plus tolérable pour eux de supporter l'environnement. Ils vivent alors dans un monde totalement imaginaire.
   Pour d'autres les sentiments de frustration sont aggravés par le manque d'activité physique et intellectuelle. Ils développent une rage intense envers les autres les rendant responsables de leurs frustrations. Cela les entraîne dans une spirale sans fin de violence/punition qu'ils sont incapables de comprendre et d'intégrer en terme de "leçons". Le docteur Haney pense que seule l'arrêt des conditions d'enfermement total peut arrêter cette spirale.
   Des observateurs pensent que nulle part ailleurs dans les prisons américaines, on retrouve une telle ampleur du contrôle oppressant. Un autre médecin, le Dr Grassian décrit ceci: "Un endroit cauchemardesque et macabre, avec des prisonniers hurlant durant la nuit, avec des prisonniers qui se fracassent la tête contre les murs, qui se tailladent constamment le corps, qui s'enduisent de leurs propres excréments".

   Beaucoup de prisonniers ont témoigné au sujet des expulsions brutales (4) des cellules qui font partie de la vie du SHU. Ces pratiques dangereuses sont plus souvent destinées à ceux qui ont des problèmes psychiatriques. Un prisonnier a raconté au Docteur Haney combien il était terrorisé par la peur qu'un gardien vienne lui faire du mal. Il souhaitait mourir de faim pour échapper au SHU.
   Les tentatives de suicide sont considérées comme des infractions disciplinaires. Un prisonnier qui s'était suicidé en se pendant dans sa cellule à l'aide d'un lacet de chaussure accroché au ventilateur, reçut quelque jours après sa mort un blâme ...pour s'être suicidé. Le Dr Louis Berman, médecin en chef de la branche psychiatrique de la prison déclara que l'acte du prisonnier pouvait être considéré comme une infraction. "Nous sommes souvent manipulés de diverses façons et nous ne voulons pas encourager cela"....

   Les paranoïas sont courantes au SHU. Les prisonniers craignent que les gardiens empoisonnent leur nourriture. Beaucoup d'entre eux paniquent lorsqu'un plateau repas est présenté de travers, lorsque la porte d'une cellule s'ouvre à un moment inhabituel. Un détenu raconta qu'il entendait des voix et qu'il avait vu des petites choses en fourrure lui lacérer les poignets plus d'une fois. Plutôt que d'envoyer ce prisonnier dans un centre médical où il aurait pu recevoir un traitement approprié, il fut changé d'unité plusieurs fois, faisant la navette entre le SHU et le VCU. Au VCU, il vit un démon qui connaissait son nom et lui parlait souvent.

   Les Docteurs Haney et Grassian ont conclu que la privation profonde et durable des sens peut avoir de graves conséquences sur la santé des détenus.
Bien entendu, les effets ne seront pas les mêmes pour tous les prisonniers. Il existe des individus qui échappent à ces conséquences fatales. Cependant et paradoxalement, après d'autres investigations (faites en laboratoire), il semble que les sujets qui échappent à une dégradation de leur santé mentale sont ceux qui ont pu présenter des troubles mentaux avant l'expérience. Les docteurs Grunebaum, Freedman et Greenblatt ont constaté que sur les 43 sujets étudiés, 7 d'entre eux présentaient des signes de déviations de la personnalité et 3 étaient schizophrènes avant l'expérimentation. Ces derniers ont trouvé l'expérience plutôt plaisante et non dérangeante. Mais il est clair et d'autres études l'ont mis en évidence, pour un sujet normal, la privation sensorielle conduit à une inadaptation et à un stress intolérable.

   La réponse d'un individu à des privations sensorielles est donc variable d'un individu à l'autre. Il a cependant été démontré que sur des sujets non psychotiques les réponses sont les suivantes: perte de la capacité de percevoir et de comprendre, hallucinations, hypersensibilité, visions (5).


   En dépit de ces études fiables, lors d'un procès contre les maltraitances au SHU de Pelican Bay, le Juge Henderson déclara que ces conséquences ne sont pas suffisamment terribles pour les prisonniers et donc que ce qu'il se passe dans le SHU n'est pas inconstitutionnel. En d'autres termes, pour le Juge Henderson, ces conséquences sont jugées tolérables pour la société....

Les responsables de Pelican Bay sont indifférents aux conséquences de l'enfermement maximum.

   La construction de Pelican Bay fut entreprise dans l'indifférence totale de la part des responsables du système carcéral de Californie par rapport aux nombreuses études et investigations sur les détériorations mentales des individus maintenus en isolement profond et durable. Le système ne rechercha aucun avis extérieur, ne consulta aucun expert et n'engagea aucun débat publique.
   Pourtant il est certain que le CDC avait connaissance des conséquences dangereuses pour la santé mentale des futurs détenus avant l'ouverture de la prison. En effet la branche santé mentale des services de santé du système carcéral californien avait alerté les responsables en rappelant quelques expériences connues, en pure perte. Les premiers prisonniers qui présentèrent les symptômes furent traités par médicaments ou même le plus souvent ignorés.

   Les responsables ont délibérément refusé de voir la dureté de la conception de la prison, refusé de prendre en compte la santé mentale des détenus, refusé d'examiner correctement et de classifier les détenus, refusé d'utiliser un quelconque programme d'aide pour minimiser les risques de l'enfermement. Ils n'ont rien fait pour réduire les risques graves de détérioration mentale malgré l'état actuel des connaissances dans ce domaine.

   Les détenus mentalement déficient du SHU étaient régulièrement accusés de berner ou d'abuser les responsables. Le Dr Grassian dans son rapport note que les autorités sont obsédées par l'idée qu'elles pourraient être manipulées, ce qui explique aussi pourquoi elles ont tant de mal à admettre les maladies mentales.
Les prisonniers qui n'ont pas de comportement violent, agressif ou suicidaire ne sont pas malades, selon les responsables. Ceux qui paraissent "tranquilles" peuvent rester de longues périodes dans leur cellule sans que personne ne s'intéresse à eux.
   De plus, la plupart d'entre eux sont incapables d'aller chercher à l'extérieur de l'aide car la nature même de leur maladie les rend incapable de cette démarche.
Autre obstacle important, il est de règle dans la vie d'un prisonnier de ne pas admettre qu'il peut être en danger psychologique. cela fait partie de l'éthique comportementale du prisonnier. Ne pas reconnaître ses faiblesses, minimiser sa vulnérabilité sont des valeurs prônées par le milieu carcéral en général.

C'est ainsi que Pelican Bay est devenu un véritable enfer.


 

  CONCLUSION

   Les conditions d'enfermement à Pelican Bay violent le 8ème Amendement de la Constitution des Etats-Unis. Il s'agit bien de "châtiment cruels et inhumains".
Si le système de justice doit pouvoir sanctionner celui qui a enfreint les lois, ce même système ne doit pas avoir celui de conduire l'accusé à la folie.
   La justice a le devoir de s'assurer que les principes de la Constitution ne s'arrêtent pas devant les portes des prisons. Elle doit se soucier également du processus de réinsertion des prisonniers dans la société.

 

NOTES:

(1) Pelican Bay prison d'Etat ouverte en 1989. Coût: 218,5 millions de dollars.
En 1994, après 5 ans d'ouverture, 4 prisonniers sont morts, abattus avec une arme à feu par les gardiens de Pelican Bay. L'utilisation des armes à feu pour maintenir l'ordre est une pratique fréquente à Pelican Bay.
Depuis 10 ans, dans les prisons de Californie, ce sont 36 prisonniers qui ont été tués par des gardiens (arme à feu, matraques). Ce taux est 3 fois supérieur à celui de l'ensemble des prisons dans tous les Etats-Unis.
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(2) La population carcérale totale de Californie va doubler entre 1994 et 2000, passant de 130000 à 250000 détenus (hommes et femmes).
87% de la population du SHU est une population de couleur (noire, hispanique, amérindienne).
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(3) "Walpole Study" 1983. Dr Grassian. Etude sur les conditions de détention à Walpole, prison d'Etat de sécurité maximum dans le Massachussetts.
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(4) La pratique des expulsions brutales des prisonniers hors de leur cellule est un scénario minutieusement réglé par les équipes de gardiens (4 ou 5 en général) et redoutée par les prisonniers. Elles peuvent arriver à tout moment parce qu'un prisonnier n'aura pas répondu immédiatement à un ordre direct. Un premier gardien ouvre la porte subitement et lance des gaz lacrymogènes. Un deuxième gardien entraîne le prisonnier dans un angle de sa cellule. Le plus souvent les visages et les noms des gardiens ne seront pas visibles à cause des gaz. Un troisième gardien met les menottes aux poignets et aux chevilles et un quatrième frappe le prisonnier avec une matraque. Les coups continuent de s'abattre même lorsque le prisonnier est totalement immobilisé.
De nombreux témoignages racontent les brutalités et l'énergie sadique des gardiens. Le prisonnier Lathan fut expulsé de sa cellule pour avoir refusé de donner ses chaussures qu'il portait depuis des années. Le prisonnier Leonard fut expulsé pour avoir refusé de retirer sa casquette 10 minutes après en avoir reçu l'ordre. Le prisonnier Castillo faillit perdre la vie pour ne pas avoir rendu son plateau repas assez vite...
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(5) les symptômes sont les suivants:
- anxiété massive
- hyper-réactivité à un stimuli
- hallucinations auditives, visuelles, olfactives.
- difficulté de concentration et perte de mémoire.
- état confusionnel aigu associé parfois à un mutisme, une amnésie partielle.
- apparition de visions auto-agressives.
- échappatoire dans l'irréel.
- idée de persécution.
- excitation motrice avec parfois automutilation.
- diminution de ces symptômes après l'arrêt de l'isolement.
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Traduction et synthèse de Catherine Busseuil, d'après un rapport de Sally Mann Romano. (Février 1999).

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